Gypaète barbu

Gypaète barbu

Gypaetus barbatus

Photo Bruno Berthémy © - Site internet LPO (Grands Causses)

LES INFOS PAS TRÈS VRAIES (MAIS PAS TROP FAUSSES)

Le Gypaète se rencontre généralement chez le barbier. Pas peu fier de son attribut poilu, il aime à l'entretenir. On peut également le croiser dans les stations thermales où il affectionne particulièrement les bains de boue qui lui donnent un joli teint. Bref, le Gypaète fait attention à sa personne. Il est beau gosse et il le sait.

Ainsi, avec ses 2m50 à 3m d'envergure et ses 7kg, le Gypaète se la pète. Ce qui est un peu pénible à la longue. Et le Gypaète vit longtemps. Plus de 30 ans. Être con, ça conserve. Heureusement, le Gypaète est rare.

Mais faire le beau, ça prend du temps. Par conséquent, il arrive toujours en retard à table et il est obligé de se contenter des os et des tendons. Du coup, il est un peu véner. Il se défoule alors comme il peu et utilise une technique de kung-fu très particulière et baptisée "Tu l'as dans l'os" par le peu célèbre zoologue et moine shaolin Gérard Lee.

Lors de la ponte, la femelle balance deux œufs. Après deux mois, si deux poussins naissent dans le même nid, l'aîné, discrètement, l'air de rien, en sifflotant, balance le cadet par-dessus bord. On peut donc dire, sans hésiter, que le gars est un peu égoïste et n'aime pas partager. Être con, ça commence tôt chez le Gypaète.

Extrait du manuel du Bouquetin Bucolique

LES INFOS PAS FAUSSES (ET PLUTÔT VRAIES)

- Présentation
En France, le Gypaète barbu (ou plus précisément la sous-espèce Gypaetus barbatus barbatus) niche de préférence dans les falaises et les parois rocheuses, généralement entre 700m et 2300m d'altitude et dans une petite cavité ou sous une vire. Il vit en couple mais on peut observer des trios, généralement formés de deux mâles et d'une femelle. Les couples disposent d'un territoire s'étendant sur plus de 50.000 ha avec de grandes zones de pâturages et d'éboulis où il trouve sa nourriture. Chaque couple possède 3 à 8 nids, même s'il reste le plus souvent sur le même nid.

Pour une taille de 1m10 à 1m50, le Gypaète barbu a une envergure de 2m50 à 3m et peut peser jusqu'à 7kg. C'est l'un des plus grands rapaces d'Europe et il peut vivre plus de 30 ans voire 40 ans. Blanche à l'origine, la couleur orangée du ventre et de la tête est due à des bains dans des sources d'eau ou de boues ferrugineuses qui vont charger le plumage en oxyde de fer et donner cette coloration "rouille" (NB : ces sources étant rares en Corse, les rares Gypaètes qui y vivent restent blancs ou très peu colorés). Il n'existe pas de différences physiques nettes entre les mâles et les femelles.

Le Gypaète est un nécrophage et, en ce sens, assure une fonction sanitaire en éliminant les carcasses et évitant la propagation de maladies. Il se nourrit donc d'animaux morts, plus particulièrement d'ongulés sauvages ou domestiques. Dans les Pyrénées, l'Isard et le cheptel ovin constituent ainsi l'essentiel des ressources, enrichie localement par des marmottes et des cerfs. Spécialisé dans l'ingestion des os (80% de son régime) et des tendons coriaces, il les avale grâce à un gosier élastique. Se situant en dernier maillon de la chaîne alimentaire, le Gypaète achève ainsi le travail des autres nécrophages. Pour les os trop gros, il utilise une technique particulière en les laissant tomber au-dessus de pierriers afin qu'ils se cassent. L'oiseau recommence ainsi tant que c'est nécessaire.

Le Gypaète ne se reproduit qu'à partir de l'âge de 7 ans (ou 8 ou 10 ans selon les sources). La reproduction débute au mois d'octobre par les parades et la construction du nid, mais la ponte, composée de 2 œufs, ne s'effectuera que de mi-décembre à fin février. 1 ou 2 poussins naissent ensuite après 2 mois d'incubation. Dans le cas où ils naissent à 2, seul l'aîné survivra puisqu'il se débarrasse systématiquement de son cadet. Après plus de 4 mois à rester au nid, il prend son envol au cours de l'été mais reste dépendant de ses parents quelques temps. Le jeune Gypaète quitte ensuite le territoire pour revenir progressivement s'installer le plus souvent près de son lieu de naissance. Le taux d'échec de reproduction est fort puisque seul 1 couple sur 3 ou 4 parvient à élever un jeune chaque année.

Photo Olive White © - Site internet Olive White Photographies

- Où voir le Gypaète barbu ?
Le Gypaète est présent dans toutes les vallées du Parc national des Pyrénées. Mais étant très rare, il faudra beaucoup de patience ou une bonne dose de chance pour pouvoir un croiser un.

- Histoire et effectifs
Autrefois, la croyance voulait que le Gypaète posséda des pouvoirs démoniaques. Son œil cerclé de rouge était d'ailleurs le signe du démon et son poitrail révélait qu'il se baignait dans le sang de ses victimes. Il était ainsi considéré comme une bête féroce et un danger pour les troupeaux et l'Homme et fut décimé à coups de fusil, d'empoisonnement et d'enlèvement des œufs et poussins au nid.

Presque disparu dans les Pyrénées françaises dans les années 1950, la population de Gypaète barbu (ou plus précisément de la sous-espèce Gypaetus barbatus barbatus) a progressivement augmenté. Cependant le Gypaète barbu, espèce protégée et classée "en danger", reste, en 2018, le rapace le plus rare d'Europe.

En France, en 1997, subsistait 30 couples dans les Pyrénées françaises. Toujours en France, en 2015, 40 couples ont été répertorié dans les Pyrénées, 5 couples en Corse et 9 dans les Alpes, soit un total de seulement 54 couples. Au niveau de l'Europe de l'Ouest (incluant donc la France), c'est 147 couples en 2011 dans les Pyrénées, 33 couples dans les Alpes en 2015, 5 en Corse en 2015, 5 en Crête en 2010 et 1 en Andalousie en 2015.

La population du Gypaète barbu est donc faible et fortement morcelée. Non seulement au niveau français mais également au niveau européen. Ainsi la population occidentale n'a pas d'échange avec la population orientale (Turquie, Caucase) du fait de la disparition de l'espèce dans la zone centrale (Balkans, Grèce, Sicile et Sardaigne).

Cette fragmentation et l'isolement qui en découle sont l'une des principales menaces qui pèse sur l'espèce. Et même si les populations corses et pyrénéennes semblent avoir développées des spécificités génétiques dues à cet isolement, des experts réunis en 2009 ont mis en évidence l'importance de favoriser les échanges entre populations, ce qui pourrait entraîner une modification de ces spécificités. En France, deux programmes de réintroduction ont été mis en place dans le Vercors et dans les Grands Causses en 2010 et 2012 afin de relier les populations pyrénéennes et alpines.

SOURCES

Guide des rapaces de France (Jean Sériot / Editions Sud Ouest)
Le Gypaète barbu (site de la LPO)
Gypaète barbu (site du Parc National des Pyrénées)
Gypaète barbu (site de l'Association Asters)

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