Camp de Gurs

CAMP DE GURS

Cimetière du camp


INFOS

Situé en Béarn, le Camp de Gurs était un camp d'internement administratif qui fonctionna du 2 avril 1939 au 31 décembre 1945, date à laquelle il fut définitivement fermé. Avec ses 2km de long sur 500m de large, il fut l'un des plus vastes que la France ait connu à cette période. Il se composait de 13 îlots, dénommés chacun par une lettre de l’alphabet, de A à M, chaque îlot comprenant 25 baraques environ. Ces baraques d’internement étaient en bois, mesuraient 30m de long sur 6m de large, et pouvaient recevoir jusqu'à 60 personnes.

Quatre groupes principaux d'internés s'y sont plus ou moins succédés au gré des changements politiques de l'époque. Du 2 avril 1939 au 10 mai 1940, les internés furent principalement des républicains espagnols et des volontaires des Brigades internationales, c'est-à-dire des réfugiés de la guerre civile espagnole. Au total, 27 350 personnes, exclusivement des hommes. Du 10 mai 1940 au 1er septembre 1940, alors que la France était en guerre contre l'Allemagne, les internés furent principalement des indésirables, en très grande majorité des femmes originaires d'Allemagne, d'Autriche et de Pologne. À leurs côtés, quelques centaines d’hommes furent internés pour délits d'opinion. Au total, 14 795 hommes et femmes. Du 1er septembre 1940 au 25 août 1944, alors qu'une partie de la France était occupée par l'Allemagne et que l'autre partie était dirigée par le gouvernement de Vichy, les internés furent les juifs étrangers. Au total, 18 185 hommes, femmes et enfants internés en raison de l’antisémitisme d'état pratiqué par le régime de Vichy. Un grand nombre sera déporté vers Drancy, ultime étape avant Auschwitz et Maidanek, à partir de 1942. Enfin, du 25 août 1944 au 31 décembre 1945, alors que la France est libérée, les internés furent des collabos et quelques centaines d'antifranquistes espagnols. Au total, 3 370 personnes, exclusivement des hommes.

Il ne reste plus grand chose du camp, qui a été détruit en 1950 pour des raisons de salubrité. Les seuls vestiges qui ont traversé le temps sont l'allée centrale du camp, bitumée, et un petit abri de bois qui était l'une des 2 baraques du Secours suisse aux enfants, l'une des différentes Œuvres philanthropiques, comparables aux ONG actuelles, qui s'étaient installées sur le site. L'aménagement du reste du site a été réalisé à l'initiative de l'Amicale du Camp de Gurs. Le site du Camp de Gurs dispose ainsi d'un mémorial, édifié en 1994, et formé d'une voie ferrée longue de 180m, symbolisant la déportation, et reliant 2 grandes dalles portant des inscriptions commémoratives et la charpente d'une baraque symbolisant l'internement. Au bout de l'allée centrale du camp, au sud-est, se trouvent plusieurs colonnes d'hommage. Le site dispose également d'un parcours éducatif, réalisé en 2007 qui comprend un bâtiment d'accueil, un sentier de la mémoire, long de 400m, menant vers le cimetière du camp et agrémenté de 5 bornes explicatives, et un sentier historique, long d'1km, passant dans une baraque reconstituée à l'identique et agrémenté de 23 bornes explicatives.

Le cimetière regroupe les 1072 tombes des internés morts dans le camp entre 1939 et 1943. Il fut restauré en 1962 et comporte 2 stèles, celle des juifs, au centre, et celle des Espagnols et des Brigadistes, à droite.

Plan du Camp de Gurs en 1939


HISTOIRE

1938
Tout au long de l'année, le parlement et le gouvernement français ne cessent de discuter sur les mesures à prendre à l'égard des étrangers désirant entrer en France et dont les demandes sont croissantes. Ils souhaitent ainsi définir une législation claire face à ces réfugiés dont font partie les républicains espagnols pourchassés par le franquisme mais aussi les juifs allemands et autrichiens persécutés par le régime nazi.

