Castillo de Javier

CASTILLO DE JAVIER
470m

Basilique, Château, depuis le sud/sud-est (19/02/2025)

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.

INFOS

| Contexte géographique et vue d'ensemble

Le Castillo de Javier est situé dans le village de Javier, en Navarre (Espagne). Plus ancien monument civil de Navarre encore debout, il se dresse comme un témoignage architectural complexe, façonné par plus d’un millénaire d’histoire. Son plan complexe résulte de l’accumulation de murs et d’espaces de différentes époques, souvent remaniés au fil des siècles et révélant les strates successives de son évolution, des premières fortifications médiévales aux ajouts Renaissance et modernes (Unversidad de Navarra, 2026).

| L’enceinte extérieure et ses défenses

L'édifice possède des défenses extérieures, aujourd’hui partiellement reconstruites grâce aux fouilles archéologiques menées entre 1952 et 1955 par le père Recondo. Ces défenses, démolies en 1516, se composaient à l’origine de deux enceintes. La première, plus proche du château, formait un rempart polygonal en angle droit devant la porte principale, construit au XIIIe siècle puis partiellement détruit en 1455 avant d’être reconstruit avec des talus extérieurs, typiques du XVe siècle, inclinés ou en escalier. Au sommet de cet angle, un cube supportait un pont-levis franchissant un fossé, conçu pour séparer ce premier rempart de la barrière extérieure. Ce pont menait à une tour albarrane, excentrée, large et peu profonde, capable de former un recoin défensif pour désorienter les assaillants. Une porte, protégée par un mâchicoulis et un autre pont-levis, reliait cette tour à une rampe externe (Unversidad de Navarra, 2026).

La barrière extérieure, reconstruite dans la seconde moitié du XVe siècle, entourait l’ensemble du château. Basse, elle était percée de 23 meurtrières horizontales alignées avec la tour d’Undués et le polygone septentrional. Ce type de barrière, généralisé dans la seconde moitié du XVe siècle dans les grands châteaux castillans (Medina del Campo, Coca, Cuéllar, etc.), illustre l’influence des techniques militaires de l’époque. Les fossés, comblés en 1516 avec les pierres des murs, ont aujourd’hui disparu, mais leur tracé a pu être restitué (Unversidad de Navarra, 2026).

| Les remparts et les tours

En franchissant la barrière extérieure, on accède au second rempart, qui délimite le cœur du château. Ce rempart, dont les différentes sections datent du XIIIe au XVIe siècle, se distingue par ses formes variées. Le flanc sud remonte au XIIIe siècle, tandis que les corps oriental et septentrional ont été reconstruits aux XVe et XVIe siècles. La défense de la porte, les ponts-levis et la barbacane, initialement construits au XIIIe siècle, ont également été restaurés au XVe siècle (Unversidad de Navarra, 2026).

Les tours marquent les points stratégiques de l’enceinte. À gauche, la tour du Christ, arrondie à son extrémité, marque la limite ouest du château tel qu’il fut conçu au XIIIe siècle. Son appareil de moellons reproduit fidèlement les murs originaux. Symétriquement, à droite, la tour d’Undués, bien plus imposante, remplace une tour médiévale similaire à celle du Christ. Construite au XVe siècle, elle adopte une plante pentagonale, inspirée des modèles aragonais du XIVe siècle (comme à Poblet ou Valence), introduits en Navarre par les tours du château d’Olite (vers 1400). Son socle en talus trahissent des influences castillanes. La tour est percée de meurtrières sur ses trois étages intérieurs et couronnée de cinq mâchicoulis entourés de créneaux, renforçant son allure à la fois défensive et ostentatoire (Unversidad de Navarra, 2026).

Entre ces tours, un corps polygonal se détache, coiffé d’almenas et de mâchicoulis à ses angles. Les deux grandes fenêtres à barreaux, ajoutées au début du XVIe siècle (quatre autres, supprimées lors de la seconde restauration, existaient autrefois), éclairent l’intérieur. À l’origine, ces ouvertures étaient probablement des saeteras (meurtrières étroites). Le mur actuel, recouvert de petits moellons, est le résultat des réparations de la maçonnerie originale lors de la première restauration, à la fin du XIXe siècle (Unversidad de Navarra, 2026).

| La porte principale et ses blasons

L’entrée principale du château, troisième porte à franchir pour pénétrer dans l’enceinte, se situe dans le corps oriental, reconstruit au XVe siècle comme la voisine tour d’Undués. Lors de la première restauration, son revêtement a été unifié pour donner une façade de petits moellons assez homogène. Surchargée en hauteur par un grand mâchicoulis, intégré dans une ligne de créneaux et soutenu par quatre modillons, cette porte répond aux critères esthétiques de la fin du XVe siècle. Elle mesure trois mètres de hauteur et est formée d’un arc ogival composé de treize moellons. Une saetera latérale, située dans le polygone sud voisin, protège l’accès (Unversidad de Navarra, 2026).

