Dolmen du Pouey Mayou

DOLMEN DU POUEY MAYOU
540m

29 novembre 2020

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative. Celle du sommet du tumulus fut autrefois calculée à 550m par les officiers d'état-major lors de leurs triangulations.

INFOS

Dès 1870, l'attention des archéologues fut attirée par d'abondants tumulus présents dans les landes de Bartrès, Ossun, Barlest, Pontacq et Ger. Leur nombre fut évalué à 150. M. Letrône, l'auteur de cette importante découverte, en dressa une carte publiée par la Société Ramond et plusieurs fouilles furent exécutées. A l'origine, le site du Dolmen du Pouey Mayou était une haute butte de 45m de diamètre et de 3,6m de haut. Il fut utilisé pour établir une tour télégraphique puis pour servir de point de repère par les officiers d'état-major dans leurs triangulations qui y placèrent une borne géodésique. La fouille fut débutée par le propriétaire des lieux, M. Clouchet de Lourdes, puis rapidement poursuivie par Édouard Piette au cours de l'hiver 1879-1880, régulièrement assisté par le Baron Aymar d'Arlot de Saint-Saud, pyrénéiste et magistrat en poste à Lourdes à cette époque.

Avant le début des travaux, Édouard Piette constata que la butte était échancrée à l'est, des paysans ayant enlevé la terre pour l'utiliser pour leurs cultures. Ils y auraient découvert des vases et une épée, probablement en bronze selon l'hypothèse de l'archéologue. Il semble que ces objets soient aujourd'hui disparus et la datation et la vérification de la véracité des trouvailles est donc impossible.

Puis, afin de mener ses recherches, Édouard Piette fit réaliser une profonde tranchée qui éventra la butte. Le dolmen était à l'origine composé de trois tables de granit et une de grès recouvrantes une chambre funéraire de grande dimension, s'ouvrant à l'est, et qui mesurait 7,37m de long, 4,30m de large à l'est, 3,70m de large à l'ouest, 2,60m de haut à l'entrée et 2m de haut au chevet. Lors de la fouille, seule la dalle de couverture de l'entrée était en place, les trois autres dalles, fracturées, étaient effondrées à l'intérieur du tombeau. La paroi sud était composée de deux longues pierres plantées à la verticale, la paroi nord de cinq montants dont trois en grès et deux en granit. La paroi orientale était fermée d'une dalle en granit et d'une porte en grès, elle-même calée par une troisième petite dalle en grès. La paroi occidentale était formée d'une seule grande dalle schistoïde. Au sud et au nord, s'appuyant sur le milieu des parois, côté extérieur, deux dalles debout venaient compléter l'édifice. Enfin, le dolmen était enserré dans un rempart de galets d'environ 2m d'épaisseur. Les différentes dalles proviennent vraisemblablement de zones proches où l'ancien glacier de la Vallée des Gaves les avait charriées.

La fouille permit rapidement de retrouver la borne géodésique des officiers d'état-major puis de découvrir au-dessus du dolmen une première couche d'incinération composée de cendres, de charbons et d'ossements calcinés, et ayant une épaisseur d'environ 15cm et un diamètre de 20m. Selon Édouard Piette, vu ces vestiges considérables, ce sont les restes d'un immense bûcher qui dût brûler plusieurs jours et plusieurs nuits. Puis, en dessous et après 20cm environ, fut découvert une seconde couche d'incinération de 5 à 10cm de hauteur. A l'intérieur du dolmen furent trouvés une perle en or, un couteau en silex taillé, deux petits tessons de vases grossiers et quelques restes de deux cadavres en position assise. Toujours selon Édouard Piette, la sépulture fut déjà visitée et pillée à une époque indéterminée et les deux couches d'incinération sont la marque d'un festin effectué lors des funérailles des deux morts du dolmen ou plus probablement les restes de deux bûchers crématoires élevés à une époque postérieure à la construction du dolmen, hypothèse justifiée par leur épaisseur et par les éventuelles trouvailles des vases et de l'épée par des paysans sur la partie est du tumulus.

Édouard Piette data le tumulus de la fin du néolithique, soit un peu avant -2000. Quant aux deux couches d'incinération, elles pourraient correspondre à l'âge du fer, soit, approximativement, entre -850 et -50. Le Dolmen du Pouey Mayou fut classé aux Monuments Historiques en 1889.

