SANTUARIO SAN URBEZ DE NOCITO
1080m
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| Sanctuaire (30/08/2025) |
NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.
INFOS
| Contexte géographique
Le Santuario de San Úrbez domine la vallée de Nocito, sur le territoire municipal de Nueno, à environ 30 kilomètres au nord-est de Huesca, en pleine Sierra de Guara (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026).
| Vue d'ensemble
Le sanctuaire se compose d’un ensemble compact formé par l’église et le monastère adossé à son front occidental, configurant une structure en "L". L’édifice religieux, initialement construit au XIIᵉ siècle dans un style roman aragonais, a subi des transformations majeures aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, notamment un changement d’orientation de la nef, une ampliation de sa structure et le remplacement des voûtes (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026 ; SIPCA, 2026). À l’ouest, un recinto vallado (enceinte clôturée) délimite l’espace sacré, tandis qu’au nord, un chemin de pèlerinage mène à l’ermitage de Santa María, construit sur l’emplacement de la maison où mourut San Úrbez en 802. Au sud, un refuge accueille encore aujourd’hui les pèlerins et visiteurs (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026).
À proximité immédiate du sanctuaire se trouve la Cueva de Ayral, une grotte où, selon la tradition, San Úrbez passa ses dernières années en ermite avant d’y mourir (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Cette grotte, ainsi que la maison mortuaire du saint, font partie intégrante du parcours de dévotion associé au sanctuaire.
| L'église
L’église, de plan prismatique simple, présente une nef unique divisée en deux trames, un crucero (transept) et une cabecera (abside), complétés par deux chapelles latérales ajoutées ultérieurement. Son portail, en arc de plein cintre, est caractéristique de l’architecture romane originale, tandis que les murs, édifiés en sillares (pierre de taille bien équarrie) combinés à du sillarejo (petits moellons), reflètent les différentes phases de construction (SIPCA, 2026).
L’intérieur de l’église abritait autrefois le corps incorruptible de San Úrbez, objet d’une vénération intense jusqu’à sa profanation et son incinération en 1936, pendant la Guerre civile espagnole (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Aujourd’hui, seuls des restes calcinés du saint sont conservés et exposés à la vénération. Le retable baroque du XVIIᵉ siècle, dédié à San Úrbez, ainsi que les éléments décoratifs ajoutés lors des réformes des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, complètent l’aménagement intérieur. Une crypte, située sous l’autel, est traditionnellement considérée comme l’emplacement de la sépulture originale du saint.
| Le monastère
Le monastère, adossé à l’église, trouve ses origines dans une communauté mozarbe (chrétiens vivant sous domination musulmane) dont la présence est attestée dès le Xᵉ siècle, avec des racines remontant peut-être à l’époque visigothique (RomanicoAragonés, 2026). Les documents les plus anciens conservés au Priorat de San Pedro el Viejo de Huesca proviennent d’ailleurs du monastère de San Úrbez, ce qui témoigne de son importance historique dans la diffusion de la lettre caroline en Aragon (RomanicoAragonés, 2026). Le monastère, aujourd’hui en ruines, était autrefois un cenobio (monastère cénobitique) renommé, centre de dévotion à San Úrbez et de copie de manuscrits.
| Pèlerinages
Le sanctuaire est également le point de départ ou d’arrivée de romerías (pèlerinages) traditionnelles, notamment celles en provenance d’Albella, un village voisin. Ces processions, attestées depuis le Moyen Âge, étaient autrefois organisées par les habitants de Matidero, Alastrué, Bibán et Binueste, qui se rendaient au sanctuaire le 12 juin avant que cette tradition ne soit remplacée, à partir de 1920, par une romería vers l’ermitage de la Virgen de los Palacios, situé dans le terme municipal de Matidero (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Depuis l'époque médiévale, San Úrbez est associé à divers miracles, notamment celui de provoquer la pluie, ce qui a contribué à son culte populaire dans toute la région (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Aujourd’hui, la fête du saint est célébrée le 15 décembre (date anniversaire de sa mort), tandis qu’une romería a lieu le dernier dimanche de juin, maintenue par les anciens habitants de la vallée de Nocito, aujourd’hui dispersés (RomanicoAragonés, 2026).