Des lois sont votées en avril et promulguées en octobre. Suivent 2 décrets d'application, rédigés au titre du contrôle et de la surveillance des étrangers. Le premier est relatif à l’organisation de brigades de gendarmerie-frontière, afin d’assurer un barrage étanche sur toutes les frontières, particulièrement le long des Pyrénées. Le second est un décret qui distingue nettement deux catégories d'étrangers résidant sur le sol français. D’une part, selon ce décret, il y a la partie saine et laborieuse de la population étrangère, c’est-à-dire les étrangers dont les titres de séjour sont en règle et qui disposent d’un contrat de travail dûment signé avec une entreprise précise, et, d'autre part et toujours selon ce décret, il y a les étrangers indésirables qui doivent être surveillés étroitement. Leur mariage avec des ressortissants français est redéfini et sévèrement réglementé. Pour eux, les règles d'acquisition de la nationalité française sont modifiées de façon restrictive, les procédures de déchéance de la nationalité française sont simplifiées et la naturalisation ne comporte plus, désormais, l'octroi immédiat du droit de vote. Une sous-catégorie d’indésirables est même fixée dans ce décret, celle de ceux qui sont dans l’impossibilité de trouver un pays qui les accepte. Il est prévu qu’ils soient dirigés vers des centres spéciaux, où ils feront l’objet d’une surveillance permanente. Pour eux, l’assignation à résidence est considérée comme inadaptée, puisqu’elle leur offrirait, selon l'administration, une liberté encore trop grande. Ce terme d'indésirable, clairement explicité dans le décret de 1938, disparaîtra cependant par la suite dans les notes et circulaires administratives au profit de réfugié ou demandeur d'asile, pour revenir avec force en 1940.

1939
En janvier, les troupes nationalistes espagnoles remportent la victoire face à l'armée républicaine et entrent dans Barcelone, ce qui met fin à la guerre civile qui enflamme le pays. De nombreux républicains et leurs familles fuient alors la répression franquiste en Catalogne, qui est sanglante, et s'exilent en France. C'est la retirada, un immense exode d'un demi-million de combattants, de femmes et d'enfants qui se réfugient dans les Pyrénées orientales, à Port-Bou, au Perthus, à Mollo ou à Puigcerda.

Les autorités françaises se montrent d'abord hospitalières mais ne cachent pas leur inquiétude, une inquiétude partagée par les populations locales influencées notamment par des rumeurs sinistres sur ces réfugiés. Finalement, en février, la France décide de fermer ses frontières. Le plus gros des réfugiés est passé mais d'autres, en petit nombre, passeront encore, clandestinement pour la plupart. Des centres d'accueil sont aménagés à Argelès, à Prats-de-Mollo, à Bourg-Madame et à Saint-Cyprien. Mais tout y manque. Les conditions d'hygiène sont lamentables et le désordre est indescriptible. Rapidement, de nouveaux camps sont installés dans la région pour décongestionner les premiers, déjà saturés. Mais ceux-ci sont à leur tour très vite submergés.

Fin février, le général Ménard est nommé afin de coordonner l'ensemble des mesures concernant l'accueil des réfugiés espagnols. Il décide d'améliorer les conditions d'hébergement et décide de créer 6 grands centres d'accueil dans les départements proches des Pyrénées. C'est ainsi que la décision de construire un camp dans les Basses-Pyrénées, aujourd'hui nommées les Pyrénées-Atlantiques, est prise. Dans un premier temps, l'idée est d'y envoyer les Basques espagnols et de construire le camp à Ogeu. Mais la population locale, horrifiée notamment par les rumeurs relayées par la presse concernant ces réfugiés, s'y oppose. Finalement, c'est à Gurs que le camp sera édifié, malgré les protestations des locaux.

