Eglise Notre-Dame de l'Assomption de Bazoges-en-Pareds

ÉGLISE NOTRE-DAME DE L'ASSOMPTION
80m

20 novembre 2021

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.


INFOS

L'Église Notre-Dame de l'Assomption, probablement construite au XIe siècle, fortement remaniée au XVe siècle puis restaurée au XIXe siècle, était autrefois totalement placée dans la forteresse du Château de Bazoges-en-Pareds, située à son angle sud-est et intégrée aux remparts. Cette situation particulière lui conféraient un rôle militaire primordial dans la défense de la forteresse.

Au cours des siècles, les seigneurs de Bazoges se sont faits inhumés dans les nefs de l'église et autour du chœur.

La nef et le chœur
L’église dispose, du côté sud, d'une nef de deux travées et d'un chœur, avec une large baie flamboyante à l'est, datés du XVe siècle. A l'ouest, le portail d'entrée de la nef, daté du XVe siècle, est de style gothique. Les baies du chœur ont été comblées au XIXe siècle et le dallage du chœur, fait de dalles calcaires et d'ardoise, date également du XIXe siècle. La nef et le chœur disposent de voûtes en berceau, en bois, datées du XIXe siècle et le sol en béton de la nef date du XXe siècle.

Dans le chœur, incrusté dans le mur nord, se trouve le dossier d'un banc seigneurial, daté des alentours de 1505, sur lequel seuls les seigneurs de Bazoges avaient le privilège de s'asseoir lors des offices.

Sur l'arc séparant la nef du chœur, se trouve une plaque où est inscrit Cette église dévastée par l’impiété révolutionnaire a été réparée par M. Jouffrion, bienfaiteur chevalier de Saint-Louis (1823). Cette plaque rend hommage à Philippe-Henri Jouffrion, maire de Bazoges, qui effectua des dons permettant les premières restaurations de l'église à la fin des années 1810, suite à l'incendie perpétré par une colonne républicaine et qui dévasta l'édifice en 1794.

Le bas-côté et le clocher
Du côté nord, l'église dispose d'un bas-côté, moins haut et moins large que la nef principale, daté de la construction de l'église soit probablement le XIe siècle. Ce bas-côté correspond à la nef originelle de l'édifice et comporte trois travées, la troisième travée supportant le clocher. La tour-clocher est datée de de la construction de l'église, tandis que la coupole qui soutient le clocher quadrangulaire date probablement du XIIe siècle. Le mur nord, daté la construction de l'église, dispose de deux baies en plein cintre. Le bas-côté dispose de voûtes en berceau, en bois, datées du XIXe siècle et d'un sol en béton daté du XXe siècle. A l'ouest de ce bas-côté se trouve un portail gothique, daté du XVe siècle.

La chapelle seigneuriale
A l'extrémité est de la nef originelle se trouve une chapelle seigneuriale datée du XVe siècle. Elle comporte deux travées voûtées en ogive et trois baies gothiques, deux à l'est et une au nord, ainsi qu'une meurtrière-canonnière défensive, au sud, couvrant l'entrée de la forteresse. Les baies de la chapelle ont été comblées au XIXe siècle et le dallage fait de dalles calcaires et d'ardoise date également du XIXe siècle.

Les combles de la chapelle, au-dessus des voûtes, sont eux ouverts de deux petites baies quadrangulaires qui servent autant à les éclairer qu'à offrir deux postes de tir supplémentaires.

La salle défensive
Sous la chapelle seigneuriale se trouve une salle voûtée en berceau brisé, peut-être du XIIIe siècle et sans doute un vestige d'une tour. Elle est accessible depuis l'escalier menant également au clocher. Sans décor ni trace de sépulture ni trace d'autel, elle n'est probablement pas une crypte. Cependant, elle dispose de deux archères à l'ouest et à l'est, la première couvrant, à l'époque, une vaste zone des courtines et des fossés de la forteresse de Bazoges, ce qui lui donnait certainement un rôle défensif.

Dans l'escalier menant de la salle au clocher se trouvent une archère et plusieurs ouvertures qui étaient autant de postes possibles pour le tir en cas d’attaque.

