Château de Bramevaque

CHÂTEAU DE BRAMEVAQUE
600m

17 février 2021

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.

INFOS

Le château de Bramevaque, dont la construction s'étale sur quatre niveaux, fut édifié sur une colline rocheuse isolée du reste de la montagne par un fossé, dans lequel chemine la voie d'accès. Le premier niveau, délimité par une première enceinte, est une vaste basse-cour qui abritait les dépendances du château ou un village castral. De ce premier niveau, un passage permet d'accéder au deuxième niveau, au travers d'une deuxième enceinte. Ce deuxième niveau abrite une haute-cour et un bâtiment en ruine. De ce deuxième niveau, un escalier permet de rejoindre le troisième niveau où se situe les ruines d'une chapelle romane, l'époque romane étant une période architecturale qui est apparue vers l'an 1000 et qui prévalut en Europe jusqu'à la fin du XIIe siècle. A l'extérieur de cette chapelle, dans le mur d'enceinte, s'ouvre une fenêtre cruciforme qui pourrait dater de la fin du XIIe ou de la première moitié du XIIIe siècle. Un nouvel escalier permet d'atteindre le quatrième et dernier niveau, au pied de la tour et face à sa porte d'entrée, qui était peut-être autrefois une porte de sortie donnant accès à la cour. La tour est elle-même constituée de deux pièces superposées et d'une terrasse, reliées par un étroit escalier.

HISTOIRE

Le château de Bramevaque a une histoire très mal connue. Ainsi, sa date de construction est inconnue et plusieurs sources nomment des bâtisseurs différents. La tradition voudrait qu'il fut édifié au XIe siècle par un certain Sanche de Labarthe, tandis qu'une autre source cite Arnaud I, un seigneur qui aurait possédé les Quatre-Vallées, région dans laquelle se trouve l'actuel village de Bramevaque et son château, entre 1067 et peut-être 1074. Une troisième source parle de Sanche Abarca, de la maison d'Aragon, qui s'intitulait vicomte de Labarthe et de Barousse et qui aurait fait édifié le château vers l'an 1070. La construction pourrait aussi dater du siècle suivant, le XIIe siècle.

La création de la vicomté de Labarthe, qui comprenait la basse vallée de la Neste et la partie de la Barousse qui devint plus tard la baronnie de Bramevaque, peut être située au début du XIe siècle, tout comme le comté d'Aure dont elle fut vassale à cette époque. Suite à plusieurs défaites, Sanche I-Auriol, vicomte de Labarthe dut jurer fidélité en 1083 à Centulle I, comte de Bigorre. Deux ans plus tard, en 1085, Sanche I-Auriol mourut. Si les dates pourraient correspondre avec l'édification du château de Bramevaque, et si Sanche I-Auriol pourrait être le Sanche de Labarthe ou le Sanche Abarca bâtisseur du château, le soucis est que Sanche, qu'une majorité nomme Sanche Abarca, fut un nom glorieux et un mythe local et il est fort probable que, sous ce nom de Sanche ou Sanche Abarca, c'est en réalité l'attribution à une personne de ce qui a été réalisé sur plusieurs siècles, en plusieurs lieux. La gloire de certains, la puissance des autres, ont traversé les siècles et se sont mêlées. C'est ainsi que des personnages réels comme Sanche Mitarra, Sanche Abarca, Sanche le Grand, Sanche-Garcie ou encore Sanche I-Auriol ont pu ne finir par former qu'un personnage unique et un mythe, dans la tradition orale. Il est donc actuellement impossible de démêler le mythe de la réalité et de savoir qui fut réellement celui qui fit bâtir le château de Bramevaque.

Probablement à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle, une fenêtre cruciforme est construire dans le mur, à l'extérieur de la chapelle romane.

En 1235, Arnaud-Guillaume II de Labarthe accéda à la tête de la vicomté de Labarthe. Marié depuis 1215 environ à la fille unique de Bernard, vicomte d'Aure, il prit ainsi possession également de ses terres et réunit officiellement les deux maisons, mettant fin, par la même occasion, à la vassalité de la vicomté de Labarthe à la vicomté d'Aure. A la fin du XIIIe siècle, Bernard de Labarthe, frère cadet de Arnaud-Guillaume II de Labarthe, se proclama seigneur de la vicomté et, en 1300, il rédigea un traité qui confirmait par écrit les droits ancestraux qui régissaient tacitement le Pays des Quatre-Vallées, formé par l'Aure, le Magnoac, la Neste et la Barousse, cette dernière étant celle où se situe Bramevaque et son château. C'était des droits d'exception et des privilèges accordés aux habitants. En 1316, Bernard de Labarthe renonça à ses droits et légua ses terres à sa nièce Brunissende, fille cadette de Arnaud-Guillaume II de Labarthe, et mariée à Bertrand de Fumel. La seule condition, qui fut acceptée, était de reconnaître les privilèges qu'il avait rédigé 16 ans auparavant. Bertrand de Fumel, nouveau seigneur de Labarthe, refusa de prendre le titre de vicomte. Ses successeurs se diront par la suite barons de Labarthe.