Au-dessus de la porte, un bas-relief rectangulaire en pierre areniscieuse expose les blasons des lignées qui ont marqué l’histoire du château. Au centre, le blason originel de Javier, appartenant à la famille Aznárez de Sada (propriétaires depuis 1237), se décrit ainsi : sur champ de gueules, un croissant versé d’argent avec une orle échiquetée de deux bandes d’or et de sable, posé sur une fasce échiquetée de trois bandes d’or et de sable, sur une campagne d’argent. De part et d’autre de ce blason central, deux anges aux ailes déployées encadrent les écussons des deux lignées qui ont restauré le château entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. À gauche (droite pour l’observateur), les armes de Javier alternent en un écartelé avec celles de Martín de Azpilcueta, hidalgo basque utilisant l’échiqueté de plata y sable (argent et noir), qui, en épousant Juana Aznárez de Sada en 1463, initia la reconstruction. À droite (gauche pour l’observateur), les armes de Javier alternent avec celles de Juan de Jaso, seigneur de Javier par son mariage avec María de Azpilcueta en 1484, qui acheva la modernisation du château. Son blason se blasonne : sur champ d’argent, un arbre de sinople avec un sanglier naturel brochante (Unversidad de Navarra, 2026).

| Le polygone septentrional et la tour d’Undués

Au nord, le polygone septentrional, ou zaguero, est un espace complexe à neuf côtés, construit dans la seconde moitié du XVe siècle cinq ou six mètres au-delà de son prédécesseur, élargissant ainsi la cour des armes. Haut de onze mètres, ce mur s’appuie sur un léger piédestal et est couronné d’un parapet lisse, ne présentant des créneaux qu’au centre et aux extrémités de chaque section. Il sert de protection au chemin de ronde. Dans la partie basse de chaque pan, deux meurtrières horizontales ont été aménagées, expliquées par la construction d’une barrière complémentaire et extérieure au mur, restaurée il y a quatre décennies (Unversidad de Navarra, 2026).

À la fin du XVe siècle, ce mur fut transformé en aile intérieure par l’ajout d’un mur intérieur à sept sections, créant un espace utilisé comme magasins, écuries et zone de service (aujourd’hui occupé par le musée). En 1626, cet espace fut creusé pour obtenir un nouveau sous-sol, utilisé comme cave (Unversidad de Navarra, 2026).

| Le polygone sud et la Salle Grande

Le polygone sud, formé par quatre sections de murs, abrite en son sein un espace de grandes proportions : la Salle Grande, cœur de la vie seigneuriale et des cérémonies. Les deux fenêtres actuelles, dotées de meneaux et de corniches extérieures, remontent aux réformes de la fin du XVe siècle, lorsque les baies originales, bien plus petites, furent élargies (Unversidad de Navarra, 2026).

L’aménagement actuel, datant des XVIIe et XVIIIe siècles, comprend un mobilier seigneurial : des tables en noyer et en pin, des fauteuils de moine, des chaises en noyer cloutées de laiton, ainsi que deux bureaux du XVIIe siècle ornés de marqueteries géométriques en os. Une arbalète rappelle les occupations militaires des seigneurs, tandis qu’une rouet et un tedero (seul vestige de l’âtre) évoquent les tâches domestiques. Parmi les œuvres picturales, une huile sur toile de la Sainte Famille, de l’école flamande (seconde moitié du XVIe siècle), se distingue. Sur le mur intérieur, une alacena (buffet) expose, aux côtés de pièces de céramique, des biographies imprimées de saint François Xavier en diverses langues européennes, certaines datant du XVIIe siècle, témoignant de la rapide expansion de sa dévotion (Unversidad de Navarra, 2026).

Au-dessus de la Salle Grande, un espace sous les combles existait à l’origine, dont la toiture s’inclinait depuis le chemin de ronde extérieur vers un escalier intérieur à ciel ouvert, séparant le polygone sud du premier rempart. Après la destruction de 1516, le mur intérieur fut surélevé et le toit versait désormais ses eaux à l’extérieur, créant un espace qui abritera, aux XVIIIe et XIXe siècles, les chapellains desservant la chapelle du saint. Lors de la restauration de 2005, l’orientation initiale du toit a été rétablie, mais en le surélevant pour créer un nouvel oratoire destiné aux célébrations religieuses de petits groupes. La porte du tabernacle, représentant une Annonciation, est l’œuvre du sculpteur Antonio Oteiza. Sur le mur extérieur, un petit retable baroque du XVIIe siècle intègre une Adoration des Rois Mages du sculpteur flamand Gabriel Joly, qui travailla en Aragon au début du XVIe siècle (Unversidad de Navarra, 2026).

| La chapelle du Saint-Christ

La quatrième porte, précédée d’un escalier aux marches usées (avec une base circulaire et une dernière volée droite), mène à un vestibule de réception. À gauche, ce vestibule ouvre sur la Salle Grande, tandis qu’à droite, il communique avec la chapelle du Saint-Christ, qui donne son nom à la tour dans laquelle elle est aménagée (Unversidad de Navarra, 2026).