Le couloir défensif
Dans le mur nord du clocher se trouve un couloir, peut-être édifié durant les Guerres de Religion. Ayant certainement un rôle défensif, il dispose de deux petites canonnières. La première est placée de telle sorte qu'un tireur pouvait tirer par trois ouvertures différentes, défendant ainsi tout le face sud de la forteresse. La deuxième est percée de façon à être presque invisible depuis l'extérieur.

Plan (Suivant le plan de Clément Brusseau)


HISTOIRE

1000 à 1100
Au cours du XIe siècle, Thibaut Luneau, premier seigneur connu de Bazoges apparaît dans un texte. Il est probable qu'il existe à cette époque un château à l'emplacement où se situe le donjon actuel, avec l'église primitive.

En 1056, Bazoges est mentionné pour la première fois.

Vers 1090, l'ecclesia de Basaugiis est mentionnée pour la première fois. Thibaut II Luneau, seigneur de Bazoges, fait alors don à l'Abbaye Saint-Pierre de Maillezais de l'église de Bazoges et de toutes les possessions de l'église. L'église, à cette époque, est probablement constituée d'une nef unique à trois travées, surmontée d'un clocher au-dessus de la troisième travée, et terminée par un chœur en abside. La paroisse de Bazoges fait alors partie de l'archidiaconé de Pareds.

1100 à 1300
Au cours du XIIe siècle, les moines de Maillezais fondent un prieuré à Bazoges, créant ainsi un second centre de pouvoir religieux avec l'église de Bazoges. Durant ce même siècle, la coupole soutenant le clocher est probablement édifiée.

En 1197, l’église de Bazoges est citée parmi les possessions de l’abbaye Saint-Pierre dans une bulle pontificale de Célestin III.

En 1200, l'Abbaye Saint-Pierre de Maillezais se soumet à l'autorité de l'évêque de Poitiers. Guillaume, prieur de Bazoges se rend à la cérémonie avec l'abbé de Maillezais, confirmant le statut privilégié du pouvoir religieux de Bazoges.

Au cours du XIIIe siècle, une tour est peut-être érigée contre le chœur de l'église.

1300 à 1400
En 1317, l'évêché de Poitiers est divisé en trois nouveaux évêchés ce qui entraîne l'intégration de la paroisse Notre-Dame de Bazoges dans le diocèse de Luçon. Cependant, l'église et le prieuré sont toujours des dépendances de l'Abbaye Saint-Pierre de Maillezais, devenue cathédrale. C'est donc l'évêque de ce lieu, et non celui de Luçon, qui nomme le curé et le prieur de Bazoges.

1400 à 1500
En 1472, Jean II Girard, seigneur de Bazoges, reçoit l'autorisation de fortifier la place de Bazoges. Il lance alors des travaux touchant en particulier à l'église paroissiale. Le portail de la nef originelle est repris et remplacé par un portail gothique et le mur sud de cette même nef originelle est abattu pour être remplacé par deux grandes arcades ouvrant sur une nouvelle nef, plus large et plus haute, reléguant la nef originelle au rang de simple bas-côté. Au sud-est, un large chœur avec une large baie flamboyante est construit, alors que le chœur de la première église est rasé pour laisser la place à une chapelle seigneuriale, comptant deux travées voûtées en ogive et éclairée par trois baies gothiques. La construction de la chapelle entraîne probablement la destruction de l'hypothétique tour édifiée au XIIIe siècle, ne laissant en place que la salle défensive située sous la chapelle. Le portail de la nef originelle est repris et remplacé par un portail gothique.

1500 à 1600
Aux alentours de 1505, un banc seigneurial et son dossier sont installés sur le mur nord du chœur. Il est réservé aux seigneurs de Bazoges qui sont les seuls à pouvoir s'y asseoir lors des offices.

Au cours des Guerres de Religion, un couloir défensif, percé de deux petites canonnières, est probablement aménagé dans le mur nord du clocher.

1600 à 1800
En 1778, l'église, en bon état, est visité par l'évêque de Luçon.