| Bien d'intérêt culturel
Enfin, le Santuario de San Úrbez a été déclaré Bien de Interés Cultural (BIC) en la catégorie de Monumento par le Gouvernement d’Aragon, via le Décret 235/2001 du 2 octobre 2001, publié au Boletín Oficial de Aragón le 26 octobre 2001 (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026). Cette reconnaissance officielle souligne son importance historique, architecturale et culturelle dans le patrimoine aragonais.
CHRONOLOGIE
| 700-900
Les origines du sanctuaire remontent à la vie de San Úrbez (Urbice, Urbicius), un saint dont l’histoire, bien que légendaire, est profondément ancrée dans la tradition aragonaise. Urbicius serait né vers 702 à Bordeaux et serait mort en 802, à Nocito (Saroïhandy, 1906).
-> voir les infos sur San Urbez.
| 1000-1100
Le monastère de San Úrbez est documenté pour la première fois en 1093, lorsque le roi Sancho Ramírez d’Aragon (1063–1094) le dona à l’abbé Frotardo, du monastère français de Saint-Pons-de-Thomières (Languedoc) (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Cette donation royale marque l’intégration du site dans les réseaux monastiques européens et confirme son existence en tant que communauté organisée dès le XIᵉ siècle, avec des racines mozarabes et peut-être visigothiques. Les documents les plus anciens conservés au Priorat de San Pedro el Viejo de Huesca proviennent effectivement du monastère de San Úrbez, ce qui atteste de son rôle dans la diffusion de la lettre Caroline en Aragon (RomanicoAragonés, 2026).
| 1100-1200
Au XIIᵉ siècle, une église en style roman aragonais est construite sur le site, avec une nef unique, des voûtes en berceau et des murs en sillares (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026 ; SIPCA, 2026). Cet édifice initial, de dimensions modestes, devient rapidement un lieu de pèlerinage pour les habitants des vallées environnantes, notamment ceux de Matidero, Alastrué, Bibán et Binueste, qui s’y rendent lors de romerías annuelles, notamment le 12 juin (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Dès cette époque, San Úrbez est associé à des miracles, en particulier celui de faire pleuvoir, ce qui renforce son culte populaire (SIPCA Hoya de Huesca, 2026).
| 1200-1300
En 1279, le monastère de San Urbez est documenté comme prieuré de San Pedro el Viejo de Huesco (SIPCA Hoya de Huesca, 2026).
| 1500-1700
Les XVIᵉ et XVIIᵉ siècles marquent une période de transformations majeures pour le sanctuaire.
Au XVIᵉ siècle, l’orientation de l’église est inversée, sa nef est agrandie et des chapelles latérales sont ajoutées, introduisant des éléments gothiques et Renaissance (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026). Au cours de ce même siècle, une grande auberge attenante à l'abside de l'église est probablement édifiée (SIPCA, 2026).
Au XVIIᵉ siècle, les voûtes sont remplacées et un retable baroque est installé, conférant à l’édifice son aspect actuel, mêlant styles roman, gothique et baroque (SIPCA, 2026). En 1629, la sacristie est probablement édifiée (SIPCA, 2026). Cette période correspond également à l’apogée du sanctuaire en tant que lieu de pèlerinage, avec une dévotion accrue envers le corps incorruptible de San Úrbez, dont la légende affirme qu’il aurait résisté à la décomposition pendant des siècles (SIPCA Hoya de Huesca, 2026).
| 1700-1800
Au XVIIIᵉ siècle, les toits existants sont remplacés par des voûtes en berceau avec des lunettes (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Le monastère adjacent à l'église est édifié (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026).
