Dolmen des Fades

DOLMEN DES FADES
98m

Dolmen (11/09/2025)

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.

INFOS

| Contexte géographique

Le Dolmen des Fades se dresse sur une colline nommée Moural de las Fados, mamelon isolé dans la plaine sur te territoire de Pépieux (Aude), mais confrontant celui de Siran (Hérault). Par sa position isolée et élevée, le monument se voyait de loin et présentait un aspect imposant (Sicard, 1929). Actuellement, la colline est arborée, ce qui cache l'édifice aux regards lointains (NDR).

| Général

Le Dolmen des Fades présente des dimensions considérables puisque avec les deux allées couvertes, qui l'accompagnent, il occupe une longueur de 24 mètres (Sicard, 1929). Orienté E.-O. (Sicard, 1929), il est la plus grande tombe dolménique du sud de la France (Guilaine, 1993) et peut-être l'un des plus long dolmen de France (Aude Actually, 2026).

| Dolmen

Le dolmen est constitué par une longue galerie mégalithique de 24 m de développement incluse dans un tumulus de 35 m de longueur (Marc, 2016; Aude Actually, 2026) atteignant jusqu'à 2,50 m de hauteur (Marc, 2016). Le dolmen comprend trois parties distinctes : un couloir, une antichambre et la chambre funéraire. Le couloir mesure 12 m de long, il est délimité par des piliers, disposés face à face, alternant avec des murets en pierres sèches dont subsistent quelques témoins d'origine. L'antichambre mesure 6 m de longueur. Elle est recouverte d'une unique table de couverture, dont le poids est estimé entre 25 et 30 tonnes (Marc, 2016; Aude Actually, 2026). Cette dalle de couverture fait 4,50 m de long sur 3,10 m de large et 0,40 à 0,55 m d'épaisseur (Marc, 2016), ou 5m45 de long sur 2m90 de large (Sicard, 1929). La chambre terminale est fermée par une épaisse dalle de chevet. La transition du couloir à l'antichambre et de celle-ci à la chambre funéraire est assurée par deux portes réalisées par des dalles jointives sculptées en hublot (Marc, 2016).

En dépit de sa longueur, l'édifice n'est pas une allée couverte car le couloir est ici moins large que la chambre funéraire. Il est probable que le monument n'était pas à l'origine couvert sur toute sa longueur (Marc, 2016). La dalle de couverture est constituée d'un calcaire à nummulites (Sicard, 1929), qui pourrait provenir du causse de Siran, dans le Minervois, qui est le lieu d'extraction le plus proche, mais dont le gisement est situé à plus de 3 km de distance. En dehors de la dalle de couverture, toutes les autres dalles sont en grès rouges ou gris, prélevées sur place dans des affleurements plus ou moins proches (Marc, 2016).

| Tumulus et monolithe

Le tertre originel devait être peu étendu et ne pas dépasser 3 m de largeur au-delà des orthostates du dolmen. Un grand monolithe en grès (3,98 m de long sur 0,75 m de large et 0,40 m d'épaisseur), fracturé transversalement au tiers de sa longueur, a été découvert sur le flanc nord du tumulus. Le bloc a été régularisé. Il était associé à un empierrement artificiel constitué de dallettes en grès correspondant à un ancien aménagement. Il pourrait correspondre à un ancien pilier ou à une stèle (Guilaine, 1993).


FOUILLES

| Années 1960

Au cours des années 1960, le dolmen est l'objet d'une opération archéologique conduite sur les zones encore intactes de la tombe, le couloir essentiellement (Guilaine, 1993). Le monument a d'abord été enclos efficacement grâce au concours de la Direction de l'Architecture et Bâtiments de France. Il a fallu ensuite entreprendre le dégagement du couloir d'accès, chose qui n'avait jamais été faite par les nombreux chercheurs venus voir le site. Le dégagement du couloir a permis de noter de nombreux faits intéressants. Ainsi le tumulus a été entièrement dégagé sur le côté ouest et remplacé, sur toute la longueur du couloir, par un mur en pierres sèches au tracé courbe. Cette transformation est probablement d'époque romaine car des restes de cette période figurent dans l'emballage. Les fouilles ont également permis de découvrir des perles en coquillage et callaïs, une flèche à pédoncule dégagé, une épingle en os, la moitié d'un « brassard d'archer » et divers types de céramiques parmi lesquels du campaniforme décoré à la corde ou au peigne (un fond de vase en particulier orné dans le style dit « international ») (Escalon de Fonton, 1966).

| 1993

L'opération de 1993 avait pour objectif d'évaluer l'état de conservation du tumulus préhistorique enserrant la tombe. En effet, par l'irrégularité de sa morphologie, ce tertre semblait avoir subi de nombreuses déformations au cours du temps : « rabotage » de son front oriental, excroissance partielle dans le secteur nord-ouest, terminaison nord en pointe légèrement déviée, etc (Guilaine, 1993).