L’usage initial de cette tour, construite au XIIIe siècle, reste inconnu. La création de la chapelle, par son esthétique et sa chronologie, est attribuée aux réformes menées par Juan de Jaso, père de saint François Xavier, à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle. Elle abrite le Saint-Christ de Javier, une image de la fin du XVe siècle, souvent attribuée à tort au XIIIe siècle en raison de son sourire et de sa rigidité. Pourtant, son corps parfaitement vertical, ses bras légèrement levés, ses mains fermées sur les clous, ses pieds alignés et sa tête légèrement inclinée vers la droite, ainsi que la forme du pagne de pureté (court, ceint aux hanches, avec le côté droit croisé et une chute verticale centrale), le rapprochent d’autres crucifix espagnols des dernières décennies du XVe siècle (comme ceux de Sigena ou des Clarisses de Palence) (Unversidad de Navarra, 2026).

Dans les années 1970, les décorations et peintures baroques de la chapelle furent retirées, révélant les fresques originales. Le Christ est entouré d’un impressionnant ensemble de peintures murales tardogothiques. À ses côtés figurent les attributs de la Passion. Sur les murs latéraux, une Danse Macabre, unique exemple connu en Espagne, représente plusieurs squelettes illustrant la suprématie de la mort, la brièveté de la vie et la vanité des choses mondaines. Bien que le thème soit typiquement médiéval, certaines caractéristiques formelles, comme la perspective du tablier soutenant les figures ou la présence de balustres, annoncent déjà la peinture de la Renaissance (Unversidad de Navarra, 2026).

| La Tour de l’Hommage et la première enceinte

Au centre du complexe, la Tour de l’Hommage, ou tour San Miguel, constitue le noyau originel du château. Conçue et construite dans la seconde moitié du Xe siècle comme une tour isolée de plan rectangulaire, elle repose sur de grands moellons allongés (pouvant mesurer plus d’un mètre), disposés en soga y tizón (alternance de positions longitudinales et transversales), une technique également présente dans des bâtiments contemporains d’autres régions de l’Espagne chrétienne (Aragon, Soria), mais inspirée des techniques constructives musulmanes. La tour, qui atteignait environ 20 mètres de hauteur, comptait quatre niveaux au-dessus du sol rocheux, reliés par des structures en bois. L’accès ne se faisait pas par le rez-de-chaussée, mais par une porte située au troisième niveau, accessible par une échelle. L’épaisseur des murs diminuait avec la hauteur. La tour fut réduite de moitié en 1516 puis reconstruite au milieu du XXe siècle (Unversidad de Navarra, 2026).

Au XIe siècle, une construction en forme de chemise enveloppa la Tour de l’Hommage sur trois de ses flancs, laissant le flanc nord à découvert. Au rez-de-chaussée se trouvent deux pièces. À l’ouest, la chapelle San Miguel, dont le patron est considéré comme le protecteur du château. Elle abrite une statue polychrome du XVIIIe siècle du saint, ainsi qu’une copie du Christ crucifié de Vélasquez suspendue à ses pieds. À l’est, une pièce appelée Chambre du Saint (Cuarto del Santo), car, selon une tradition familiale des comtes de Javier (non attestée avant le XIXe siècle), saint François Xavier y résida avant son départ pour l’Université de Paris en 1525. La pièce compte deux toiles du saint datant de la seconde moitié du XVIIe siècle, ainsi qu’une représentation de la Vierge à l’Enfant d’un siècle plus ancien (Unversidad de Navarra, 2026).

| La basilique

À l’extrémité occidentale du polygone nord, à sa jonction avec la tour du Christ, Juan de Jaso avait fait construire le Palais Neuf, destiné à agrandir et améliorer la résidence seigneuriale au sein du château. C’est là, dans l’une des chambres annexes à la Salle Principale du premier étage, que naquit saint François Xavier le 7 avril 1506. Après sa béatification, une chapelle fut aménagée au rez-de-chaussée en 1620, puis agrandie pour occuper également le premier étage. La construction d’une coupole et d’une voûte à partir de 1684 exigea de surélever les murs et de les renforcer avec des contreforts. Pour décorer cette chapelle, six grands toiles furent commandées en Flandre au taller de Godofredo de Maes (1649–1700), aujourd’hui conservées dans le musée (Unversidad de Navarra, 2026).

