Tumulus de Barbehère

TUMULUS DE BARBEHÈRE
12m

6 mars 2025


INFOS

| Contexte général et localisation

Le dolmen de Barbehère est situé à la limite des communes d’Ordonnac et de Saint-Germain-d’Esteuil, en Gironde, dans la région du Médoc. Ce site se trouve à 6 km à l’ouest de la rive gauche de la Gironde, dans une zone de basses terres légèrement surélevées au-dessus des marais de Reysson et de Cadourne. La côte à cet endroit est de 12 mètres d’altitude, ce qui place le site dans une zone de transition entre les marais et les plateaux calcaires du Médoc (Devignes & Coffyn, 1987).

Le dolmen est implanté sur une formation géologique datée du Ludien (Éocène supérieur), composée de marnes et argiles à Sismondia occitana et Ostrea bersonensis (Devignes & Coffyn, 1987), avec des terrains calcaires à proximité d’où proviennent les dalles du monument (Devignes & Coffyn, 1987). Ce calcaire, dit calcaire de Saint-Estèphe et reconnaissable grâce à la présence de fossiles (Echinolampas ovalis et Sismondia occitana), est typique des couches éocènes locales (Labrie, 1907; Devignes & Coffyn, 1987).

Le dolmen parait occuper une position centrale par rapport à plusieurs habitats néolithiques attestés dans un rayon de 3 kilomètres (PI, 2025).

| Architecture et structure

Le dolmen de Barbehère est une allée couverte de type "allée d’Aquitaine", une catégorie de monuments mégalithiques régionaux ressemblant fortement à des allées couvertes mais conservant quelques traits architecturaux des dolmens à couloir (Burnez, 1976; Devignes, 1987; Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995). Il est placé dans la partie orientale d'un cairn composé de petits blocs de calcaire (Devignes & Coffyn, 1987).

Le tumulus est fait d’argiles rapportées, contrebutées en surface et à la périphérie par de la pierraille calcaire (Devignes, 1995). Le bord du tertre était délimité par d’assez grosses dalles posées à plat, formant un polygone, probablement à neuf pans (Devignes, 1995). En 1907, Labrie indique que le tumulus formait une étendue irrégulière autour du dolmen, faisant 9 mètres vers l’ouest et 3 mètres vers l’est et le sudCette asymétrie suggérait des ajouts postérieurs ou des prélèvements de pierres et la forme du tumulus ne reflétait probablement pas son état originel (Labrie, 1907). En 1987, Devignes et Coffyn indiquent que le tumulus, de forme ovale, est haut d'environ 2 mètres et fait environ 20 mètres de long pour 17 mètres de large. Ils confirment que cette forme n'a probablement rien à voir avec le plan d'origine (Devignes & Coffyn, 1987). En 2008, le monument est restauré selon les directives de la Conservation Régionale du Patrimoine (PI, 2025). Le tumulus est alors probablement revenu au plus proche de son état originel (NDR).

La structure du dolmen fait 6,30 mètres de long pour une largeur moyenne de 2,10 mètres (Devignes & Coffyn, 1987), ce qui est exceptionnellement large pour un dolmen girondin, où la plupart des monuments ne dépassent pas 1 mètre de largeur (Labrie, 1907). Il est orienté ouest-nord-ouest/est-sud-est (Devignes, 1995), avec une entrée à l’est-sud-est et une chambre funéraire à l’ouest-nord-ouest (Devignes & Coffyn, 1987). La chambre funéraire est longue de 4,30 mètres et large de 2,10 mètres (PI, 2025).

Les pierres utilisées pour la construction du dolmen proviennent des couches éocènes locales (calcaire de Saint-Estèphe), identifiables grâce aux fossiles comme Sismondia occitana (Labrie, 1907; Devignes, 1995). Elles sont peu épaisses mais grandes (Labrie, 1907) et proviennent probablement de la carrière voisine du Pech de Lalo (PI, 2025).