Une grande tranchée a été implantée dans la partie occidentale du tertre entre le troisième grand pilier de grès rouge de l'antecella et la seconde « porte en four » donnant accès à la cella terminale. Large de 2 m, elle a été réalisée sur une dizaine de mètres de développement. À 3 m des orthostates de la tombe, il a été observé, à la base du remplissage tumulaire, des éléments pierreux pouvant correspondre à une limite du tertre préhistorique originel. Ce constat pourrait indiquer un tumulus peu étendu, dont la façade aurait été édifiée à une faible distance des dalles de la tombe. Une alternative à cette hypothèse ferait envisager cette limite comme l'un des murets internes du tertre - d'autres, aujourd'hui disparus, ayant pu exister à l'extérieur (Guilaine, 1993).

Un deuxième sondage ouvert dans la partie terminale du tumulus, à 3,60 m de la dalle de chevet, a été d'abord réalisé sur 5 m de long et 1 m de large, puis élargi sur une quinzaine de mètres carrés. Il a permis de reconnaître la présence d'une grande dalle de grès régularisée (3,98 x 0,75 x 0,40 m), fracturée transversalement au tiers de sa longueur. Il peut s'agir d'une ancienne stèle ou d'un pilier du monument, cassé avant sa mise en place ou, au contraire, arraché et brisé lors de son transfert. Ce monolithe était pris dans une matrice de blocs et de plaquettes de grès, restes d'un aménagement anthropique correspondant à un ancien dispositif (mur de limite du tumulus ?) (Guilaine, 1993).

Un troisième sondage (3 m x 3 m) a été mené sur le flanc est du monument, entre 5,50 m et 8,50 m à compter de la partie arrière de la cella. Il a permis de noter la présence d'un groupement de dalles ou plaques de grès, à 7,60 m de l'orthostate le plus proche. Ce pourrait être les restes d'une ancienne structure du tertre (Guilaine, 1993).

Enfin, des sondages conduits au pied des deux piliers d'entrée du monument ont permis de mettre en évidence les tranchées de fondation de ces orthostates à un niveau compris entre 0,90 m et 1 m au-dessous du sol actuel (Guilaine, 1993).


CHRONOLOGIE

| -3500 à -800

Vers -3500, le dolmen a probablement été construit par une population appartenant à la Culture de Véraza (Wikipedia, 2026). En effet, les plus anciennes manifestations funéraires documentées par radiocarbone dans ce monument remonteraient à -3300. Sur 1700 ans, le nombre d'individus inhumés dans ce dolmen est estimé à 115 sujets au minimum. Dans une première phase d'utilisation classique pour une population néolithique, des défunts sont enterrés régulièrement dans le dolmen, en réorganisant l'intérieur (Aude Actually, 2026). Ensuite, durant le Campaniforme (-2800 à -2300) et le Bronze ancien (-2200 à -1600) (Aude Actually, 2026; INRAP, 2026; Herodote, 2026), des inhumations ont lieu selon d'autres modalités, sans gestion du tombeau. Enfin, des populations post-néolithiques utilisent ce dolmen à des fins funéraires, sans le vider complètement, pour s'inscrire dans une certaine forme de continuité historique avec les populations qui les avaient précédées. L'analyse biologique et génétique des squelettes du dolmen a notamment révélé que les populations néolithiques de cette région étaient patrilocales, exogames et patrilinéaires (Aude Actually, 2026).

| Epoque romaine

Au cours de l'époque romaine, le tumulus est probablement entièrement dégagé sur le côté ouest et remplacé, sur toute la longueur du couloir, par un mur en pierres sèches au tracé courbe (Escalon de Fonton, 1966).

| 800 à 900

En 836, une charte carolingienne mentionne le dolmen comme limite de propriété sous la formule archa antiquitus facta. L'acte précise que le dolmen se situe dans le territoire de la villa Monte Filinense, actuellement Montflanès, un lieu-dit situé entre Pépieux et Najac, dans la commune de Siran (Soutou, 1984).

| 1800 à 1900

En 1891, le dolmen est fouillé par M. Rivière, de Pépieux, qui n'a pu explorer que la partie centrale. Il y a recueilli de nombreux ossements humains, dont certains avaient subi l'atteinte du feu, des fragments de poteries noirâtres et grossières, des silex, des débris d'objets en ivoire, des bois de cerf travaillés, deux disques en schiste perforés, une pointe en silex de 9cm et de longue forme triangulaire très affilée et finement retouchée (Sicard, 1929).

| 1900 à 2000

En 1904, M. Pradal, de Siran, a recueilli dans le voisinage du dolmen, une vingtaine d'urnes funéraires recouvertes chacune d'une plaque de schiste ardoisier et contenant des débris d'ossements humains et d'objets en cuivre ou en bronze (Sicard, 1929).

