Sanctuaire Notre-Dame de Sarrance

SANCTUAIRE NOTRE-DAME DE SARRANCE
340m

29 octobre 2020

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.

INFOS

L'église Notre-Dame de Sarrance est composée d'une abside, la partie de l'extrêmité d'une église, terminant le chœur et ouvrant sur la nef, qui remonte à l'époque romane, période architecturale qui est apparue vers l'an 1000 et qui prévalut en Europe jusqu'à la fin du XIIe siècle, et d'une nef principale avec deux petits vaisseaux collatéraux et deux chapelles latérales. Elle dispose aussi d'un cloître qui date du XVIIe siècle et la légende de la statue est racontée par des panneaux de bois polychromes du XVIIIe siècle et qui sont situés dans la chapelle de l'église. Entre les deux panneaux du retable, une sculpture de tête de Vierge noire est exposée. Elle daterait du XIVe siècle et serait la plus ancienne représentation subsistante de la Vierge de Sarrance.

HISTOIRE

La date historique de création de l'église et du monastère est inconnue mais la naissance du sanctuaire est racontée dans une légende qui situe son édification à la fin du XIIe siècle. Plus exactement, la légende raconte la création d'une chapelle qui peut faire penser à la Chapelle Notre-Dame de la Pierre.
-> voir la légende du taureau de Sarrance.
-> voir les infos sur la Chapelle Notre-Dame de la Pierre.

Aucun des grands textes béarnais des XIIe et XIIIe siècles ne fait allusion à un culte à Sarrance et en 1308, l'évêque d'Oloron ne le mentionne toujours pas, tout comme la vicomtesse Marguerite de Béarn dans son testament de 1319. C'est en 1343, dans l'acte testamentaire de Gaston X de Foix-Béarn, qu'il en est fait mention pour la première fois. Puis, en 1345, un second texte rappelle que ce même prince avait eu une dévotion particulière pour Sarrance, ce qui permet d'envisager que le début du culte et du pèlerinage à Sarrance se situe entre 1319 et 1343. A cette époque, il n'y avait pas de village et le lieu n'était qu'un lieu solitaire et perdu au milieu des montagnes et des forêts, et à la notoriété modeste.

Ainsi, si la date exacte d'édification du Sanctuaire de Sarrance est inconnue, il est toutefois considéré comme l'un des plus anciens sanctuaires des Pyrénées et il devint rapidement une étape pour les pèlerins sur la route de Saint-Jacques de Compostelle.

A la fin de l'année 1345, l'ordre des Prémontrés accepte de prendre possession de Sarrance, par l'intermédiaire des Prémontrés de la Castelle. Pendant près de deux siècles, Sarrance demeure ainsi une simple colonie de Saint-Jean-de-la-Castelle, sous la dépendance du père abbé, ce qui en fait une commanderie. A cette même période, au milieu du XIVe siècle, est attestée l'existence d'un hôpital à Sarrance, dont l'édification est certainement contemporaine à l'installation des Prémontrés. Cet établissement accueillait les pèlerins, les pauvres, les errants et les voyageurs qui traversaient ces lieux peu hospitaliers. A la fin du siècle, le sanctuaire avait une importance internationale comme le prouve, en 1385, la réunion que tinrent, à Sarrance, Gaston Fébus, comte de Foix et vicomte de Béarn, Charles le Mauvais, roi de Navarre, et Pierre IV d'Aragon.

En 1445, après une sollicitation du vicomte de Béarn, le pape Eugène IV accorda une bulle promettant une indulgence plénière à tous ceux qui visiteraient le sanctuaire le jour de l'Assomption ou qui participeraient à son entretien. Le prestige et la renommée du pèlerinage à Sarrance, déjà importantes à cette époque, devenaient indiscutable et enrichissaient le sanctuaire. De plus, Sarrance disposait d'un atout majeur car il se trouvait sur l'un des quatre itinéraires principaux décrits dans le Guide médiéval du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle et qui recommandait de passer par le Col du Somport.

Forte de sa renommée, Sarrance continua à attirer des personnages illustres. En 1461, Louis XI, venu sur la frontière pyrénéenne pour négocier avec la Castille, profita de son retour pour visiter Sarrance et pour proclamer son respect pour la souveraineté du Béarn. Au siècle suivant, Marguerite de Navarre situa à Sarrance les journées de son Heptaméron, écrit dans la première moitié du XVIe siècle. Au début de ce même siècle, la ferveur populaire, toujours intacte, virait parfois à l'excès, obligeant Henri II d'Albret à rendre en 1520 une ordonnance qui réglementait la fréquentation du sanctuaire.

Si, très rapidement, les abbés de la Castelle s'étaient attribués le titre d'abbé de Saint-Jean et de Sarrance, les deux établissements ne furent canoniquement unis qu'en 1546 et, à partir de cette date, le sanctuaire put porter le titre d'abbaye.

Mais la deuxième moitié du XVIe siècle signa le déclin du sanctuaire. En effet, durant les guerres de religion qui déchiraient le royaume de France, les dernières forces catholiques dépêchées en Béarn, et vaincues par les troupes protestantes de Mongoméry en 1569, se réfugièrent en vallée d'Aspe, sous la conduite du capitaine Bonasse. Elles en furent délogées par le baron d'Arros qui brûla une dizaine de villages les 7 et 8 avril 1569. Sarrance fut du nombre et le sanctuaire fut mis à sac et détruit. En 1572, les biens du sanctuaire tombèrent sous le coup de l'ordonnance déclarant la saisie générale des biens ecclésiastiques en Béarn et, en 1574, l'abbaye fut achetée aux enchères par le capitaine Simon de Lurbe. A la suite de deux nouvelles ventes, le sanctuaire et ses dépendances devinrent la propriété de la communauté de Bedous qui restaura l'hôtellerie et la loua.