Mi-mars, la construction du camp débute sur un terrain inculte et inhospitalier, où l'eau de pluie stagne longuement avant de s'infiltrer dans le sol. Son organisation s'inspire du Camp du Barcarès, aménagé 1 mois auparavant. Les internés sont répartis en îlots autonomes pouvant accueillir 1500 personnes chacun, et chaque îlot accueille un certain nombre de baraques en bois qui sont conçues comme de simples abris, leur utilisation ne pouvant être que brève et le camp n'étant pas fait pour durer mais pour répondre à un besoin urgent et momentané, de quelques mois.

Du début avril à mi-avril, 4650 réfugiés sont installés dans les premiers îlots construits alors que des barbelés viennent fermer tout le camp et que le drainage des marécages est achevé. A la fin du mois,le 23 avril, ce sont 15023 espagnols qui y sont hébergés. Ceux-ci sont considérés par les autorités françaises comme faisant partie d'une armée internée et ils ne sont pas autorisés à gagner l'intérieur du pays. Ils ne sont donc pas considérés comme des réfugiés susceptibles de bénéficier du droit d'asile, mais comme des prisonniers. Le camp, de même que chaque îlot, sont donc ceinturés par des barbelés, gérés et gardés par des militaires et toute tentative d'évasion est punie d'une peine de mitard.

En six semaines, dans des conditions climatiques déplorables, la troisième agglomération des Basses-Pyrénées, après Pau et Bayonne mais avant Biarritz et Saint-Jean-de-Luz, est construite. Autour d'une allée centrale, bitumée sur ses 1,7km de long, 428 baraques ont été édifiées, 386 pour les réfugiés et 46 pour les gardiens et l'administration qui gèrent le camp, dont la capacité d'accueil est de 18000 internés. Pour la majorité de la population locale, la présence de ce camp est ressentie comme une agression et comme une souillure.

Le 10 mai, suite à de nouvelles arrivées, le commandant du camp estime que celui-ci est complet. 18985 internés sont alors recensés.

En juin, l'hôpital du camp est achevé. Jusque là, les malades et les blessés légers étaient soignés dans les infirmeries des îlots et les cas graves dirigés vers les établissements de Pau et d'Orthez. Cependant, cet hôpital sera ensuite réputé pour ses insuffisances et son manque de matériel.

Au cours de cette année 1939, la population des internés évolue au gré des départs et des arrivées. Les départs se font sous la forme de rapatriements en Espagne, de placements professionnels dans des entreprises françaises, de transferts dans d'autres camps, d'incorporations dans la Légion étrangère, d'hospitalisations, d'évasions et de décès. Le nombre des internés s'élève aux alentours de 17000 au cours de l'été pour décroître ensuite régulièrement. Ces internés sont répartis entre 4 groupes distincts, les basques espagnols de l'armée républicaine, les aviateurs de la flotte aérienne républicaine, les volontaires des Brigades internationales et les espagnols de l'armée républicaine qui ne rentrent pas dans les groupes précédents.

Le 1er septembre, l'Allemagne envahit la Pologne et, le 3, la France et l'Angleterre lui déclarent la guerre, ce qui bouleverse la situation des camps d'internement français, dont celui de Gurs qui interne, à ce moment-là, 15000 hommes. La présence des républicains espagnols sur le sol français devient une aubaine. Le 17 octobre, le gouvernement français crée les CTE, les Compagnies de Travailleurs Étrangers où la plupart des républicains espagnols encore enfermés dans les camps sont incorporés au cours des semaines suivantes puis envoyés sur les grands chantiers de la ligne Maginot ou de la côte atlantique. Le Camp de Gurs se vide ainsi peu à peu même si, chaque jour, de nouveaux réfugiés arrivent.

En décembre, les premières Œuvres philanthropiques, qui correspondent à l'époque aux ONG actuelles, font leur apparition dans le camp. La première à arriver est le Secours suisse aux enfants. Elle sera suivie, plus tard, par la Cimade, aussi nommée Secours protestant, le Service social d'aide aux émigrants, le Secours quaker, ou encore d'autres Œuvres. Celles-ci resteront sur le camp jusqu'au 1er novembre 1943.

