Vautour fauve

Vautour fauve

Gyps fulvus

Photo Katy Moulineau © - Page Facebook Kat'images

- Les infos pas très vraies (mais pas trop fausses)
- Les infos pas fausses (et plutôt vraies)
- Sources

LES INFOS PAS TRÈS VRAIES (MAIS PAS TROP FAUSSES)

Le Vautour fauve n'est pas très félin. Avec ses 10kg et ses 2m80 d'envergure, il a la démarche pataude. Il s'en fout un peu, il préfère voler.

Selon les observations de l'ornithologue-jardinier Gérard Fumette, le Vautour fauve est un baba cool. Ayant fui la société de consommation, il vit en communauté, dans des falaises entre 200 et 1600m d'altitude. Se réunissant régulièrement en groupe, il roule des bédos, fait tourner la beuh et passe le oinj à son voisin. Le Vautour fauve plane grave.

Festif, il n'est pas rare de voir le Vautour fauve sur la piste de danse, se déhanchant sur de la disco, sous les lumières de la boule à facettes et les stroboscopes. "Mamma mia", "Dancing queen", c'est son kif. Car le Vautour fauve n'aime que les ABBA et danse jusqu'au bout de la nuit. Du coup, il est très fatigué et, au moment des repas, il a souvent la tête dans le cul. Celui des autres. C'est assez gênant. Mais le Vautour fauve n'est pas bête. Sachant cela, il se rase la tête et le cou. Il évite ainsi d'en mettre partout. Et ça glisse mieux. Ainsi, le Vautour fauve est propre. Il n'oublie d'ailleurs jamais de mettre sa petite serviette blanche autour du cou quand il passe à table. Les jeunes, qui sont des gros dégueux, l'ont toujours sale et marron.

Le jeune fait d'ailleurs rapidement sa crise d'adolescence. Il quitte le nid familial afin d'aller voir si l'herbe se roule mieux ailleurs. Mais au bout de 3 ou 4 ans, le mal du pays le gagne. Il revient ainsi vivre à côté de papa et maman. Le jeune vautour finit par rencontrer sa future avec qui il vivra jusqu'à la fin de sa vie. 30 ou 40 ans. Ils ont intérêt à bien s'entendre. Sinon, c'est long.

Extrait du manuel du Bouquetin Bucolique

LES INFOS PAS FAUSSES (ET PLUTÔT VRAIES)

- Présentation
Le Vautour fauve niche dans les falaises entre 200 et 1600m d'altitude, même si quelques nids ont été observés jusqu'à 2200m. Situés dans la partie la plus haute et pentue des falaises, les vautours bénéficiant ainsi de bonnes conditions thermiques pour s'envoler et prendre de l'altitude, ces nids sont regroupés en colonie, ce qui est une exception chez les différentes espèces de vautours. Ces colonies sont composées généralement de quelques dizaines de couples, formés pour la vie, mais il arrive parfois qu'il y ait plus de 100 couples ou, au contraire, que certains couples vivent isolés. De la colonie, les oiseaux rayonnent sur 20 à 30km pour chercher de la nourriture et peuvent effectuer jusqu'à 60 à 80km de distance par jour.

Le Vautour fauve peut peser de 6 à 10kg et peut avoir une envergure de 2m50 à 2m80, ce qui en fait l'un des plus grands rapaces de France. Il possède des ailes longues et larges, et une queue courte, carrée et sombre. A l'âge adulte, il arbore une collerette blanchâtre à la base du cou, alors qu'elle est marron quand il est jeune. Son plumage est de couleur fauve, sa tête entièrement couvert d'un duvet blanc. L'iris de l’œil, sombre chez le jeune, devient jaune chez l'adulte.

Le Vautour fauve est nécrophage et dispose d'une vue perçante pour repérer les cadavres à haute altitude. Ses sucs gastriques éliminent bactéries et virus. Ainsi, par la consommation d'animaux malades, il met un terme aux possibles épizooties (épidémies qui frappent les animaux). Se nourrissant des tissus mous comme les muscles et les viscères, il est l'un des premiers charognards à nettoyer les cadavres et entame la proie à la faveur des orifices naturels.

Accédant à la maturité sexuelle à 4 ou 5ans, le Vautour fauve effectue, en novembre, des parades nuptiales qui peuvent réunir plusieurs individus, dans le vol simultané. Puis, en janvier ou février, la femelle pond 1 œuf qui sera couvé par les 2 parents. 2 mois plus tard, l’œuf éclot. Le jeune est ensuite élevé par ses parents qui le nourrissent en régurgitant la nourriture. Son premier vol s'effectue en juillet ou août, puis, en automne, il débute une migration/dispersion qui durera 3 ou 4ans. Celle-ci peut parfois l'amener très loin (certains bagués dans les Pyrénées ont été vus à la frontière Italie-Autriche ou encore au Maroc). Majoritairement, les Vautours fauve reviennent ensuite vivre prés de leur lieu de naissance, même si certains, venus des Pyrénées, s'installent dans des colonies italiennes, cévenoles ou alpines. Il peut vivre 30 à 40ans.

Photo L. Nédélec © - Site internet Parc national des Pyrénées

- Comment voir le Vautour fauve ?
Le Vautour fauve effectue de grands cercles au sommet des crêtes et pics, entourés de congénères, gagnant de la hauteur pour ensuite descendre vers les estives et les survoler. Il est ainsi facilement identifiable par son vol plané lent et en rond. Présent dans toute la chaîne montagneuse des Pyrénées, et en grand nombre, il n'est pas rare de l'y rencontrer.

Il existe également un petit musée en Vallée d'Ossau, la Falaise aux Vautours, qui permet notamment de voir en direct les vautours dans leur nid grâce à des caméras installées dans la Réserve naturelle située juste au-dessus.

- Histoire et effectifs
Au XIXe siècle, le Vautour fauve était présent dans toutes les zones montagneuses de la Provence aux Pyrénées. Mais, dans les années 1960, seuls une quarantaine de couples subsistaient en France dont une dizaine dans la falaise sous le sommet de la Pène de Béon (Vallée d'Ossau, Béarn, Pyrénées-Atlantiques), falaise qui fut classée Réserve naturelle en 1974.

Suite à cette quasi-disparition, et à l'initiative des associations de protection de la nature, la conservation de l'espèce a été mise en place, ce qui entraîna notamment l'interdiction d'utilisation de la strychnine (pesticide), une protection légale de l'espèce, la création de charniers, ainsi que la protection et la surveillance des sites de nidification. Grâce à cela, par exemple, la colonie protégée de la falaise aux vautours de la Vallée d'Ossau a compté jusqu'à 120 couples dans les années 2000. En France, en 2013, environ 600 couples ont été dénombrés dans les Pyrénées auxquels s'ajoutent quelques centaines qui ont été réintroduits dans les Grands Causses (Lozère), les Baronnies et le Diois (Drôme) et le Verdon (Var).

Depuis 1993, un programme de baguage de jeunes vautours permet d'obtenir des renseignements sur la croissance des jeunes, leur départ du nid et leur comportement migratoire. Le Parc national des Pyrénées effectue également une surveillance sur la relation entre les vautours et le bétail présent en estives.

SOURCES

Pyrénées-Atlantiques (Yves Herouët, Dominique Decobecq / Brgm éditions)
Guide des rapaces de France (Jean Sériot / Editions Sud Ouest)
Vautour fauve (site du Parc National des Pyrénées)

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