Il ne restait que peu de choses du Palais Neuf lorsque, à la fin du XIXe siècle, il fut démoli pour permettre la construction de l’actuelle basilique, œuvre personnelle de María del Carmen Azlor de Aragón, 15e duchesse de Villahermosa. Après quelques modifications de la façade et l’aménagement d’une porte extérieure (1890–1892), la duchesse décida d’ensevelir son mari, le IIe comte de Guaqui, dans une crypte lumineuse et de construire une nouvelle église, qu’elle confia à l’architecte Ángel Goicoechea, déjà responsable de la restauration du château. Les travaux se déroulèrent entre 1896 et 1900, et le nouveau temple fut consacré le 19 mars 1901, avant de recevoir du pape Léon XIII le titre de basilique (Unversidad de Navarra, 2026).

Extérieurement, la basilique est un édifice éclectique, combinant des formes romanes et gothiques pour créer une église robuste à nef unique. Elle se distingue par une façade monumentale, dotée d’un porche, d’un escalier central, d’un portail roman, d’un roseton encadré d’arcatures gothiques, et d’un corps de couronnement dominé par une croix (Unversidad de Navarra, 2026).

À l’intérieur, la basilique se compose de trois travées voûtées d’ogives et d’un abside pentagonal percé de quatre vitraux reproduisant des scènes de la vie du saint. Les murs latéraux sont rythmés par quatre tribunes aux balustrades ajourées, tandis qu’aux pieds de la nef s’ouvre un large chœur surplombant l’atrium d’accès à l’église. L’ensemble est dominé par une statue de saint François Xavier, placée dans une hornacine (niche) et sous un baldaquin, œuvre du sculpteur Jerónimo Suñol (1839–1902). Ce dernier a cherché à capturer l’esprit missionnaire, passionné et infatigable du saint, en s’inspirant de la description qu’en fit son disciple, le père Teixeira : « Le Père Maître François était de taille plutôt grande que petite, le visage bien proportionné, blanc et coloré, joyeux et plein de grâce ; les yeux noirs, le front large, les cheveux et la barbe noirs. Il portait des vêtements pauvres mais propres, et ses habits étaient amples, sans mante ni autre vêtement… Il marchait toujours les yeux tournés vers le ciel… ». De part et d’autre de cette statue, sous une arcature romane, une cour d’honneur de douze saints jésuites peints à l’huile sur panneau par l’Italien M. Capraroni l’accompagne (Unversidad de Navarra, 2026).

| Le musée

Installé dans le polygone nord (zaguero), réparti sur trois étages, le musée est dédié à la figure de saint François Xavier, à son œuvre missionnaire, à son influence à travers les siècles et au culte qu’il a suscité (Unversidad de Navarra, 2026).

Au sous-sol se trouve douze dioramas de José López Furió (1930–2000), sculpteur valencien établi en Navarre et spécialisé dans l’imagerie religieuse. Ses œuvres, de style néo-figuratif, représentent des scènes marquantes de la vie du saint (Unversidad de Navarra, 2026).

Au premier étage se trouve une section spécialement consacrée à María del Carmen Azlor de Aragón (1846–1905), dont la munificence a permis la restauration du château et la construction de la basilique et du collège (aujourd’hui centre de spiritualité). On y trouve des aquarelles de 1889, les plans de l’architecte Goicoechea, ainsi qu’une maquette reproduisant l’état du château vers 1500. La duchesse a également légué une collection picturale (Renaissance et baroque) à thème religieux (Jésus, Vierge, saints), ainsi qu’une collection de médailles attestant du culte rendu à saint François Xavier sur trois siècles (Unversidad de Navarra, 2026).

Au deuxième étage se trouve le Bon Berger, un objet en ivoire luso-indien (XVIIe siècle), six kakémonos japonais (XIXe siècle) illustrant l'œuvre évangélisatrice de saint François Xavier au Japon (débarquement à Yamaguchi, dialogues religieux), un étendard à l'effigie de Javier écrivant ses célèbres lettres et six grandes toiles (1692) réalisées par Godofredo de Maes (1649–1700) et son atelier pour la chapelle du Palais Neuf. La plus remarquable des six grandes toiles, signée Maes, représente saint François Xavier prêchant en Inde et obtenant la conversion de gens de toute condition (composition complexe, influence de Rubens). Une autre toile, dédiée à la fin de la peste à Manar, suit le modèle de l’Italien Ciro Ferri et offre une excellente composition riche en lignes et diagonales (Unversidad de Navarra, 2026).

