Abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé

ABBAYE SAINT-PIERRE DE MARCILHAC-SUR-CÉLÉ
150m

Ruines de la nef romane (18/03/25)

NB : L'altitude mentionnée ici est approximative.

INFOS

| Contexte géographique

L’abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé est située dans le département du Lot, en région Occitanie, au cœur du parc naturel régional des Causses du Quercy (Base Mérimée, 2025; Amis de l'Abbaye de Marcilhac, 2025). Elle est implantée dans la , dans un site naturel marqué par des falaises calcaires et une végétation méditerranéenne (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). Le monastère, fondé dans un méandre de la rivière, bénéficiait d’une , tout en étant accessible depuis les voies de communication médiévales reliant le Quercy au Rouergue et à l’Auvergne (Marboutin, 1937; Durliat, 1976, Cabanot, 1993).

Le village de Marcilhac-sur-Célé s’est développé autour de l’abbaye, qui fut un centre religieux et économique majeur dans la région (Marboutin, 1937). La pour les fondations du chevet, offrait également des ressources en eau et une protection naturelle (Durliat, 1976). Le site, entouré de collines et de forêts, reflète l’intégration harmonieuse de l’architecture monastique dans un paysage préservé, typique des vallées du sud-ouest de la France (Base Mérimée, 2025).

| Vue d'ensemble

L’abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé, classée Monument historique, est un ensemble architectural marqué par des siècles d’histoire, de destructions et de reconstructions (Base Mérimée, 2025; Marboutin, 1937). Fondée au Moyen Âge, elle a subi des dommages majeurs pendant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion (Durliat, 1976; Marboutin, 1937).

Aujourd’hui, le visiteur découvre un édifice composite, où se mêlent des vestiges romans et des reconstructions gothiques flamboyantes des XVᵉ et XVIᵉ siècles (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). L’église abbatiale, partiellement en ruine à l’ouest, conserve une nef romane mutilée, un transept imposant, un chœur gothique, et un déambulatoire dépourvu de chapelles rayonnantes (Durliat, 1976; Marboutin, 1937). Les bâtiments conventuels, réduits à quelques éléments comme la salle capitulaire, complètent cet ensemble (Deshoulières, 1938).

| Les ruines

A l'ouest de l'édifice se trouve, à l'état de vestiges, les trois premières travées de la nef de l'ancienne église romane, construite à la fin du XIᵉ et au début du XIIᵉ siècle (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). Les grandes arcades en plein cintre, à double rouleau, reposent sur des piliers cruciformes flanqués de quatre colonnes engagées (Marboutin, 1937). Les chapiteaux, souvent mutilés, présentent des motifs végétaux ou géométriques, une facture typique de l’art roman languedocien, comparable à ceux de Conques ou de Figeac (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938; Cabanot, 1993). Les tribunes, autrefois surmontant les collatéraux, sont encore partiellement visibles, les murs gouttereaux conservant encore des traces de ces tribunes, ainsi que des escaliers à vis permettant d’y accéder (Marboutin, 1937).

La façade occidentale est en grande partie ruinée, mais on distingue encore les vestiges du porche roman, avec ses arcs brisés et ses piliers cruciformes (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). Les chapiteaux du porche, ornés de motifs végétaux (palmettes et rinceaux) ou de scènes bibliques (comme Daniel dans la fosse aux lions), sont comparés à ceux de Conques et datés de la fin du XIᵉ siècle (Marboutin, 1937, Cabanot, 1993). Les tours de façade, autrefois flanquant le porche, ne subsistent que partiellement : la tour nord n’est plus qu’un tronçon informe, tandis que la tour sud, à souche carrée, a été remaniée et fortifiée au XIVᵉ siècle, avec des créneaux et un toit à pavillon (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). La façade conserve aussi des traces de fenêtres romanes à ébrasement en gradins, caractéristiques de l’architecture romane locale (Deshoulières, 1938).

Le portail occidental, aujourd’hui très dégradé, présente trois voussures concentriques, ornées de gorges et de tores, retombant sur des colonnes aux chapiteaux sculptés de palmettes et d’entrelacs. Ce portail, bien que mutilé, témoigne de l’influence de l’art roman auvergnat et languedocien (Marboutin, 1937; Cabanot 1993).

Le portail méridional, partiellement enterré en raison de l’exhaussement du sol, est un élément roman remarquable. Son arc en plein cintre, légèrement surbaissé, est orné d’un tore et repose sur des piédroits décorés. L’extrados du portail supporte un tympan primitif, composé d’un assemblage de bas-reliefs frustes, enchâssés dans un appareil en arêtes de poisson (Marboutin, 1937; Rey, 1936).