1940
Le 1er janvier, les internés sont au nombre de 6220, puis, le 1er mai, au nombre de 2470, des volontaires des Brigades internationales pour la très grande majorité. Les installations sont très dégradées et les baraques en très mauvais état. Certains îlots sont totalement ou partiellement envahis par des friches herbeuses où pullulent rats et vermines.

Le 10 mai, l'Allemagne met fin à la drôle de guerre et lance ses armées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France. Le gouvernement français instaure alors un véritable état de guerre. Des mesures administratives draconiennes sont prises à l'encontre des étrangers et un climat de méfiance s'empare de toutes les administrations. Toute forme de tolérance est abandonnée et le terme indésirable du décret de 1938 pour désigner une catégorie d'étrangers mais jusque là non utilisé, refait surface. Les étrangers sont clairement définis comme suspects et indésirables, tout comme les français dont les idées politiques sont incompatibles, aux yeux de l'administration française, avec la sécurité publique d'un état en guerre. A partir de cette date, le Camp de Gurs se remplit à nouveau, mais dans une confusion totale, reflet de la confusion générale qui sévit en France. Chaque jour, de nouveaux internés sont amenés par convois de camions. Les internés qui peuplent le camp ne sont plus seulement des républicains espagnols mais des groupes totalement hétéroclites. On y trouve des réfugiés espagnols de l'époque précédente du camp, qui viennent d'être démobilisés des CTE, les Compagnies de Travailleurs Étrangers, et qui n'ont pas trouvé de nouveaux employeurs, des volontaires des Brigades internationales, en attente de transfert pour le Camp du Vernet, des gitans arrêtés dans des conditions mal connues, des réfugiés basques espagnols arrêtés dans la région par mesure préventive, des français en détention préventive pour des raisons diverses et variées, dont certains pour raison politique, principalement des militants communistes, et transférés des prisons de la Santé et du Cherche-Midi, et, en grande majorité, des ressortissants civils étrangers, des indésirables. Ce sont essentiellement des femmes, venant des pays contre lesquels la France est en guerre, c'est-à-dire des allemandes, des autrichiennes et des polonaises, et peu importe qu'elles soient pratiquement toutes des antinazis et qu'elles aient fuis leur pays il y a de nombreuses années, peu importe qu'elles se soient rendus d'elles-mêmes dans les centres d'accueil et les commissariats pour montrer leur bonne foi.

Pendant la seconde moitié du mois de mai, les volontaires des Brigades internationales sont transférés, par groupes successifs, dans le Camp du Vernet.

Le 22 juin, la France signe l'armistice avec l'Allemagne. La démilitarisation de la France qui s'ensuit modifie le fonctionnement des camps. Ce ne sont plus des militaires qui doivent gérer et garder les camps mais des civils. Cependant, la transition s'opère lentement.

Le 24 juin, le commandant Davergne, qui dirige le Camp de Gurs, apprend qu'une commission d'inspection allemande est prévue pour le lendemain. Les archives du camp peuvent alors devenir une extraordinaire source de renseignements pour les allemands et un énorme risque de sécurité pour les internés du Camp de Gurs, passés ou présents, qui peuvent être considérés comme de potentiels ennemis par les nazis. Des milliers de noms et d'adresses sont inscrits dans ces archives, que ce soit ceux des internés mais aussi ceux des familles, des amis ou des sympathisants. Le lieutenant Malaureille, sur ordre du commandant Davergne, procède alors à l'incinération des archives. Plus de 42000 dossiers individuels sont ainsi détruits.