Plan du château

Plan du château


CHRONOLOGIE

| 900 à 1000

Dans la seconde moitié du Xe siècle, la Tour de l’Hommage (Torre del Homenaje ou Torre de San Miguel) est probablement édifiée sur un rocher dominant et isolé (Universidad de Navarra, 2026; Recondo, 1957). À l’origine, la tour atteignait probablement 40 mètres de hauteur. Cette tour, de forme prismatique rectangulaire, était initialement un donjon, isolé et conçu pour résister aux sièges. Son accès, situé au troisième niveau, se faisait par une échelle ou un pont en bois, typique des tours défensives de l’époque, et elle était entourée d’une palissade pour abriter le bétail en cas d’attaque (Recondo, 1957).

| 1000 à 1100

Au XIe siècle, la tour est entourée d’un premier rempart en forme de "chemise", créant un petit château rudimentaire (Universidad de Navarra, 2026; Recondo, 1957). Cette enceinte, de forme semi-circulaire, était décalée par rapport à la tour (leurs centres n’étaient pas alignés), une technique architecturale permettant d’optimiser l’espace intérieur et la défense. Ce décalage permettait de laisser un côté de la tour isolé, réduisant ainsi les fronts à défendre. La tour, déjà quasi impénétrable, servait de dernier rempart. L’entrée principale se faisait par une porte centrale sur la façade sud, légèrement surélevée. Une seconde porte, située à l’étage supérieur sur la façade ouest, communiquait avec le chemin de ronde et la tour du Santo Cristo via un pont-levis ou fixe. Les murs étaient en maçonnerie irrégulière, avec des traces d’opus spicatum (appareil en arête de poisson) dans la chapelle San Miguel, suggérant une influence romane tardive ou préromane (Recondo, 1957).

| 1200 à 1300

Dans le premier quart du XIIIe sièclele château est agrandi, quintuplant ses dimensions. Il prend alors la structure qu’il conservera pendant des siècles. La première enceinte extérieure, la plus proche du château, est notamment édifiée. La tour du Christ est probablement construite durant cette période ou au cours du XIIIe siècle (Universidad de Navarra, 2026).

En 1217, le chevalier don Ladrón, fils de don Pedro Ladrón, est seigneur du Castillo de Javier. Il le livre en gage à Sancho le Fort (roi de Navarre) contre 2 100 morabetins alfonsís, en se réservant le droit de rachat sous deux ans. Le document décrit un château déjà complet. Un renforcement des défenses extérieures (fossé, mur de circunvallation) est prévu (Recondo, 1957).

En 1223, l’infant d’Aragon don Fernando devient seigneur du château et l’engage à son tour au roi contre 9 000 sous sanchetes, avec la possibilité de le racheter sous un an. Ces transactions montrent que le Castillo de Javier était un château de seigneurie (et non royal), temporairement lié à la couronne pour des raisons économiques (Recondo, 1957).

En 1223, l’infant d’Aragon don Fernando devient seigneur du château et l’engage à son tour au roi contre 9 000 sous sanchetes, avec la possibilité de le racheter sous un an. Ces transactions montrent que le Castillo de Xavier était un château de seigneurie (et non royal), temporairement lié à la couronne pour des raisons économiques (Recondo, 1957).

En 1236, Théobald Ier (roi de Navarre) fait une donation à vie du château à don Adam de Sada, confirmant son statut de propriété noble (Recondo, 1957).

NB : La source Universidad de Navarra indique que le château et ses terres sont conférés en 1237 à la famille Aznárez de Sada, qui, avec les familles suivantes, forme un lignage de 29 générations (Universidad de Navarra, 2026).

En 1251, Théobald Ier cède à don Martín Aznáriz le château et la villa et la abadía en échange du lieu d’Ordoiz (près d’Estella). Ce troque est confirmé par un document inédit de 1325 (Information sur le Patronat d’Ordoiz), où des témoins attestent que Martín Aznáriz a possédé Ordoiz pendant longtemps avant l’échange, et que le château de Javier était déjà un « manerium » (domaine seigneurial habité) (Recondo, 1957).

À la fin du XIIIe siècle, le Castillo de Javier est un château mixte. Il a des fonctions défensives avec sa Tour de l'Hommage, sa première enceinte, un fossé, un mur de circonvallation, et des tours avancées. Il a aussi des fonctions résidentielles avec des salles, des chambres et des appartements, faisant de lui un « manerium » (équivalent du « manoir » français). L'édifice est à mi-chemin entre un château purement défensif et un palais résidentiel. A cette époque, les éléments architecturaux principaux sont la Tour de l'Hommage avec son enceinte proche, le polygone avant (Sud)  de forme irrégulière, avec une façade trapézoïdale atteignant 11 mètres de haut, le polygone arrière (Nord), la tour de l’Est (Torre de Undués), la tour de l’Ouest (Torre del Santo Cristo), et un corps intermédiaire entre le polygone avant et la tour de Undués (Recondo, 1957).

| 1300 à 1400

En 1325, une enquête est menée sur le patronat d’Ordoiz (« capelle seu albaciae de Ordoiz »). Les témoins, comme Pedro de Sarrapuz (60 ans), confirment que Martín Aznáriz a possédé Ordoiz longtemps avant son échange contre Javier, et que ce dernier était bien un « manerium » (domaine seigneurial) avec un château déjà construit (Recondo, 1957).

| 1400 à 1500

En 1455, le château est partiellement détruit lors de la guerre civile entre Beamontais et Agramontais. La première enceinte extérieure, la plus proche du château, est partiellement détruite (Universidad de Navarra, 2026).