Le dolmen présente une décroissance régulière de la hauteur et du volume des montants depuis le chevet, à l'ouest, jusqu'à l'entrée, à l'est, une caractéristique évocatrice de l'architecture des dolmens à couloir où la chambre funéraire est plus élevée que la structure d'accès (Devignes & Coffyn, 1987). Cette décroissance va progressivement de 1,70 mètres, au chevet, à 0,60 mètre à l'entrée (PI, 2025). L'édifice possède, côté nordquatre montants, dont un renversé et, côté sudquatre autres montants (Devignes, 1995). Certains montants de la chambre funéraire semblent avoir été bouchardés et peints en ocre rouge (PI, 2025). Contrairement aux dolmens classiques de la région, fermés par une seule dalle, le dolmen de Barbehère présente, à l'ouest, un chevet formé de deux dalles de 1 mètre de long, placées côte à côte, les faces internes de ces deux pierres ayant été régularisées partiellement et sommairement (Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995). Pour ce type de fermeture, qui évoque les dispositifs analogues de certaines allées de Catalogne (Cova de Daïna, par exemple) avec lesquelles les allées d'Aquitaine présentent un certain nombre de similitudes, un seul autre cas est connu dans la région, celui de Grézac 1 à Auradou, dans le Lot-et-Garonne ((Devignes & Coffyn, 1987). 

Deux dalles transversales, laissant entre elles une ouverture d’environ 1 mètre, compartimentent le dolmen en une chambre funéraire trapézoïdale (environ 4,50 m × 2 m) et un court vestibule (environ 2 m × 2 m) (Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995). L'ouverture laissée par ces deux dalles transversales était probablement rebouchée après chaque inhumation (PI, 2025). Cette compartimentation est unique en Gironde et suggère une volonté de distinguer les espaces funéraires (Devignes & Coffyn, 1987). Selon C. Burnez, dans les dolmens du type "allée d'Aquitaine", seuls les deux tiers des monuments étaient utilisés pour les inhumations (Burnez, 1976; Devignes & Coffyn, 1987). En dehors de Barbehère, trois autres cas de compartimentation ont été signalés dans le groupe des allées d'Aquitaine avec la Borie Neuve 1 à Marsalès, en Dordogne, Grézac 2 à Auradou, dans le Lot-et-Garonne, et Passage du Serbat à Barbaste, également dans le Lot-et-Garonne (Devignes & Coffyn, 1987).

Le dallage signalé autrefois par Labrie n’est autre que le substrat rocheux, assez altéré (Devignes, 1995; Devignes & Coffyn, 1987). Aucune dalle ne peut être rattachée avec certitude à un système de couverture. Deux hypothèses sont avancées : destruction ancienne des tables ou recouvrement par des poutres en bois, une pratique attestée dans d’autres sites mégalithiques (Devignes & Coffyn, 1987).

Une fosse cylindrique de 0,90 mètre de diamètre et profonde de 30 à 40 centimètres, creusée dans le calcaire et située au pied d'un montant à l'extérieur de la chambre funéraire, est recouverte et protégée par le tumulus reconstitué (PI, 2025).

| Historique des fouilles et découvertes

Au début du XXe siècle, des habitants locaux commencent à s’intéresser au site et mènent des fouilles sommaires près de l’entrée. Un instituteur découvre une hache en silex poli. Le Dr Jeanty, propriétaire du terrain, demande à des ouvriers de vider la chambre funéraire. Les méthodes sont peu rigoureuses, mais permettent de récupérer un mobilier varié (ossements, poteries, outils en silex). Une grande quantité d’ossements est exhumée (Labrie, 1907; Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995). Le Dr Manouvrier (École d’Anthropologie de Paris) estime à 19 individus (16 hommes, 2 femmes, 1 enfant) le nombre minimal d’inhumations, mais suggère qu’il pourrait y en avoir jusqu’à 80, en raison de la fragmentation extrême des restes (Labrie, 1907; Manouvrier, 1909; Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995). Le mobilier néolithique comprend une hache polie en silex, une pointe de flèche en silex, brisée mais avec une patine blanchâtre caractéristique, des fragments de poteries grossières, similaires à ceux des dolmens de Bellefond, Jugazan et Gardegan, des perles en calcaire et une rondelle en os percé, destinées à des colliers (Labrie, 1907). Le mobilier de l’âge du bronze comprend un vase presque entier en poterie fine, comparable à des vases de Provence et des Pyrénées (Cartailhac, 1889; Labrie, 1907) et des fragments de poteries décorées (avec des motifs géométriques (Labrie, 1907). L’ensemble des récoltes (ossements et mobilier) est perdu par la suite (Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995).