Ce tympan préroman représente le Christ en Majesté, assis sur un trône, entouré des symboles du soleil et de la lune. Au registre inférieur, deux anges et les figures de saint Pierre et saint Paul, sous des arcades, annoncent les compositions plus élaborées de Moissac ou de Conques. Les inscriptions en relief, partiellement effacées, ainsi que la facture archaïque des sculptures, suggèrent une datation entre la fin du Xᵉ et le début du XIᵉ siècle, faisant de ce tympan l’un des plus anciens exemples de tympan roman en France (Marboutin, 1937; Rey, 1936; Cabanot 1993).

Autour de l’église, subsistent des vestiges de l’enceinte abbatiale, partiellement conservée, ainsi que des traces des bâtiments conventuels disparus (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938).

| L'église

L'église est le résultat d'une restauration gothique du XVᵉ siècle effectuée après les destructions de la guerre de Cent Ans (Marboutin, 1937; Durliat, 1976). A l'ouest, l'église conserve la quatrième travée de la nef de l'ancienne église romane qui a ainsi été intégrée à la partie orientale de l'édifice (Marboutin, 1937).

Le transept est l’un des éléments les mieux conservés de l’édifice roman, bien que partiellement reconstruit en style gothique. Il est dépourvu de collatéraux et se compose de deux bras de trois travées chacun, voûtés d’ogives. Les voûtes actuelles, refaites en style gothique flamboyant, reposent sur des piliers composites, formés de colonnes engagées et de nervures moulurées. Ces piliers ont été partiellement bûchés pour s’adapter aux nouvelles arcades brisées, et les fenêtres hautes ont été modifiées pour adopter un tracé gothique (Marboutin, 1937).

Chaque croisillon du transept donne naissance à deux chapelles : les chapelles les plus proches du chœur, de forme rectangulaire, possèdent deux travées voûtées d’ogives et sont éclairées par des fenêtres à remplage flamboyant. Les chapelles suivantes, à cinq pans, sont également voûtées d’ogives à six branches. La chapelle sud est dédiée à la Vierge, tandis que la chapelle nord, dédiée à saint Quirin, est aujourd'hui transformée en sacristie (Marboutin, 1937).

Les murs du transept roman ont été en grande partie conservés, notamment dans le croisillon sud, où subsistent des fenêtres d’origine et des fûts de colonnes romanes. Ces colonnes soutenaient probablement une coursière reliant les tribunes de la nef à celles du déambulatoire (Durliat, 1976; Cabanot, 1993). Les contreforts extérieurs, plats et renforcés, sont typiques de l’architecture romane (Marboutin, 1937).

Le chœur a été entièrement reconstruit en style gothique flamboyant au XVᵉ siècle, sur les fondations romanes (Marboutin, 1937; Durliat, 1976). Il se compose d’une travée barlongue et d’un rond-point à cinq pans, entouré d’un déambulatoire polygonal de neuf travées. Ce déambulatoire, dépourvu de chapelles rayonnantes et également voûté d’ogives, est éclairé par des fenêtres tréflées (Marboutin, 1937; Cabanot, 1993). Les arcades du chœur, très aiguës et moulurées de deux larges cavets, reposent sur des colonnes cylindriques aux bases polygonales. Les chapiteaux ont été remplacés par des impostes, et les voûtes d’ogives, à huit nervures, sont montées sur des colonnettes en encorbellement (Marboutin, 1937).

À l’extérieur, le chevet, entièrement reconstruit dans le style gothique, est contrebuté par de gros contreforts à deux ressauts en glacis, terminés par des pignons triangulaires. Les fenêtres, étroites et hautes, sont typiques du style gothique flamboyant et éclairent le chœur et le déambulatoire (Marboutin, 1937).

| Mobilier

L’abbaye conserve un mobilier remarquable, notamment des boiseries sculptées du XVIIᵉ siècle, représentant des scènes de la Passion ou de la vie de la Vierge, dans les chapelles du transept, une piéta en bois du XVIIᵉ siècle, classée monument historique, et une stalle du XVIᵉ siècle, ornée des armes de la famille d’Hébrard, ancienne famille d’abbés de Marcilhac (Marboutin, 1937; Cabanot, 1993). La stalle, conservée dans le chœur, présente un décor géométrique et végétal, et une miséricorde sculptée d'une tête d'ange (Cabanot, 1993).

| La salle capitulaire

La salle capitulaire, située au nord de l'église, est l’un des rares éléments conventuels préservés. Restaurée au XXᵉ siècle, elle date du XIIᵉ siècle et est divisée en trois travées, dont deux sont voûtées d’ogives primitives, parmi les plus anciennes du Midi de la France. Les ogives, de section torique, retombent directement sur le sol, sans l’intermédiaire de chapiteaux ou de culots, ce qui en fait un exemple précoce de voûte sur croisée d’ogives (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938; Cabanot, 1993).