Au cours du dernier tiers du XVe siècle, les familles Azpilcueta et Jaso entreprennent la reconstruction, en conservant les éléments architecturaux originels mais en les agrandissant et en ajoutant des compléments. La seconde enceinte extérieure, la plus éloignée du château, est notamment reconstruite au cours de cette période, ainsi que le olygone nord et la tour d'Undués, cette dernière remplaçant une tour médiévale antérieure et similaire à la tour du Christ (Universidad de Navarra, 2026).

En 1463, Martín de Azpilcueta épouse Juana Aznárez de Sada et initie la reconstruction du château (Universidad de Navarra, 2026).

En 1484, Juan de Jaso épouse María de Azpilcueta et achève la modernisation du château sur deux décennies (Universidad de Navarra, 2026).

A la fin du XVe siècle, un mur intérieur est édifié dans le polygone nord, créant un espace utilisé comme magasins, écuries et zone de service (Universidad de Navarra, 2026).

Entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, le Palais Neuf, destiné à agrandir et améliorer la résidence seigneuriale au sein du château, est édifié. La chapelle du Saint-Christ est probablement édifiée également, la construction étant attribuée à Juan de Jaso (Universidad de Navarra, 2026).

| 1500 à 1600

Au début du XVIe siècle, le château atteint son maximum de splendeur (Unversidad de Navarra, 2026).

En 1506, le 7 avril, le futur saint François Xavier (1506–1552) nait dans le Palais Neuf. Son activité missionnaire en Inde, aux Moluques et au Japon, ainsi que son influence par ses lettres et ses miracles, en feront le patron de la Navarre et des missions catholiques, étendant son culte dans toute l’Église (Unversidad de Navarra, 2026).

En 1516, le château est partiellement démoli (Unversidad de Navarra, 2026; Recondo, 1957) et privé de ses défenses extérieures. Les fossés sont comblés avec les pierres des murs, les meurtrières bouchées, les mâchicoulis détruits. La Tour de l'Hommage est réduite de moitié en taille. Le château passe de forteresse militaire à palais seigneurial (Unversidad de Navarra, 2026). Sancho Ramírez (parent de saint François Xavier au 4ᵉ degré) témoigne que les armoiries et insignes du château étaient sculptées dans la chapelle San Miguel et sur le retable de cette chapelle. Il confirme que la chapelle a persisté « en temps et vie de don Joan de Jasso et doña María de Azpilcueta sa femme, comme après leur mort en temps de Miguel de Xabier » (Recondo, 1957).

En 1535, Joan de Azpilcueta (seigneur du Palais de Sada, parent de François Xavier) témoigne dans le procès de noblesse de saint François Xavier. Ce document est la première mention écrite de la chapelle San Miguel à l’intérieur du château (Recondo, 1957).

Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, les seigneurs cessent d’y résider en permanence, laissant souvent la place à des administrateurs (Unversidad de Navarra, 2026).

En 1575, le 26 septembre, est écrit le testament d'Ana de Javier (nièce de saint François Xavier). Ce testament confirme l’emplacement de la chapelle San Miguel « au pied de la tour » (la Tour de l'Hommage) et son usage pour des cérémonies religieuses (messes, funérailles) (Recondo, 1957).

| 1600 à 1700

En 1606, le missionnaire Nicolas Trigault décrit le château dans sa Vita Gasparis Barzaei. Il y indique la présente de deux chapelles, une majeure et une mineure. La chapelle majeure pourrait être celle du Santo Cristo (plus grande) tandis que la chapelle mineure est probablement San Miguel, située « en el interior de la casa » (dans la première enceinte (Recondo, 1957).

En 1615, un inventaire du château mentionne pour la première fois la « salle du Père François Xavier » (« sala del Padre Fray Francisco Xavier »), confirmant que certaines pièces étaient déjà dédiées à la mémoire du futur saint (Recondo, 1957).

En 1619, saint François Xavier est béatifié. Le château prend une nouvelle fonction et devient lieu de culte. En 1619, une première chapelle est aménagée. Le Palais Neuf est ensuite progressivement défiguré pour agrandir la chapelle (plants basse et premier étage) (Unversidad de Navarra, 2026).