En 1987Marc Devignes et André Coffyn effectuent de nouvelles fouilles. Marc Devignes relève le plan du dolmen dans le cadre d’une thèse de 3e cycle sur les mégalithes girondins. Des ossements et vestiges mobiliers sont observés en surface, suggérant des fouilles clandestines (Devignes & Coffyn, 1987). Une autorisation de fouille est obtenue pour tamiser les déblais de la chambre funéraire. Ces travaux permettent de confirmer la compartimentation du dolmen par deux dalles transversales mais indiquent que le dallage vu par Labrie (1907) est en réalité le substrat rocheux altéré (Devignes & Coffyn, 1987). Les fouilles permettent aussi la découverte d'un fragment de crâne humain placé dans une "logette" délimitée par des dallettes verticales, avec une armature en silex à ailerons et pédoncule derrière l’occipital et un empilement d’os (vertèbres, dents) reposant sur une assise en blocaille de calcaire (Devignes & Coffyn, 1987). 270 tessons de poterie sont également récoltés, dont des tessons du Néolithique récent (cycle Peu-Richardien) avec cordons et cupules, des tessons campaniformes (âge du bronze), dont des gobelets décorés au peigne, un tortillon en or (16 carats) et des dentales, associés à la phase campaniforme (Devignes & Coffyn, 1987).

En 1990, la fouille menée par Marc Devignes et André Coffyn met en évidence la présence d’un paléosol directement sous-jacent au tertre, livrant une poterie non décorée à fond rond attribuable au Néolithique moyen (Devignes, 1995).

Finalement, différentes fouilles menées par Marc Devignes et André Coffyn entre 1987–1991 ont permis la découverte, au niveau lithique de 5 fragments de haches polies, de 12 armatures tranchantes, de 6 armatures perçantes à ailerons et pédoncule, de 1 retouchoir, de 14 grattoirs, de 1 éclat lustre, de 31 lames et lamelles, de 1 perçoir, de 1 couteau, de 7 percuteurs, de 3 nucléus et de 519 éclats. Pour la céramique, il fut découvert 1 020 tessons néolithiques (majoritairement du cycle Peu-Richardien), 261 tessons campaniformes, 106 tessons protohistoriques (Bronze, Fer), 516 tessons de céramique gallo-romaine, médiévale et moderne et une cinquantaine de microtessons. En matière de parure, il fut trouvé 105 perles en calcaire, 4 perles en os, 51 dentales, 2 pendentifs en canines de sanglier, 1 pendentif en pierre, 3 tortillons en or, 1 lamelle en or et 2 nasses perforées. Au niveau de l'industrie de l’os, ce sont plusieurs débris de poinçons et de gouges qui furent découverts. Enfin, une quantité impressionnante de vestiges osseux hachés menus par les anciens "fouilleurs" a été retrouvée, tant dans la partie remaniée de la chambre que dans les déblais des fouilles anciennes accumulés à l’avant du dolmen et sur le côté sud du tumulus. Seuls les os de petite taille (phalanges, vertèbres) sont entiers (Devignes, 1995). Le matériel archéologique découvert est conservé par le Musée d'Aquitaine (PI, 2025).

| Datation

La datation du dolmen de Barbehère s’appuie sur l’analyse du mobilier archéologique et des comparaisons régionales (NDR).

La présence de la fosse cylindrique au pied d'un montant à l'extérieur de la chambre funéraire permet d'envisager l'existence d'un habitat ou d'un site funéraire antérieur sur lequel serait venu se superposer le mégalithe (PI, 2025).