En 1350, un accord fut signé entre Géraud, baron de Labarthe, et Jean II le Bon, roi de France. Par cet accord, Géraud prêta hommage au roi pour le château de Bramevaque et la partie de la Barousse en amont du pays de Peyramilla. En 1352, le baron Jean de Labarthe succèda à son père. En 1398, il rédigea un testament dans lequel il laissait à sa femme Jeanne d'Albret la jouissance de la seigneurie de Bramevaque et dans lequel il désignait comme légataire universel Bernard VII, comte d'Armagnac. Un mois plus tard, le dernier des Labarthe mourrait. Arnaud-Guilhem de Labarthe-Montcorneilh, un cousin de Jean de Labarthe et déjà sénéchal de ce baron, fut confirmé dans ses fonctions qu'il transmit par la suite à sa lignée. Les droits d'usufruit de la baronnie de Bramevaque furent ainsi respectés.

Au début du XVe siècle, le château de Bramevaque fait directement parler de lui. Car c'est là que serait demeurée captive, pendant plus de vingt ans, la comtesse Marguerite de Comminges, fille unique et héritière du comte Pierre Raymond II de Comminges. Celle-ci épousa en 1378, à l'âge de 15 ans, Jean III, comte d'Armagnac, qui fut tué en 1391 par les Parisiens. En 1392, elle épousa le vicomte de Fezensaguet et comte de Pardiac, un autre seigneur d'Armagnac. Il semble que la comtesse eut déjà beaucoup à souffrir avec ses deux premiers maris à cause de leur hostilité envers les seigneurs de Comminges. Ce deuxième mariage prit fin et Marguerite se maria une troisième fois. En 1419, à l'âge de 56 ans, elle épousa le comte Mathieu de Foix, qui lui, n'avait que 31 ans. Ce dernier n'en aurait voulu qu'à son héritage et son seul but aurait été l'obtention du comté de Comminges. Mais la comtesse le lui refusant, il aurait ainsi enfermé Marguerite, en 1421, dans le château de Bramevaque. Ce n'est qu'en 1443, soit 22 ans plus tard, que la comtesse vit son salut lors de l'arrivée du Charles VII, poursuivant les Anglais dans le Midi. Elle implora le secours du roi, qui envoya Poton de Xaintrailles pour la délivrer. Le comte Mathieu aurait alors transféré Marguerite au château de Foix et Charles VII convoqua à Toulouse les États du comté de Comminges, qui se réunirent le 9 mars 1443. D'autorité royale, le différend entre les époux fut ainsi tranché. Sa vie durant, chacun d'eux devait jouir d'une partie du Comminges. Il fut stipulé que la jouissance de l'intégralité du comté appartiendrait au survivant des époux, après la mort duquel le Comminges serait réuni à la couronne. La comtesse, qui s'était retirée à Poitiers après sa délivrance, ne survécut pas longtemps. Elle y mourut cette même année 1443. Mathieu de Foix reprit alors possession du comté de Comminges en entier, jusqu'à son décès, en 1453. En dépit de nombreuses tentatives d'opposition des seigneurs, le Comminges entra dans le domaine royal et, le 20 septembre 1456 à Muret, la noblesse commingeoise rendit hommage à la couronne.

La deuxième moitié du XVe siècle fut très agitée concernant la possession des Quatre-Vallées, dans lesquelles se trouve la Barousse et donc le château de Bramevaque. Si celui-ci n'est que rarement cité directement, il est possible de retracer un peu de son histoire à travers celle des Quatre-Vallées. Ainsi, le 15 novembre 1462, Jean V, seigneur d'Armagnac, reconnut à sa sœur Isabelle la jouissance des Quatre-Vallées. L'acte fut confirmé le 24 avril 1463.  Le 9 novembre 1473, Isabelle, diminuée et affaiblie, signa avec Gaston du Lyon, un accord équivalant à un acte de vente concernant les Quatre-Vallées. Mais l'installation du nouveau seigneur, qui était sénéchal de Toulouse et déjà seigneur de Bezaudun, rencontra l'hostilité des locaux. En 1474, l'un des capitaines de Gaston du Lyon, Assibat, s'empara du château de Bramevaque, que commandait Bertrand de Labarthe. En novembre 1475, afin de se protéger, les habitants des Quatre-Vallées demandèrent l'annexion au royaume de France, alors dirigé par Louis XI. Malgré les réclamations de Gaston du Lyon, ceci fut officialisé le 14 avril 1477 et les anciens privilèges actés par écrit en 1300 et dont disposaient les Quatre-Vallées furent confirmés. En 1483, le roi Charles VIII, successeur de Louis XI, rendit tous les biens de sa famille à Charles d'Armagnac, frère de Jean V. Mais Gaston du Lyon afficha à nouveau ses prétentions et, le 15 août 1486, celui-ci obtint du roi l'acquisition des Quatre-Vallées, mais sous réserve des arrêts que rendrait le Parlement de Toulouse quant à la succession de Jean V. Or, le 4 septembre 1489, ce Parlement de Toulouse signifia la main mise du roi de France sur plusieurs places fortes, dont Bramevaque. Gaston du Lyon fut ainsi définitivement éliminé de l'héritage des Quatre-Vallées et, en 1497, à la mort de Charles d'Armagnac, le roi Charles VIII se rendit complètement maître de l'Armagnac, dont les Quatre-Vallées. Pour autant, les Quatre-Vallées gardèrent jusqu'à la Révolution leurs privilèges et une confortable autonomie.