En 1622, saint François Xavier est canonisé (Unversidad de Navarra, 2026).

En 1625, Viturián de Echenagusía (architecte de Lumbier, ayant travaillé au monastère de Leyre) signe un contrat avec Juan de Berroeta pour des travaux au château. Il s’engage notamment à drainer les eaux autour de la chapelle San Miguel) (Recondo, 1957).

En 1626, une liquidation des travaux est établie. Parmi les paiements, Pedro Ríos, un tailleur de pierre, est payé cent ducats pour puiser l’eau dans la grande salle à côté de la chapelle de saint François Xavier. Ces travaux confirment l’existence de problèmes d’infiltration d’eau dans le château, notamment autour des chapelles (Recondo, 1957)En 1626, un nouveau sous-sol, utilisé comme cave, est creusé sous le polygone nord (Unversidad de Navarra, 2026).

En 1627, une troisième phase de travaux est mentionnée, sans détails supplémentaires (Recondo, 1957).

En 1684, une deuxième chapelle est aménagée. Une coupole et une voûte sont construites pour la chapelle, nécessitant de renforcer les murs avec des contreforts (Unversidad de Navarra, 2026).

| 1700 à 1800

Au cours du XVIIIe siècle, le Castillo de Javier commence à tomber en ruine, certaines parties étant utilisées comme étables ou entrepôts. Des restaurations mineures sont effectuées, mais sans respect strict de l’architecture originale (Recondo, 1957).

| 1800 à 1900

Entre 1883 et 1885, des photographies du château sont prises, montrant son état avant les grandes restaurations. La façade sud est en mauvais état, avec des murs érodés et des créneaux disparus. La Tour de l'Hommage est partiellement enterrée, avec des modifications architecturales (ajout de fenêtres, portes) (Recondo, 1957).

Entre 1891 et 1904María del Carmen Azlor de Aragón, 15e duchesse de Villahermosa, décide de restaurer le château et de construire une basilique et un collège. Elle confiera l’ensemble à la Compagnie de Jésus (Unversidad de Navarra, 2026).

Entre 1890 et 1892, modifications de la façade et ouverture d’une porte extérieure (Unversidad de Navarra, 2026).

Entre 1890 et 1892, l’architecte Ángel Goicoechea réalise des plans détaillés du château avant sa restauration. Il propose de reconstruire les créneaux, de consolider les murs et de réparer les toitures. Cependant la restauration entraînera des soucis. Ainsi, sur les façades sud et est, les murs en maçonnerie irrégulière sont remplacés par un appareil isodome (pierre de taille régulière), faussant l’authenticité historique, et les façades nord et ouest, moins restaurées, conservent des traces de l’appareil original (Recondo, 1957).

En 1893, le 29 décembre, une légende naît autour de la Tour de l'Hommage. Le jour de l’arrivée des Jésuites (propriétaires du château depuis 1893), un feu est allumé dans la tour, et un repas franciscain est partagé avec les enfants pauvres de Xavier. Ce repas, inspiré par la tradition de saint François Xavier, donne naissance au mythe de « la cocina del santo » (la cuisine du saint), bien que la pièce en question soit en réalité la chapelle San Miguel (Recondo, 1957).

Entre 1896 et 1900, l’architecte Ángel Goicoechea construit la basilique. Le Palais Neuf, dont il ne reste plus grand chose, est démoli pour permettre cette construction (Unversidad de Navarra, 2026).

| 1900 à 2000

En 1901, le 19 mars, la basilique est consacrée. Elle reçoit peu après le titre de basilique du pape Léon XIII (Unversidad de Navarra, 2026).

En 1928, Marcelo Guindano (né en 1855, mort en 1928), habitant de Javier, transmet une tradition orale qui identifie le « Cuarto del Santo » (une pièce au pied de la Tour de l'Hommage) comme la chambre de jeunesse de saint François Xavier (Recondo, 1957).

En 1951, le 13 novembre, des sondages archéologiques révèlent les grands moellons de la Tour de l'Hommage, marquant le début de la « contre-restauration » (mouvement visant à supprimer les ajouts du XIXᵉ siècle pour retrouver l’aspect original) (Recondo, 1957).

Entre 1952 et 1955, Recondo effectue des fouilles qui découvrent les fondations des défenses extérieures, permettant leur reconstruction (Unversidad de Navarra, 2026). Ainsi, en 1952, la base de la Tour de l'Hommage est dégagée, mettant au jour l’appareil à grand tenon (tizones traversant toute l’épaisseur du mur), la porte d’origine en hauteur (aujourd’hui disparue, remplacée par une porte moderne au sol), et des traces de maçonnage interne (la tour était initialement pleine à la base, avec des étages en bois) (Recondo, 1957).