Le dolmen possédait un mobilier caractéristique du Néolithique récent (vers 3500–2500 av. J.-C.) avec des poteries grossières similaires à celles des dolmens de Bellefond, Jugazan et Gardegan, attribuables à l’âge de la pierre polie (Labrie, 1907), 1 020 tessons néolithiques, majoritairement rattachés au cycle Peu-Richardien (Devignes, 1995), une hache polie en silex et une pointe de flèche en silex, typiques du Néolithique récent (Labrie, 1907) et des perles en calcaire et une rondelle en os percé, fréquentes dans les sépultures dolméniques de cette période (Labrie, 1907).

Une utilisation du dolmen à l'âge du bronze (vers 2500–1500 av. J.-C.) est également très probable. En effet, il contenait un mobilier campaniforme avec 261 tessons campaniformes, dont des gobelets décorés au peigne (style pan-européen) (Devignes, 1995), un vase presque entier et fragments de poteries décorées, comparables à des vases de Provence et des Pyrénées (Cartailhac, 1889 ; Labrie, 1907), 3 tortillons en or et 1 lamelle en or, associés à la phase campaniforme, 51 dentales et 2 pendentifs en canines de sanglier, caractéristiques de cette période (Devignes, 1995), et 2 nasses perforées (Devignes, 1995). Les ossements suggèrent une utilisation prolongée du site comme sépulture pendant l’âge du bronze (Manouvrier, 1909).

Des réutilisations postérieures à ces deux périodes sont également envisageables. La présence de 106 tessons protohistoriques (Bronze, Fer) indiquent une réutilisation du dolmen au cours de cette période (Devignes, 1995). De plus, la présence de 516 tessons de céramique gallo-romaine, médiévale et moderne indiquent une réutilisation du tumulus et du dolmen probablement comme dépotoir (Labrie, 1907; Devignes, 1995). Ces réutilisations n’ont cependant pas affecté l’intégrité des sépultures néolithiques du dolmen, contrairement à d’autres sites comme le dolmen de Jugazan, où des occupations gallo-romaines ont perturbé les couches archéologiques (Labrie, 1907).

| Controverse avec le dolmen du Bois de Carney

La carte de la Gironde (1875) au 1/40 000 éditée par la librairie Féret mentionne un tumulus à l'emplacement du dolmen de Barbehère, sans préciser la présence d’un dolmen (Labrie, 1907; Devignes & Coffyn, 1987).

J.-B. Gassies (1875) signale la découverte d'un dolmen au lieu-dit du Bois du Charnier, qu’il place "à quelques kilomètres de Lesparre", sans précision (Gassies, 1875; Devignes, 1995). François Daleau (1876) et Piganeau (1897) précisent qu’il s’agit d’un dolmen "près Potensac, commune d’Ordonnac" (Daleau, 1876; Piganeau, 1897; Devignes, 1995).

Selon l'abbé Labrie (1907), le nom Bois du Charnier (ou Carney) est associé à un dolmen détruit, situé à 800 mètres au nord-est de Barbehère, près de la route de Saint-Seurin-de-Cadourne à Lesparre (Labrie, 1907). Ainsi, Labrie, suivi par Ansberg et Ferrier, défend l’existence de deux dolmens différents, le dolmen du Bois du Charnier, détruit, et le dolmen de Barbehère, encore intact (Labrie, 1907; Ferrier, 1938). Le nom "Carney" (ou "charnier") suggère un lieu où des ossements ont été découverts, ce qui correspond à un dolmen (Labrie, 1907). De plus, Piganeau (1897) et Daleau (1876) distinguent clairement les deux sites (Piganeau, 1897; Daleau, 1876).

