Château Sainte-Marie de Esterre

CHÂTEAU SAINTE-MARIE DE ESTERRE
750m

23 mars 2023

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.

DESCRIPTION

L'édifice
Les ruines du château, situées sur un éperon rocheux et à l'aplomb d'une falaise, au-dessus des communes de Luz-Saint-Sauveur et de Esterre, sont composées de deux tours, une carrée et une ronde, d'une muraille les reliant, et de deux terrasses, une haute et une basse (SML, PVG).

L'entrée
L'accès à l'intérieur et sur la terrasse haute du château s'effectue par une ouverture de plein ceintre de 3,50m de haut et de 1m50 de large, dans la muraille (SML, PVG).

La muraille
La muraille, ou courtine, qui relie les deux tours, est constituée de deux murs accolés. De 15m de long pour et de 7m de haut, elle est trouée d'une dizaine de corbeaux, servant peut-être autrefois à soutenir un chemin de ronde ou un toit. Des arrachements laissent supposer la présence d'une salle accolée au mur (SML, PVG).

La tour carrée
La tour carrée, ou donjon, située au nord, de 12m de haut environ, de 6,50m de long sur 5,40m de large, crénelée à l'est et ponctuée de meurtrières, est construite en plusieurs niveaux, l'épaisseur des murs diminuant à chaque étage (SML, PVG). La tour carrée est mentionnée pour la première fois en 1180 (PI), tandis que la porte au niveau du sol est datée du XIXe siècle (SML, PVG).

La tour ronde
La tour ronde, située au sud, crénelée, de 10m de haut et d'environ 4,70m de diamètre, possède des latrines en forme de mâchicoulis, sur la face est de la tour qui domine la falaise. Sur son côté sud, la base du mur de la tour est talutée et, à la base de la tour, à l'intérieur du château, apparaît l'arrachement d'une courtine (SML, PVG). La tour ronde serait datée du XIVe siècle (PI).

Les terrasses
L'intérieur du château est constitué de deux terrasses, une haute et une basse, avec une dénivellation de 2m de haut entre les deux. Elles sont reliées par un petit escalier et délimitées par des murets modernes, probablement situés sur l'emplacement des anciennes murailles (SML, PVG).


HISTOIRE

900 à 1000
Au Xe siècle, le château est peut-être édifié par les comtes de Bigorre (LPT, GPR).

1000 à 1100
En 1026, selon le cartulaire de l'église de Saint-Pé, la dédicace de l'église de Saint-Pé a lieu. Selon ce cartulaire, parmi les seigneurs présents à cette dédicace, se trouve Odo de Barège, seigneur du château de Sainte-Marie (LPT).

1100 à 1200
Avant 1167, à une date inconnue, est fondé une chapelle Saint-Martin. Par la suite, cette chapelle devient le prieuré Sainte-Marie, situé devant le château ou devant le futur emplacement du château (PVG).

En 1167, dans une bulle du pape Alexandre III, le prieuré Sainte-Marie est cité (PVG).

Avant 1178, le château Sainte-Marie est peut-être édifié ou agrandi par Centulle III, comte de Bigorre, peut-être pour protéger la vallée des actes d'indépendance des barégeois, qui s'étaient déjà manifestés auparavant contre Béatrice, comtesse de Bigorre, et son fils Centulle II, et peut-être pour protéger la vallée des incursions aragonaises (PVG).

En 1180, le donjon carré du château est mentionné pour la première fois (PI).

1200 à 1300
En 1284, le château est mentionné dans un des documents du procès de Bigorre. A cette date, Constance de Moncade délivre le comté de Bigorre au commissaire du roi d'Angleterre, la saisine ne comprenant pas Sainte-Marie de Barèges car, comme Mauvezin, il est déjà occupé par les troupes anglaises (LPT).

1300 à 1400
En 1300, une enquête royale de Philippe le Bel (BSHP, PVG), indique que le Lavedan et Barèges disposent de 5.000 feux (BSHP) et que la garde du Château Sainte-Marie coûte 7 sous par jour (BSHP), ou 7 sols tournois (PVG), pour une garnison de 4 hommes (PVG).

Au cours du XIVe siècle, le château est modifié. L'enceinte quadrangulaire, la tour ronde et un logis appuyé à la courtine sont édifiés. La tour ronde est alors munie de latrines et est couverte de lauzes (PI).

Au début du XIVe siècle, le Château Sainte-Marie est peut-être occupé par les Hospitaliers-de-Saint-Jean-de-Jérusalem (PVG).

En 1360, après le traité de Brétigny, le Château Sainte-Marie passe sous domination anglaise, avec Jean de Béarn, gouverneur de Lourdes (PVG). Par la suite, au cours de la domination du château par les Anglais, il sert peut-être, à plusieurs reprises, de repaires pour des soldats transformés en brigands (PVG, GPM), peut-être commandés par Jean de Béarn, et qui rançonnent peut-être tous ceux qui se réclament du comte de Foix ou du roi de France, parmi les habitants des Sept Vallées (GPM).

1400 à 1500
En 1404, en juin, Jean de Bourbon, comte de Clermont, capitaine général en Guyenne et en Languedoc, après avoir chassé les Anglais du Limousin, vient à la tête d'un grand nombre de gens d'armes par le Col du Tourmalet dans les Sept Vallées, où il fait des promesses aux montagnards (BSHP, GPM), leur promettant de confirmer leurs franchises et libertés, au nom du roi de France (GPM). Puis, avec l'aide des barégeois commandés par Augé de Coffite, en Lavedan, il prend le château de Sainte-Marie (BSHP, PVG, GPM). Le château est alors brûlé (PVG). Jean de Bourbon dédommage Augé de Coffite et ses hommes par un don de 562 livres (GPM).