En 1929, il est indiqué que les deux allées couvertes du dolmen sont remplies de pierres de toutes dimensions, provenant sans doute de l'épierrement des cultures voisines (Sicard, 1929).

En 1943, le 8 septembre, les abords et le dolmen sont inscrits aux Monuments Historiques (Base Mérimée, 2026).

En 1946, une équipe dirigée par Jean Arnal et Odette Taffanel effectue des fouilles dans le monument (Wikipedia, 2026; Aude Actually, 2026). Ces travaux confirment que le monument est un dolmen à couloir comme ceux construits dans le sud de la France au troisième millénaire (Wikipedia, 2026). Cette fouille permet le premier relevé du dolmen. Elle abouti au dégagement de certaines parties et permet de documenter la cella et l'antichambre (Aude Actually, 2026). 

Au cours des années 1960, le dolmen est fouillé sur les zones encore intactes de la tombe, le couloir essentiellement (Guilaine, 1993). Cette intervention permet notamment de dégager l'ensemble du monument (Aude Actually, 2026).

En 1969, le 5 mars, le dolmen est classé aux Monuments Historiques (Base Mérimée, 2026).

Au début des années 1970, les Bâtiments de France réalisent une première restauration du monument (Guilaine, 1993).

En 1989, en juillet, la municipalité de Pépieux achète le terrain sur lequel est situé le dolmen ainsi que deux terrains environnants, constituant l'enclos actuel d'une superficie de 1,53 ha (Wikipedia, 2026).

Peu avant 1993, un nouvelle campagne de remise en état du dolmen se termine (Guilaine 1993).

En 1993, le monument est fouillé. L'opération a pour objectif d'évaluer l'état de conservation du tumulus préhistorique enserrant la tombe (Guilaine, 1993).

De 1997 à 1998, l'édifice bénéficie d'une restauration. Les piliers orientaux sont remontés à leur hauteur initiale, le pilier artificiel supportant la dalle de couverture est camouflé et un remblaiement est effectué pour redonner au tumulus, dégradé par l'érosion, un aspect plus proche de l'origine. Les murets en pierre sèche du couloir d'accès sont restaurés (Wikipedia, 2026).

| 2000 à Actuel

En 2022 et 2023, Muriel Gandelin et Vincent Ard, sous la houlette de Jean Guilaine, interviennent conjointement pour tenter de caractériser au mieux le monolithe couché et fracturé découvert au cours des fouilles de 1993, ainsi que le tumulus qui cerne le monument (Aude Actually, 2026).


TOPONYMIE

Le Dolmen des Fades est aussi nommé Dolmen du Moural de las Fados, Dolmen de las Fadas ou encore Palet de Roland/Pallet de Roland (NDR). 

| Moural de las Fados

Le Moural de las Fados est le nom de la colline où se situe le dolmen. Moural de las fados signifierait la colline des fées (Sicard, 1929).

| Fades

Fades est probablement une évolution de fados, fadas signifiant fées . Le dolmen des fades serait ainsi le dolmen des fées (NDR).

| Palet de Roland

Le Palet de Roland/Palet de Rolland est un nom commun à plusieurs mégalithes (Sicard, 1929; Escalon de Fonton, 1966). Ce nom fait référence au chevalier Roland dont les légendes se sont répandues et se sont transformées sur une grande partie du sud de la France, laissant de très nombreux toponymes (NDR). 

| Archa antiquitus facta

Le latin archa antiquitus facta signifie littéralement le coffre construit dans les temps anciens. Le terme latin arca, archa, ainsi que ses équivalents romans, est fréquemment attesté en toponymie pour désigner un dolmen dont la structure évoque un coffre (Wikipedia, 2026).


SITUATION



TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Dolmen des Fades.
ATTENTION ! Site historique. Merci de respecter le lieu. Pas de dégradation, pas de prélèvement.

Itinéraire Km D+ Altitude max D+/Km Cotation Chiens
Dolmen des Fades, Chapelle Saint-Germain 10,5 150 140 14,29 T1/T2 Autorisé


MÉTÉOTutoriel météo

Dolmen des Fades (meteoblue)

PHOTOS

(11/09/2025)

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MODÉLISATION 3D


Modélisation 3D, Archéomatique © Sketchfab


SOURCES

(Les sources sont classées par ordre alphabétique d’auteur.)


REMERCIEMENTS

Cette page sur le Dolmen des Fades s’appuie sur les travaux des chercheurs et des sites internet cités en référence dans les sources. Un grand merci à ces personnes pour leurs travaux approfondis.


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