Cependant, Augey (1908) et Ferbos (1914) défendent l’idée que le dolmen du Bois du Charnier et le dolmen de Barbehère ne sont qu’un seul et même dolmen (Augey, 1908; Ferbos, 1914). En effet, aucune preuve n’a été apportée par Labrie quant à la destruction du dolmen du Bois du Charnier. De plus, il n’existe aucun lieu-dit "Bois du Charnier" à l’endroit indiqué par le curé de Frontenac et la carte de la Gironde (1875) au 1/40 000 éditée par la librairie Féret ne mentionne qu'un seul tumulus dans la partie comprise entre Ordonnac et Saint-Germain-d'Esteuil. Les cartographes de la librairie Féret ont probablement bénéficié des informations des archéologues de l’époque. Enfin, le tumulus porté près de Potensac est celui signalé par Gassies qui mentionne notamment la découverte de squelettes humains dans "la cella principale" de son dolmen du Bois du Charnier, ce qui correspond aux fouilles de Barbehère (Devignes & Coffyn, 1987).

En conclusion, les arguments en faveur d’un seul dolmen semblent plus convaincants. En effet, aucune preuve archéologique ne confirme l’existence de deux monuments distincts (Devignes & Coffyn, 1987), les descriptions de Gassies (1875) et les cartes anciennes suggèrent qu’il s’agit du même site, appelé différemment selon les sources (Labrie, 1907) et la confusion toponymique est probable, car le Bois du Charnier n’est pas un lieu-dit attesté (Augey, 1908).


CHRONOLOGIE

| Néolithique moyen (vers 4500–3500 av. J.-C.)

Le site fut probablement occupé au cours de cette période. En effet, la fouille de 1990 met en évidence un paléosol directement sous-jacent au tertre, livrant une poterie non décorée à fond rond, attribuable au Néolithique moyen (Devignes, 1995). De plus, la fosse cylindrique présente au pied d'un montant à l'extérieur de la chambre funéraire du dolmen permet d'envisager l'existence d'un habitat ou d'un site funéraire antérieur au mégalithe (PI, 2025). Le dolmen et le tumulus sont peut-être érigés autour de 4000 av. J.-C., au cours du Chasséen (PI, 2025).

| Néolithique récent (vers 3500–2500 av. J.-C.)

Le dolmen et le tumulus sont peut-être construits au cours de cette période. Le dolmen est érigé comme une allée couverte de type "allée d’Aquitaine", avec une chambre funéraire compartimentée et un tumulus (Devignes & Coffyn, 1987). Le mobilier associé à cette période est une hache polie et une pointe de flèche en silex, des poteries grossières et des perles en calcaire (Labrie, 1907), 1020 tessons néolithiques, majoritairement du cycle Peu-Richardien5 fragments de haches polies, 12 armatures tranchantes et 6 armatures perçantes à ailerons et pédoncule (Devignes & Coffyn, 1987; Devignes 1995).

| Chalcolithique (vers 2500-2000 av. J.-C.)

Le dolmen est réutilisé pendant l’âge du bronze, comme en témoignent un vase campaniforme et des fragments de poteries décorées (Labrie, 1907), 261 tessons campaniformes et des gobelets décorés au peigne  3 tortillons en or, 1 lamelle en or et 51 dentales (Devignes & Coffyn, 1987; Devignes 1995). Des inhumations supplémentaires sont probablement effectuées, les ossements suggérant une utilisation prolongée du site comme sépulture (Manouvrier, 1909).

| De la protohistoire à la période moderne (vers 1500 av. J.-C.–XVIIIe siècle)

La présence de 106 tessons protohistoriques (Bronze, Fer) indiquent une réutilisation du dolmen au cours de cette période (Devignes, 1995).

Le tumulus et le dolmen sont probablement utilisés comme dépotoir par la suite comme l'indique la présence de 516 tessons de céramique gallo-romaine, médiévale et moderne (Labrie, 1907; Devignes, 1995). Cependant, ces réutilisations n'altèrent pas l'intégrité des sépultures néolithiques (Labrie, 1907).

| Période contemporaine (XIXe–XXe siècles)

Avant 1875, des ossements humains sont récoltés dans le dolmen de Barbehère par des inconnus (Devignes, 1995).