1500 à 1800
A la fin du XVIe siècle, le château est considéré comme muraille ruinée (PVG).

Au XVIIe siècle, le château, en ruines, est la propriété de l'Abbaye de Saint-Savin (PVG).

A la Révolution, le château est vendu comme bien national et le prieuré Sainte-Marie, situé devant, est transformé en grange (PVG).

1800 à 1900
Vers 1800, la chapelle du château, en ruines, est détruite (SML, PVG).

Au XIXe siècle, une porte est installée au niveau du sol de la tour carrée (SML).

En 1843, Victor Hugo visite le château et en fait quatre dessins (PVG, GPM).

Vers 1880-1890, les demoiselles Fabas, propriétaires du château, font construire une niche devant le château et y placent une statue de Notre-Dame de la médaille miraculeuse (SML, PVG).

1900 à 2023
En 1930, le 16 octobre, le château est inscrit aux Monuments historiques. Les ruines appartiennent alors à Mr Maumus, greffier au tribunal de Tarbes. Par erreur, dans la notice des Monuments historiques, les ruines du château sont situées sur la commune de Luz-Saint-Sauveur (BM).

Vers 1980, la statue de Notre-Dame de la médaille miraculeuse, placée dans la niche située devant le château, est détruite par des jeunes de colonies de vacances (SML, PVG).

En 1988, les ruines du château, propriété de la famille Fantobo, sont abandonnées et remplies de ronces. Au cours de l'année, la commission syndicale, présidée par Claude Massourre, conclut un bail de location de 30 ans avec la famille Fontobo. Par la suite, des travaux, sous l'autorité de l'architecte des Bâtiments de France, permettent de nettoyer et de consolider les ruines, d'y apporter un éclairage et de créer des sentiers d'accès (DMQ, PI).

En 2018, suite à la fin du bail de location de 30 ans, signé en 1988, Raymond Theil, maire de Esterre, signe un contrat de prêt d'usage avec Pierre Fantobo, représentant aussi ses cousins descendants Vergé-Sarrat, dont la famille est propriétaire du château de Sainte-Marie (DMN).

En 2020, le 22 septembre, la Commune de Esterre achète les ruines du château Sainte-Marie (BM, PI) aux enfants et petits-enfants de Yvonne et Suzanne Vergé-Sarrat, derniers propriétaires du château, pour 1 euro symbolique (PI).

En 2023, le 28 mars, l'inscription aux Monuments historiques du château est modifiée et, dans la notice des Monuments historiques, les ruines du château sont dorénavant situées sur la commune de Esterre (BM).


TOPONYMIE

Le nom Sainte-Marie viendrait du fait qu'autrefois, devant le château, se trouvait un prieuré Sainte-Marie (SML). Esterre est le nom du village où se situe le château. Esterre était nommé Sterra au XIIe et au XIIIe siècle. Esterre pourrait ainsi venir du latin stera signifiant borne (LPT, AHP). Or le village appartenait autrefois pour moitié au Vic de la Batsus et pour moitié au Vic deth Pla (LPT). Une autre possibilité serait que Esterre vient du radical prélatin -est, probablement oronyme ou hydronyme (AHP). Une autre possibilité serait que Esterre vient du basque asta qui signifie rocher et du basque arri qui signifie caillou (LPT).


SITUATION



MÉTÉOTutoriel météo

Château Sainte-Marie de Esterre (meteoblue)

TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Château Sainte-Marie de Esterre.

Itinéraire Km D+ Altitude max D+/Km Cotation Chiens
Château Sainte-Marie, Soum de Moustayou 13,5 1300 1821 96,30 T2/T3 Autorisé


SOURCES

LPT : Jean-Louis Massourre. Le Pays Toy. Langues et civilisations romanes, 1999, seconde édition 2014.
PVG : Les châteaux médiévaux, le château fort de Sainte-Marie. Site internet Patrimoines du Pays des Vallées des Gaves. Article en ligne.
SML : Le château Sainte-Marie. Site internet Loucrup65. Article en ligne.
BSHP : A. et F. Meillon. L'abbaye de Saint-Savin en Lavedan jusqu'à la Révolution. Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, Imprimerie Lesbordes, 1933. Version en ligne BNF/Gallica.
BM : Restes du château Sainte-Marie. Base Mérimée. Notice en ligne.
DMN : Nouvel avenir pour le château Sainte-Marie. La Dépêche, 2018. Article en ligne.
DMQ : Quel avenir pour le château de Sainte-Marie ? La Dépêche, 2018. Article en ligne.
GPM : Bernard Duhourcau. Guide des Pyrénées mystérieuses. Editions Sand, 1985.
GPR : Julie Vivier, Sylvain Lapique. Guide des Pyrénées romanes. Editions Privat, 2011.
AHP : Esterre. Archives et patrimoines des Hautes-Pyrénées. Département des Hautes-Pyrénées. Archive en ligne.
PI : Panneaux informatifs.


PHOTOS

Tour carrée, entrée, muraille (23/03/2023)

Tour carrée, entrée, muraille, tour ronde (23/03/2023)

Muraille, tour ronde (23/03/2023)

Château (23/03/2023)

Château (23/03/2023)

Porte de la tour carrée (23/03/2023)

Porte de la tour ronde (23/03/2023)



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