Suite à l'armistice et durant 2 semaines, il y a des départs massifs du Camp de Gurs. Ils sont dus à la confusion extrême des services préfectoraux et à l'initiative du commandant du camp, le commandant Davergne, qui procède à une libération massive en signant toutes les demandes de libération qu'on lui présente. Ce militaire, futur résistant au sein de l'ORA, semble avoir pris la décision de son propre chef, car on ne trouve rien de comparable dans l’histoire des autres camps, en particulier à Saint-Cyprien, au même moment. De nombreuses femmes ressortissantes civiles étrangères sont ainsi libérées. Et les réfugiés basques espagnols profitent aussi de ces libérations et quittent donc massivement le camp dans les derniers jours de juin. Ils passent la ligne de démarcation encore fantôme. Certains retrouvent à Bayonne leurs familles ou leurs amis, d'autres s'efforcent de s'embarquer vers l'Amérique du Sud ou l'Angleterre, d'autres s'installent progressivement dans la clandestinité et on les retrouvera, quelques mois plus tard, dans les réseaux de résistance locaux.

A ces libérations s'ajoutent les transferts des prisonniers français en détention préventive vers d'autres camps dès la fin du mois de juillet et qui se poursuivront jusqu'en décembre. Tous ces départs mènent à ce que le Camp de Gurs se vide à nouveau durant l'été 1940 et, le 1er octobre, il ne reste plus que 3594 internés dans le camp.

Au cours du mois d'octobre, le gouvernement de Vichy promulgue une loi élaborée par le garde des sceaux Raphaël Alibert et portant sur le statut des juifs, instaurant ainsi un antisémitisme d'état. En parallèle, un décret-loi est également publié. Celui-ci autorise le préfet de chaque département d'interner ou d'assigner à résidence les juifs étrangers. Une note vient, à la fin du mois, préciser le fonctionnement des camps d'étrangers, au nombre de 6. Ainsi, le Camp du Vernet est qualifié de camp répressif, le Camp de Gurs, de camp semi-répressif, les Camps de Bram, Argelès et Saint-Cyprien de camps d'hébergement et le Camp des Milles de camp pour les personnes en instance d'immigration. Immédiatement, à la fin du mois, 10945 internés arrivent au Camp de Gurs. La grande majorité, au nombre de 6538, sont des juifs allemands transférés depuis le Pays de Bade, la Sarre et le Palatinat, à la demande des allemands. En effet, les autorités nazies qui administrent ces territoires ont décidé de les vider définitivement de toute présence de juifs. Une autre partie des nouveaux arrivants, au nombre de 3870, sont des internés transférés du Camp de Saint-Cyprien qui vient d'être quasiment détruit par des inondations. Ce sont des ressortissants civils, des indésirables allemands, essentiellement des hommes, internés depuis le mois de mai comme ceux du Camp de Gurs.

Les effectifs des internés du camp sont à cette période hétéroclites. Il reste toujours des républicains espagnols du début du camp. Les hommes de ce groupe sont affectés dans la compagnie de travail du camp tandis que la majorité des femmes et leurs enfants est rapidement transférée dans le Camp de Rivesaltes, désormais spécialisé dans les réfugiés espagnols. Il reste également des ressortissantes civiles, allemandes, autrichiennes et polonaises, internées depuis le mois de mai et qui n'ont pas profité des libérations de l'été. Au cours de novembre et décembre, les derniers français en détention préventive quittent le Camp de Gurs pour être transférés au Camp de Mauzac et au Camp de Nexon à partir desquels ils seront traduits devant les tribunaux.

1941 à 1943
Le Camp de Gurs continue de recevoir de nombreux internés qui arrivent régulièrement. Ce sont des juifs étrangers, arrêtés par la police de Vichy, à la suite d'une rafle ou au détour d'un contrôle d'identité. Au total, ce seront 18185 personnes qui seront emprisonnés de fin octobre 1940 jusqu'à fin octobre 1943.

Le 20 janvier 1942, Hitler et les hauts dignitaires nazis décident de la politique d'extermination des juifs lors de la conférence de Wannsee. Les conséquences de cette décision se font rapidement sentir en France et les déportations débutent en mars en zone occupée et en août en zone non-occupée. Dans le Camp de Gurs, ces déportations sont effectuées de début août 1942 à début mars 1943. 6 convois, transportant au total 3907 prisonniers, sont ainsi expédiés vers Drancy, ultime étape avant Auschwitz et Maidanek.