En 1701, les reliques de San Urbez sont transférés dans l'église depuis l'ermitage de Santa Maria de las Montanas (SIPCA, 2026).
| 1800-1900
Au XIXᵉ siècle, le sanctuaire subit des dégâts lors de la Guerre d’Indépendance espagnole (1808–1814), lorsque les troupes françaises occupent la région (RomanicoAragonés, 2026). Malgré ces dommages, le site reste un lieu de dévotion active, comme en témoignent les romerías organisées jusqu’à la fin du siècle.
| 1900-2000
Le XXᵉ siècle est marqué par des bouleversements pour le sanctuaire. En 1920, la tradition de la romería du 12 juin, organisée par les villages de Matidero et son honor (Alastrué, Bibán, Binueste), est remplacée par un pèlerinage vers l’ermitage de la Virgen de los Palacios, situé dans le terme municipal de Matidero (SIPCA Hoya de Huesca, 2026). Cependant, la dernière grande romería avant la Guerre civile a lieu en 1929, avec une procession solennelle où le corps du saint est exposé à la vénération, comme en attestent des photographies conservées (SIPCA Hoya de Huesca, 2026).
La Guerre civile espagnole (1936–1939) constitue un tournant tragique pour le sanctuaire. En 1936, des miliciens républicains profanent l’église, traînent le corps de San Úrbez hors du sanctuaire et le brûlent (SIPCA Hoya de Huesca, 2026 ; RomanicoAragonés, 2026). Les retables baroques et d’autres éléments décoratifs sont également détruits lors de cet épisode. Après la guerre, seuls des restes calcinés du saint sont récupérés et placés dans le sanctuaire, où ils font toujours l’objet de vénération.
En 1981, Antonio Naval Mas et Joaquín Naval Mas publient l’Inventario artístico de Huesca y su provincia, dans lequel le sanctuaire est documenté en détail (Naval Mas & Naval Mas, 1981).
| 2000-Actuel
En 2001, le Gouvernement d’Aragon déclare le Santuario de San Úrbez Bien de Interés Cultural (BIC) en la catégorie de Monumento, par le Décret 235/2001 du 2 octobre, publié au Boletín Oficial de Aragón le 26 octobre 2001 (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026). Cette reconnaissance officielle permet de protéger et restaurer le site.
En 2005, la piste menant à Nocito et au sanctuaire est asphaltée, rendant le site plus accessible aux pèlerins et touristes (RomanicoAragonés, 2026).
En 2013, Óscar Ballarín et Arturo González publient l’ouvrage A pies descalzos: Los romeros de Albella y su camino en honor a San Úrbez, qui étudie en profondeur les traditions de pèlerinage associées au saint (Ballarín & González, 2013).
Aujourd’hui, le sanctuaire reste un lieu de dévotion active, avec des romerías organisées le 15 décembre (fête de San Úrbez) et le dernier dimanche de juin, maintenues par les anciens habitants de la vallée de Nocito, aujourd’hui émigrés (RomanicoAragonés, 2026). Les clés du sanctuaire sont conservées au Refugio de San Úrbez (refuge situé au sud de l'église) ou à Nocito, où les visiteurs peuvent les demander pour accéder à l’intérieur (RomanicoAragonés, 2026).
TOPONYMIE
| San Urbez
San Úrbez (Urbicius en latin, Urbice en français) est un saint chrétien vénéré en Aragon (Espagne). Selon la tradition, il serait né vers 702 à Bordeaux. Capturé puis emmené en Espagne, il aurait libéré puis aurait trouvé refuge dans les Pyrénées aragonaises, où il mena une vie d’ermite et de berger. Il aurait vécu dans plusieurs lieux du Haut-Aragon, avant de s’installer définitivement dans la Cueva de Ayral, près de Nocito, où il mourut en 802, à l’âge de 100 ans. Sa vie ascétique et ses miracles (notamment celui de faire pleuvoir en période de sécheresse) lui valurent une dévotion populaire intense (Saroïhandy, 1906). Son corps, réputé incorruptible, fut vénéré pendant des siècles dans le Santuario de San Úrbez de Nocito, jusqu’à sa destruction pendant la Guerre civile espagnole, en 1936. Aujourd’hui, ses reliques calcinées y sont toujours exposées (Patrimonio Cultural de Aragón, 2026).