Finalement, un édit d'Henri IV autorisa le rachat des biens ecclésiastiques par les ordres et, en 1603, l'abbé Jean de Lompagieu obtint du pape un titre qui rappelait les pères à Sarrance. En décembre1605, Bedous vendit l'abbaye aux Prémontrés qui firent aussitôt relever la chapelle et l'hôtellerie. Mais, dés lors, le pèlerinage de Sarrance ne retrouva pas son lustre d'antan. Sévèrement contrôlés par les autorités civiles et religieuses, les grands pèlerinages étaient moins fréquentés et, mis en ferme, l'hôpital de Sarrance ne fut plus en mesure d'accueillir les pauvres et les pèlerins. La vocation internationale du sanctuaire devint négligeable.

Pour autant, il resta une ferveur des fidèles qui se manifestait par des legs et des ex-votos. En 1642, puis en 1655, des donateurs firent édifier des chapelles à Saint-Joseph et à Saint-Martin. Le pèlerinage à Sarrance se redressa un peu. En 1652-1653, Oloron fit le vœu d'accomplir une procession annuelle pour obtenir la fin de la peste. En 1727, la fréquentation était telle que le Parlement de Navarre dut restreindre l'accès au sanctuaire, en interdisant la venue des joueurs de flûte et de violon. Cependant, l'âge d'or de la dévotion à Sarrance était passé, éclipsé par les dévotions de Bétharram et de Piétat.

A la fin du XVIIIe siècle, le sanctuaire était un ensemble complexe. Vers 1750, il était composé de l'église et de quinze ou seize chapelles, formant un Calvaire, et toutes approuvées par Mgr de Montillet, entre 1735 et 1742. Neuf d'entre-elles se trouvaient dans le bois de Lespoune, trois au bord du gave et de la route, dont la Chapelle Notre-Dame de la Pierre.

En 1790, après la Révolution, le Calvaire fut désaffecté et les chapelles furent détruites ou abandonnées. En 1792, l'abbaye fut à nouveau mise en vente, les cloches, du XVIIe siècle, furent envoyées à la fonte, et les tableaux et la plupart des autels furent détruits. Mais le culte fut rétabli rapidement, dès 1795, et la statue de la Vierge rendue à la dévotion des fidèles en 1797.

Durant la première moitié du XIXe siècle, le pèlerinage était encore actif, mais les fidèles étaient alors strictement régionaux. En 1836, la chapelle avait retrouvé son lustre. Au milieu du siècle, sous l'influence des évêques de Bayonne qui cherchaient à rendre son ancienne gloire à Sarrance, une première phase de travaux de restauration fut décidée en 1851, et une deuxième eut lieu en 1888. Vers la fin du siècle, l'espoir de retrouver un pèlerinage conséquent était conditionné à l'ouverture prochaine de la ligne de chemin de fer Pau-Canfranc. Mais il était trop tard. A cette époque, Lourdes avait déjà conquis les fidèles.

En 1941, l'église fut inscrite aux Monuments historiques. En 2016, elle change de protection et passe en tant que classé, dans une démarche plus globale qui inclut le sanctuaire et plusieurs de ses éléments architecturaux.

29 octobre 2020

TOPONYMIE

Le nom de Notre-Dame vient de la Vierge Marie qui est la sainte à laquelle est dédiée l'église. Le nom de Sarrance vient du village, nommé Sarrance, où se situe le sanctuaire. Il vient du latin serrare et du suffixe antia qui signifient ensemble défilé, rétrécissement, fermé. Le village de Sarrance est effectivement situé dans un verrou glaciaire, un rétrécissement situé à l'entrée de la Vallée d'Aspe.

Le village de Sarrance dispose de plusieurs édifices religieux. Il y a ainsi, entre autres, le monastère et l'église Notre-Dame qui sont des édifices accolés, et deux plus petites constructions qui sont la Chapelle Notre-Dame de la Pierre et la Chapelle Sainte-Anne d'Uzein. La Chapelle Notre-Dame de la Pierre est intimement liée au monastère et à l'église tandis que la Chapelle Sainte-Anne d'Uzein a une histoire séparée. Parler du Sanctuaire Notre-Dame de Sarrance inclut le monastère et l'église, comme dans cet article, mais peut également inclure la Chapelle Notre-Dame de la Pierre. Il est aussi possible de parler du Sanctuaire de Sarrance et d'inclure ainsi, en plus des trois premiers édifices, la Chapelle Sainte-Anne d'Uzein.

SITUATION


29 octobre 2020


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TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Sanctuaire Notre-Dame de Sarrance.

29 octobre 2020

SOURCES

Notre-Dame de Sarrance (Christian Desplat / AEAB)
Guide des Pyrénées romanes (Julie Vivier, Sylvain Lapique / Editions Privat)
Eglise paroissiale Notre-Dame (Base Mérimée)
Eglise de Sarrance (Base Mérimée)
Notre-Dame de Sarrance (Monastère de Sarrance)
Sarrance (Fundacion Lebrel Blanco)
Les pèlerinages des Pyrénées (Gustave Bascle de Lagrèze / BNF)
Petit dictionnaire toponymique des Pyrénées (Romain Bourbon / MonHélios)


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