En 1875, Gassies signale un dolmen au lieu-dit du Bois du Charnier et constate qu'il a été profané. Gassies a l'intention de le fouiller mais on ignore si il a pu le faire effectivement (Gassies, 1875; Devignes, 1995). Par la suite, une polémique se met en place quant à l'existence de deux dolmens, le dolmen du Bois du Charnier et le Dolmen de Barbehère, ou d'un seul, le Dolmen de Barbehère (Labrie, 1907, Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995).

Au début XXe siècle, le Dr Jeanty fait effectuer des fouilles expéditives dans le dolmen de Barbehère, avec découverte d’une hache polie et de nombreux ossements (Labrie, 1907). En 1907, Labrie indique que la forme du tumulus n'est déjà probablement pas la forme originelle (Labrie, 1907). En 1909, l'étude anthropologique des ossements par le Dr Manouvrier identifie 19 individus (16 hommes, 2 femmes, 1 enfant) (Manouvrier, 1909).

Après la fouille du Dr Jeanty, divers fouilleurs clandestins explorent les déblais laissés cette fouille pour en retirer des vestiges osseux et mobiliers. Aucune information ne permet de savoir ce qui a été récolté ainsi (Devignes, 1995).

Entre 1987 et 1991Marc Devignes et André Coffyn effectuent de nouvelles fouilles dans le dolmen de Barbehère et mettent à jour de très nombreux éléments lithiques, céramiques, de parures et d'industrie de l'os. Elles permettent également de mieux identifier la structure du dolmen. Devignes et Coffyn indiquent également que le tumulus, oval, n'a plus sa forme originelle (Devignes & Coffyn, 1987; Devignes, 1995). Par la suite, le matériel archéologique découvert est conservé par le Musée d'Aquitaine (PI, 2025).

En 1989, le 28 novembre, le dolmen est inscrit aux Monuments Historiques (Base Mérimée, 2026).

En 2008, le monument est restauré par la commune de Saint-Germain-d'Esteuil selon les directives de la Conservation Régionale du Patrimoine (PI, 2025).


TOPONYMIE

Barbehère est le nom de l'ancien village situé à un peu moins d'un kilomètre du dolmen (Labrie, 1907) et intégré aujourd'hui à la commune de Saint-Germain-d'Esteuil (IGN, 2026).


ÉTYMOLOGIE

Le terme « dolmen » fait son apparition en français en 1796 sous la forme « dolmin », dans l’ouvrage Origines gauloises de Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne-Corret. Cette graphie est utilisée jusqu’en 1810 mais le terme évolue vers « dolmen » dès 1805, dans Monuments celtiques de Jacques Cambry (CNRTL, 2025; La Tour d'Auvergne-Corret, 1796; Cambry, 1805).

L’étymologie du mot « dolmen » reste débattue. Deux hypothèses principales sont avancées. Pour la première hypothèse, il serait une transcription erronée du cornique « tolmen », attesté dès 1754 dans Antiquities of Cornwall de William Borlase. Cette erreur aurait été reprise par les archéologues français, notamment La Tour d’Auvergne. Pour la deuxième hypothèse, certains linguistes, comme Joseph Loth, proposent une origine bretonne, combinant « taol » ou « tol » (signifiant « table », issu du latin tabula) et « mean » ou « men » (signifiant « pierre », issu du latin moenia, « muraille »). Cependant, une composition bretonne régulière aurait dû aboutir à « taolvean » ou « tolven », et non à « dolmen » (CNRTL, 2025; Borlase, 1754; La Tour d'Auvergne-Corret, 1796; Loth, 1927).


SITUATION



TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant au Tumulus de Barbehère.
ATTENTION ! Site historique. Merci de respecter le lieu. Pas de dégradation, pas de prélèvement.

Itinéraire Km D+ Altitude max D+/Km Cotation Chiens
Abbaye de l'Île, Port la Maréchale, Tumulus de Barbehère 17,5 50 20 2,86 T1 Autorisé


MÉTÉOTutoriel météo

Tumulus de Barbehère (meteoblue)

PHOTOS

Vers l'ouest/nord-ouest

Vers le nord

Vers l'est

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MODÉLISATION 3D


Modélisation 3D, Archéomatique © Sketchfab


SOURCES

(Les sources sont classées par ordre alphabétique d’auteur.)