Actuellement, plusieurs graffitis sont visibles ainsi qu'une Croix de Malte gravée sur la dalle de couverture du dolmen. Non mentionnés dans leurs rapports par Édouard Piette et Aymar d'Arlot de Saint-Saud, ces éléments semblent donc postérieurs aux fouilles. Quant aux nombreux autres tumuli et menhirs des landes de Bartrès, Ossun, Barlest, Pontacq et Ger, une très grande partie a malheureusement disparu, notamment lors de la mise en culture des terres après les années 1960.

Fouille de 1871 - BSPF 105

CHRONOLOGIE

Aux alentours de -2000, un dolmen est créé par les habitants de la lande pour en faire une sépulture pour deux personnes, installées en position assise. Puis, entre -850 et -50, deux bûchers successifs sont effectués sur le tumulus, certainement dans un but funéraire. Les feux qui en résultèrent durèrent probablement plusieurs jours et plusieurs nuits et devaient certainement être visibles de très loin. Bien longtemps après, le tumulus fut utilisé en tant que socle pour une tour télégraphique, donc après 1794, date de la mise en place de la première ligne télégraphique opérationnelle. Puis, pour en faire un point repère, les officiers d'état-major placent une borne géodésique sur le tumulus, certainement entre 1825 et 1827, dates de la campagne cartographique des Pyrénées. Enfin, c'est durant l'hiver 1879-1880 que l'archéologue Édouard Piette effectue la fouille du tumulus et met à jour le dolmen.

LEXIQUE

Le Dolmen du Pouey Mayou est un dolmen dans le sens où il est bien un monument funéraire composé de pierres verticales sur lesquelles reposent des dalles horizontales. Il est également un tumulus puisqu'il était recouvert et non exposé directement à l'air libre, et plus précisément un tertre car sa couverture était essentiellement composée de terre.

Vue depuis l'est

TOPONYMIE

Le Pouey Mayou était autrefois nommé le Turon du Télégraphe.

Pouey Mayou, vient du gascon pouey qui signifie hauteur et du gascon major qui signifie majeur, principal. Pouey Mayou est donc la hauteur principale. Lors de la fouille du tumulus en 1870, il est rapporté que la zone était une haute butte. Aujourd'hui, la zone est un petit bosquet, au milieu des landes cultivées du plateau.

Le Turon du Télégraphe vient de turoun qui signifie hauteur, monticule, mamelon. Le site avait été autrefois utilisé pour établir une tour télégraphique, d'où ce nom.

Dolmen vient du breton toal qui signifie table ou an doal qui signifie une table, et du breton men, maen, qui signifie pierre. C'est un terme utilisé dans l'étude des Mégalithes et qui désigne un monument composé de pierres verticales sur lesquelles reposent des dalles horizontales. Le dolmen avait une fonction funéraire et était recouvert d'un tumulus, mot qui vient du latin tumere qui signifie être gonflé, enflé, et par extension, élévation, éminence. Un tumulus est appelé tertre lorsqu'il est composé uniquement de terre, ou cairn, lorsqu'il est composé de pierre. Tertre vient du latin termes qui signifie borne, limite, monticule. Cairn vient du gaëlique carn qui signifie tas de pierre.

SITUATION

Vue depuis l'est

METEOTutoriel météo

Météo Pouey Mayou (meteoblue)

TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Pouey Mayou.

Vue depuis le nord

SOURCES

Note sur les tumulus de Bartrès et Ossun (Édouard Piette / BNF)
BSR 15 - Les tumulus des Landes de Bartrès... (Aymar d'Arlot de Saint-Saud / BNF)
BSPF 105 - Les fouilles du tertre du Pouy Mayou... (Alain Beyneix / Persée)
Dolmen (Base Mérimée)
Le plus grand dolmen des Pyrénées (Loucrup65)
Pouey Mayou (Patrimoines-Lourdes-Gavarnie)
Petit dictionnaire toponymique des Pyrénées (Romain Bourbon / MonHélios)
La toponymie - La vie des hommes de la montagne (Marcellin Bérot / Editions Milan)
Les mots du mégalithisme (Mégalithes-Morbihan)


Vue depuis l'ouest

Vue depuis le sud-ouest

Vue depuis l'ouest

Gravure de la Croix de Malte

MÉGALITHES


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