En 1794, le 30 janvier, la colonne républicaine commandée par le général Prévignaud incendie l'église, le presbytère et plusieurs maisons du village de Bazoges.

1800 à 1900
En 1801, lors du Concordat, l'archidiaconé de Pareds est supprimé, tout comme l'évêché de Luçon. La paroisse de Bazoges, comme le reste de la Vendée, intègre le diocèse de La Rochelle.

Au cours du XIXe siècle, les sols sont refaits, avec la pose d'un dallage fait de dalles calcaires et d'ardoise, et les nefs et le chœur reçoivent de nouvelles voûtes en berceau, en bois.

A la fin des années 1810, grâce aux dons de Philippe-Henri Jouffrion, maire de Bazoges, et de son épouse, des premiers travaux de restauration sont effectués. Les murs sont renforcés, notamment par le comblement des baies de la chapelle et du chœur et par la réfection des colonnes intérieures.

En 1919, une nouvelle cloche, nommée Françoise, est installée.

En 1821, le diocèse de Luçon est recréé et la paroisse de Bazoges le réintègre.

En 1858, une nouvelle cloche, nommée Josèphe, est installée.

En 1860, deux nouvelles cloches, nommées Marie-Paule et Marie-Angélique), sont installées.

1900 à 2003
Entre 1958 et 1962, l'église connaît une dernière campagne de restauration. Le massif pilier central, qui soutient le clocher et les nefs, est consolidé. Aux pieds de ce pilier sont découverts plusieurs squelettes, dont l'un porte aux pieds une paire d’éperons d'or marquant son statut de chevalier. Il s'agit très probablement des restes de Regnault Girard, seigneur de Bazoges au début du XVe siècle. Un sol en béton est posé dans les nefs, et de nouveaux vitraux, réalisés par le maître-verrier Van Guy, sont installés ainsi qu'un nouveau maître autel.

En 2003, l'église est inscrite aux Monuments historiques.


TOPONYMIE

Le nom de Notre-Dame vient de la Vierge Marie qui est la sainte à laquelle est dédiée l'église. Le nom de Bazoges-en-Pareds vient du village, nommé Bazoges-en-Pareds, dans lequel se situe le château.

Pareds vient du nom de l'archiprêtré, puis archidiaconé, de Pareds, constitué dès le Ve siècle et dont faisait partie la paroisse de Bazoges-en-Pareds. Pareds viendrait ainsi du nom d'une ancienne cité gallo-romaine, Altoparedum, aujourd'hui située sur la commune de la Jaudonnière, qui était le siège de cet archidiaconé.

Une hypothèse serait que bazoges viendrait du latin basilica qui désignait certainement les lieux où était rendue la justice. Cependant Bazoges-en-Pareds n'a livré aucun vestige d'un tel lieu. Une autre hypothèse serait que bazoges viendrait du latin badius qui est le nom du bai, une couleur proche du rouge, et du suffixe patois auge qui vient du latin ager qui signifie champs, pays, territoire. Bazoges serait ainsi le pays du bai, le pays rouge. Il semble que la terre de Bazoges-en-Pareds a effectivement une couleur plutôt rouge.


SITUATION



MÉTÉOTutoriel météo

Église Notre-Dame de l'Assomption (meteoblue)

TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant à l'Église Notre-Dame de l'Assomption.

Itinéraire Km D+ Altitude max D+/Km Cotation Chiens
Donjon de Bazoges-en-Pareds, Lac de Rochereau, Dolmen des Landes, Ciste des Cous, Pierre-Folle des Cous 17 150 100 8,82 T1 Autorisé


SOURCES

Bazoges-en-Pareds, église Notre-Dame de l’Assomption (ARMMA / Site internet)
L'église Notre-Dame de l’Assomption de Bazoges (Histoire de Vendée / Site internet)
Bazoges-en-Pareds (Site officiel)
Château (Base Mérimée)
Bazoges-en-Pareds (Wikipédia)


PHOTOS

Donjon de Bazoges-en-Pareds, Église Notre-Dame de l'Assomption

Mur sud de la nef du XVe siècle

Portails gothiques

Église Notre-Dame de l'Assomption

Chœur, Clocher, Chapelle



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