A la fin de l'été 1943, le Camp de Gurs abrite une centaine d'internés. Dans la nuit du 25 septembre 1943, en moins d'1h, 2 groupes de maquisards de l'Armée secrète de Pau et de Mauléon s'attaquent au camp, neutralisent les gardiens sans aucun coup de feu et s'emparent de toutes les armes entreposées. Le chef de camp est révoqué ainsi que plusieurs gardiens et, le 1er novembre 1943, le Ministère de l'Intérieur décide de la dissolution du camp. Les Œuvres philanthropiques, en place depuis décembre 1939, quittent le camp. Celui-ci n'est cependant pas fermé et est entretenu en prévision d'une remise en service éventuelle.

1944 à 1945
Le 9 avril 1944, le Camp de Gurs est à nouveau ouvert afin d'interner 78 gitans. Le 5 juin, ce sont 151 femmes qui arrivent du Camp de Brens et qui sont internées dans le camp. Tous s'évadent le 25 juin lorsque les troupes allemandes attaquent le maquis de l'Hôpital-Saint-Blaise et alors que les gardiens du camp ont également pris la fuite.

Le 26 août 1944, le département des Basses-Pyrénées est libéré. 3 nouveaux groupes de prisonniers sont ensuite enfermés dans le Camp de Gurs, entre la fin aout 1944 et fin janvier 1945. Ce sont des prisonniers de guerre allemands, des maquisards espagnols antifranquistes et des collabos français, ces derniers étant internés pour avoir appartenu à des organisations vichystes telles que le PPF, ou pour avoir trafiqué en faisant du marché noir, ou pour avoir souscrit un contrat de travail volontaire en Allemagne, ou encore pour être, selon la pensée de l'époque, de mauvaise vie, c'est à dire pour avoir été des femmes maîtresses d'allemands.

Le 31 décembre 1945, le camp est définitivement fermé.

1950 à 2007
En 1950, le camp, tombé en ruines, est incendié par mesure de salubrité et une forêt est plantée sur toute sa superficie.

En 1962, le cimetière, qui rassemble les 1072 tombes des internés morts dans le camp, est restauré par les villes et le Consistoire des Israélites du Pays de Bade.

En 1980, l'Amicale du Camp de Gurs est créée par d'anciens internés qui souhaitent que le souvenir du camp ne se perde pas.

En 1994, un mémorial national est construit sur l'ancien site du Camp de Gurs. Il s'agit d'une voie ferrée longue de 180m, symbolisant la déportation, et reliant 2 grandes dalles portant des inscriptions commémoratives et une charpente de baraque, symbolisant l'internement.

Entre 2006 et 2007, les élèves de la section Charpente bois et matériaux associés du Lycée professionnel des Métiers du Bâtiment de Gelos reconstruisent une baraque d'internés du Camp de Gurs en respectant exactement les plans d'origine.

En 2007, un aménagement permanent du site est réalisé pour les visiteurs. Il comprend la construction d'un bâtiment d'accueil, la mise en place d'un sentier de la mémoire, long de 400m, menant vers le cimetière du camp et ses 1072 tombes, et agrémenté de 5 bornes explicatives, et la mise en place d'un sentier historique, long d'1km, passant dans la baraque reconstituée par les élèves du Lycée professionnel de Gelos et agrémenté de 23 bornes explicatives.


TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Camp de Gurs.

Itinéraire Km D+ Altitude max D+/Km Cotation Chiens
Camp de Gurs, L'Hôpital-Saint-Blaise 16,5 300 250 18,18 T1 Autorisé


SOURCES

Camp de Gurs (Site officiel)
Bornes explicatives du Camp de Gurs.

Bâtiment d'accueil

Baraque du Secours Suisse

Baraque reconstituée

Intérieur de la baraque reconstituée

Fermettes des baraques du sentier historique

Sentier historique

Allée centrale du camp

Colonnes d'hommage

Baraque du mémorial

Voie ferrée du mémorial



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