  • Augey, E. (1908). Notes relatives à des mégalithes récemment découverts, peu connus ou détruits du département de la Gironde. Bordeaux: Imprimerie G. Gounouilhou.
  • Base Mérimée (2026). Dolmen de Barbehère. Référence PA46000006. Ministère de la Culture. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00083892

  • Borlase, William (1754). Antiquities, historical and monumental, of the county of Cornwall. 2nd ed. London : Printed by W. Bowyer and J. Nichols, 1769. https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_antiquities-historical-_borlase-william_1769.

  • Burnez, C. (1976). Le néolithique et le chalcolithique dans le Centre-Ouest de la France [Mémoires de la Société Préhistorique Française, XII]. Société Préhistorique Française.

  • Cambry, Jacques (1805). Monumens celtiques, ou recherches sur le culte des pierres. Paris : Imprimerie de la République. https://archive.org/details/monumensceltique00camb/mode/2up.

  • Cartailhac, É. (1889). La France préhistorique. Paris: A. Picard.

  • Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL). (2025). Dolmen. https://www.cnrtl.fr/etymologie/dolmen

  • Daleau, F. (1876). Carte archéologique du département de la Gironde. In Association Française pour l’Avancement des Sciences (5ᵉ session, Clermont-Ferrand, 1876, pp. 606–618). Paris: Masson.

  • Devignes, M. (1987). Les monuments mégalithiques de la Gironde. Inventaire et analyse [Thèse de 3ᵉ cycle, Université Bordeaux III]. Université Bordeaux Montaigne.

  • Devignes, M. (1995). Inventaire des mégalithes de la France. 9 — Gironde. CNRS Éditions. https://www.persee.fr/doc/galip_0072-0100_1995_sup_1_9

  • Devignes, M., & Coffyn, A. (1987). Le dolmen de Barbehère. In Soulac et les Pays Médocains. Société Archéologique de Bordeaux. http://clubdubalen.fr/bibli/fhso/31barbehere.pdf

  • Ferbos, R. (1914). Excursion en Bas-Médoc du 17 mai 1914. Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux, XXXVI, 15–21.

  • Ferrier, J. (1938). La Préhistoire en Gironde. Le Mans: Imprimerie Monnoyer.

  • Gassies, J.-B. (1875). Progrès des études préhistoriques dans le Sud-Ouest de la France depuis 3 ans. Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux, II.

  • Institut National de l’Information Géographique et Forestière (IGN). (2026). Carte topographique. https://www.geoportail.gouv.fr

  • Labrie, J. (1907). Le dolmen sous tumulus de Barbehère à Potensac, près Ordonnac (Gironde). Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux, XXVIIIhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k343549/f137

  • La Tour d’Auvergne-Corret, Théophile‑Malo de (1796). Origines gauloises, celles des plus anciens peuples de l’Europe, puisées dans leur vraie source, ou recherches sur la langue, l’origine et les antiquités des Celto‑Bretons de l’Armorique. Hambourg : P. F. Fauche, 1796. https://books.google.com/books/about/Origines_gauloises_celles_des_plus_ancie.html?id=Fl4PAAAAQAAJ.

  • Loth, Joseph (1927). “Notes d’étymologie celtique”. Revue celtique 44 (1927): 184‑186. Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6418265z.

  • Manouvrier, L. (1909). Note sur les débris humains du dolmen de Barbehère (Gironde). Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, (5ᵉ série). https://doi.org/10.3406/bmsap.1909.8289

  • Panneau informatif sur site (PI) (2025).

  • Piganeau, E. (1897). Essai de répertoire archéologique du département de la Gironde. Bulletin de la Société Archéologique de Bordeaux, XXII.


REMERCIEMENTS

Cette page sur le Tumulus de Barbehère s’appuie sur les travaux des archéologues, historiens et linguistes cités en référence dans les sources. Un grand merci à tous ces chercheurs pour leurs travaux approfondis.

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