San Urbez serait invoqué pour la pluie, les bergers et les randonneurs. Il est surnommé "el santo caminante", le saint randonneur (Ballarín & González, 2013).
-> voir les infos sur San Urbez.
| Nocito
Nocitio est le nom du village où se situe l'église. Le toponyme Nocito dériverait du latin nucetum qui signifie noiseraie, lieu planté de noyers (Gran Enciclopedia Aragonesa, 2020).
SITUATION
TOPOS
Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Santuario San Urbez de Nocito.ATTENTION ! Site historique. Merci de respecter le lieu. Pas de dégradation, pas de prélèvement.
| Itinéraire | Km | D+ | Altitude max | D+/Km | Cotation | Chiens |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Barranco Lapillera, Santuario de San Urbez | 14,5 | 450 | 1216 | 31,03 | T2 | Autorisé |
MÉTÉO
Santuario San Urbez de Nocito (meteoblue)PHOTOS
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| Depuis l'est (30/08/2025) |
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| Depuis le nord-est (30/08/2025) |
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| A l'est (30/08/2025) |
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| Façade sud (30/08/2025) |
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| Façade sud, depuis l'ouest (30/08/2025) |
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| Depuis le nord-ouest (30/08/2025) |
SOURCES
(Les sources sont classées par ordre alphabétique d’auteur.)
Ballarín, Ó., & González, A. (2013). A pies descalzos: Los romeros de Albella y su camino en honor a San Úrbez. Arialla.
Gran Enciclopedia Aragonesa (2020). Nocito. Encyclopédie en ligne.
Naval Mas, A., & Naval Mas, J. (1981). Inventario artístico de Huesca y su provincia: Partido judicial de Huesca. Ministerio de Cultura.
Patrimonio Cultural de Aragón (2026). Santuario de San Úrbez. Site internet.
https://patrimonioculturaldearagon.es/patrimonio/santuario-de-san-urbez/RomanicoAragonés (2026). NOCITO-SAN URBEZ - Rutas románicas por el Altoaragón. Site internet.
https://www.romanicoaragones.com/0-jacetania/99007-nocito1-su.htmSaroïhandy, Jean-Joseph (1906). Un saint bordelais en Aragon. Bulletin Hispanique, tome 8, n°2.
https://www.persee.fr/doc/hispa_0007-4640_1906_num_8_2_1481SIPCA (2026). Santuario de San Úrbez - Nocito. Sistema de Información del Patrimonio Cultural Aragonés. Site internet.
https://www.sipca.es/censo/1-INM-HUE-006-163-011/Santuario/de/San/%C3%9Arbez.htmlSIPCA Hoya de Huesca (2026). Santuario de San Úrbez. Site internet.
https://sipca.hoyadehuesca.es/index.php?option=com_content&view=article&id=605%5C:casa-grande&catid=1545%5C:casa&Itemid=101
REMERCIEMENTS
Cette page sur le Santuario San Urbez de Nocito s’appuie sur les travaux des chercheurs et des sites internet cités en référence dans les sources. Un grand merci à tous ces personnes pour leurs travaux approfondis.
Les informations présentées ici sont le fruit d’un travail de synthèse et de recherche, nourri par des échanges avec l'outil d’intelligence artificielle Le Chat, assistant conversationnel développé par Mistral AI.
© Le Bouquetin Boiteux – Pour toute reproduction partielle ou totale de cette page, merci de mentionner la source et d'inclure un lien vers www.le-bouquetin-boiteux.fr.







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