Dans les années 1950 à 1960, la contre-restauration permet la suppression des ajouts du XIXᵉ siècle (murs en pierre de taille régulière, joints peints en noir), la restauration des murs originaux en maçonnerie irrégulière, le dégagement des fossés et des structures médiévales. Elle permet aussi la découverte du « paso del cojo » (un conduit d’eau médiéval est trouvé sous la salle du Santo Cristo, confirmant les mentions de 1625 et ce conduit prouvant que la chapelle San Miguel avait un système de drainage ancien). La chapelle San Miguel (située au pied de la Tour de l'Hommage) est transformée en un hall d’accès à d’autres dépendances du château. Deux escaliers sont construits. Un premier escalier, adossé au mur ouest, mène à la nouvelle basilique, avec laquelle il communique directement par le chœur. Un second escalier, s’appuyant sur la façade sud de la tour du hommage, monte aux nouvelles habitations du niveau supérieur du premier enceinte (Recondo, 1957).

Dans les années 1960, le village de Javier et le palais ducal sont déplacés pour dégager une esplanade accueillant les pèlerinages (Javieradas) (Unversidad de Navarra, 2026).

Dans les années 1970, les décorations et peintures baroques de la chapelle Saint-Christ sont retirées, découvrant les fresques originales (notamment, la Danse Macabre) (Unversidad de Navarra, 2026).

| 2000 à Actuel

En 2005, le polygone nord est restauré et transformé en musée dédié à saint François Xavier. L’orientation initiale du toit au-dessus de la Salle Grande est également récupérée, créant un nouvel oratoire pour les célébrations religieuses (Unversidad de Navarra, 2026).


TOPONYMIE

| San Francisco Javier

Saint François Xavier (1506–1552) est une figure majeure des missions chrétiennes. Après des études de théologie à Paris, où il fonde la Compagnie de Jésus avec d'autres compagnons, dont Ignace de Loyola et Pierre Favre, il part en 1541 évangéliser l’Asie. À Goa, puis en Inde, aux Comores, à Ceylan, Malacca et aux Moluques, il convertit de nombreux habitants et fonde des églises et des écoles. En 1549, il atteint le Japon, où il convertit des milliers de personnes malgré l’opposition locale. Son rêve d’évangéliser la Chine reste inachevé : il meurt en 1552 sur l’île de Sancian. Canonisé en 1622, il est devenu le patron des missions et un symbole de l’expansion du christianisme en Orient (Wikipedia, 2026; de Marliave, 1995).

| Javier

Javier est le nom du village où se situe château. Exavierre, Exaberri sont des variantes anciennes du nom, mentionnées dans des documents du IXᵉ et Xᵉ siècles, comme dans le testament de Ramiro Ier (XIᵉ siècle) : « Et dimitió aibar et exabirri lateri cum omnibus earum villis ». Le nom Javier, Xavier (ou Xabier en basque) est attestée dès le IXᵉ siècle dans des documents comme celui de Galindo Aznar (867) : « Exavierre Gayo usque ad locum qui dicitur Aqua torta ». Son étymologie pourrait provenir du basque echeberría qui signifie maison nouvelle. Ce toponyme pourrait être en rapport avec la présence d'un château primitif dont les ruines ont été découvertes dans la zone nommée El Castellar, un peu plus au sud (Recondo, 1957).


SITUATION



TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Castillo de Javier.
ATTENTION ! Site historique. Merci de respecter le lieu. Pas de dégradation, pas de prélèvement.

Itinéraire Km D+ Altitude max D+/Km Cotation Chiens
Castillo de Javier, Ugarte 16 400 629 25 T1/T2 Autorisé


MÉTÉOTutoriel météo

Santuario San Urbez de Nocito (meteoblue)

PHOTOS

Basilique, Château, depuis le sud (19/02/2025)

Basilique, Château, depuis le sud-est

Château, depuis l'est

Château, Basilique, depuis le nord-ouest (19/02/2025)

Basilique, depuis le nord (19/02/2025)

Basilique, depuis le nord-ouest  (19/02/2025)

Basilique, depuis l'ouest (19/02/2025)

Basilique, Château, depuis le sud-ouest (19/02/2025)

Basilique, Château, depuis le sud-ouest (19/02/2025)

Basilique, Château, depuis le sud/sud-ouest (19/02/2025)

Basilique, Château, depuis le sud (19/02/2025)


SOURCES

(Les sources sont classées par ordre alphabétique d’auteur.)


REMERCIEMENTS

Cette page sur le Castillo de Javier s’appuie sur les travaux des chercheurs et des sites internet cités en référence dans les sources. Un grand merci à tous ces personnes pour leurs travaux approfondis.

Les informations présentées ici sont le fruit d’un travail de synthèse et de recherche, nourri par des échanges avec l'outil d’intelligence artificielle Le Chat, assistant conversationnel développé par Mistral AI.


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