En 1886, des chapiteaux en marbre sculptés, qui devaient être intégrés à la porte qui s'ouvre à l'ouest, sont signalés dans la chapelle romane. Ils ont depuis disparu.

En 1950, les ruines du château, qui sont alors une propriété privée appartenant à Véronique Ribes et à Georges Sast, domiciliés à Bramevaque, sont inscrites aux Monuments historiques.

Depuis les années 1990 et jusqu'à au moins 2009, des jeunes bénévoles de l'association Jeunesse et Reconstruction, se sont affairés à la restauration et à l'entretien du château de Bramevaque, qui était jusque là envahit par la végétation. Durant cette période, en 2001, ils construisent un escalier permettant l'accès aux niveaux où se situent la chapelle et la tour.

RÉSUMÉ

Le château de Bramevaque aurait été construit au XIe ou au XIIe siècle et aurait appartenu en premier lieu à la vicomté des Labarthe.

Au milieu du XIVe siècle, les Labarthe rendent hommage au roi de France pour la baronnie de Bramevaque et son château. Ceci pourrait se traduire, mais cela demande confirmation, par une certaine vassalité ou dépendance de cette partie de la vicomté des Labarthe au royaume de France.

A la fin du XIVe siècle, le Pays des Quatre-Vallées, dont fait partie le château, serait passé aux mains des comtes d'Armagnac. Toutefois, il est possible que le château soit resté dans la famille des Labarthe car une branche de cette famille serait restée aux ordres des comtes d'Armagnac en tant que sénéchal et semble avoir demeurée dans la partie de la Barousse où se situe le village et le château de Bramevaque. Il est possible que l'éventuelle vassalité ou dépendance de cette région au royaume de France soit demeurée intacte, selon l'accord du siècle précédent.

Au début du XVe siècle, la comtesse Marguerite de Comminges aurait été enfermée dans le château durant 22 ans par son mari, le comte Mathieu de Foix. Dans la deuxième moitié du XVe siècle, après quelques soubresauts quant à la succession du Pays des Quatre-Vallées, dont fait partie le château, celui-ci finit par être annexé au royaume de France, à la demande de ses habitants.

Au milieu du XXe siècle, le château, redevenue propriété privée, est classé aux Monuments historiques puis entretenu et restauré par des bénévoles à la fin de ce même siècle et au début du XXIe siècle.

Depuis Bramevaque - 17 février 2021

TOPONYMIE

Le nom de Bramevaque vient du village, nommé Bramevaque, au-dessus duquel se situe le château. Bramevaque viendrait de l'occitan brame qui signifie bramer, meugler et de l'occitan vaque qui signifie vache. Bramevaque signifierait ainsi la vache qui brame ou le meuglement de la vache. L'origine de ce nom pour le village est auréolée de plusieurs légendes.

-> voir la légende de l'ogresse de Bramevaque.
-> voir la légende de la sorcière du bois maudit.

SITUATION


17 février 2021


METEOTutoriel météo

Météo Bramevaque (Météo France)
https://meteofrance.com/previsions-meteo-france/bramevaque/65370

Météo Bramevaque (Météociel)
https://www.meteociel.fr/previsions-arome-1h/24032/bramevaque.htm

Météo Château de Bramevaque (meteoblue)

TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Château de Bramevaque.

SOURCES

Bramevaque, un château méconnu (Paratge)
Essai historique sur la Barousse (Alphonse Couget / Revue de Comminges, 1886)
Pays des Nestes et de Comminges des origines à nos jours (Jacques Brau / MonHélios)
Guide des Pyrénées mystérieuses (Bernard Duhourcau / Editions Sand, Editions Tchou)
Vestiges du Château des Comtes de Comminges (Base Mérimée)
Guide des Pyrénées romanes (Julie Vivier, Sylvain Lapique / Editions Privat)
Bramevaque. Un coup de jeune au château (La Dépêche du Midi)


17 février 2021

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