Les baies en plein cintre, ouvrant sur l’ancien cloître, sont ornées de chapiteaux historiés, représentant des scènes bibliques ou des motifs symboliques comme la joie des élus (Liticia) ou les tourments des damnés. Les chapiteaux, de facture proche de ceux de Moissac ou de Toulouse, datent probablement du premier tiers du XIIᵉ siècle (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938; Cabanot, 1993).

Plan - Selon le plan publié dans Congrès archéologique de France : Figeac, Cahors, Rodez, 1937

Plan OpenStreetMap - Geoportail (IGN)


ÉVOLUTION DE L'ABBAYE

| L'église romane

L’église romane, construite à la fin du XIᵉ siècle et au début du XIIᵉ siècle, suivait un , inspiré de modèles comme Conques ou Saint-Sernin de Toulouse (Durliat, 1976; Marboutin, 1937).

La nef romane, précédée par un narthex (porche occidental), était initialement composée de six travées flanquées de bas-côtés voûtés d’arêtes (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). Les grandes arcades, en plein cintre et à double rouleau, reposaient sur des piliers cruciformes cantonnés de quatre colonnes engagées. (Marboutin, 1937; Base Mérimée 2025). Les chapiteaux, souvent ornés de motifs végétaux ou géométriques, présentaient une facture typique de l’art roman languedocien, comparable à ceux de Conques ou de Figeac (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). Les tribunes, situées au-dessus des bas-côtés, étaient éclairées par des fenêtres en plein cintre et voûtées en quart de cercle (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). Elles étaient accessibles via des escaliers à vis (Marboutin, 1937). La nef était initialement couverte d’un berceau brisé, tandis que les bas-côtés étaient voûtés d’arêtes (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938).

L'église romane était également composée d'un transept très développé, avec deux chapelles par croisillon, dont une absidiole semi-circulaire et une chapelle rectangulaire, et d'un chœur rectangulaire entouré d’un déambulatoire (Durliat, 1976; Marboutin, 1937)

Les fouilles de 1968-1969 ont révélé que le chevet roman comportait trois chapelles rayonnantes (dont une outrepassée), un déambulatoire semi-circulaire, et des fondations massives (jusqu’à 2,40 m d’épaisseur) pour stabiliser l’édifice sur le sol alluvial du Célé. Ces chapelles, semi-circulaires ou outrepassées, étaient intimement liées au déambulatoire et servaient de contreforts à l’abside (Durliat, 1976; Cabanot, 1993). Le chevet roman de Marcilhac présente des similitudes frappantes avec celui de Sainte-Foy de Conques (même nombre de chapelles rayonnantes, disposition des chapelles orientées du transept), ce qui permet de dater sa construction du troisième quart du XIᵉ siècle (Cabanot, 1993).

Les contreforts extérieurs, les arcades en plein cintre, et les chapiteaux (notamment ceux représentant des lions, des entrelacs, et des scènes bibliques comme Daniel dans la fosse aux lions) témoignent d’une influence à la fois auvergnate et languedocienne (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938). Le portail méridional conserve un tympan préroman du Xᵉ siècle, considéré comme un précurseur des tympans sculptés de Moissac ou Conques  (Marboutin, 1937; Rey, 1936).

| La restauration gothique

Après les destructions de la guerre de Cent Ans, l’abbaye fut partiellement reconstruite à partir de 1437 sous l’abbé Raymond Hébrard (Durliat, 1976; Marboutin, 1937).

Les travaux, menés dans un style gothique flamboyant, concernèrent principalement le chœur et l’abside, rebâtis sur les fondations romanes, avec des voûtes d’ogives et des fenêtres à remplage flamboyant (Marboutin, 1937; Base Mérimée, 2025).

Le déambulatoire, dépourvu de chapelles rayonnantes, mais conservant des colonnes engagées et des impostes polygonales, fut également restauré (Durliat, 1976).

Les chapelles du transept, dont certaines furent dédiées à la Vierge ou à saint Quirin, présentent des clés de voûte armoriées (famille de Laroque-Toirac) (Marboutin, 1937; Cabanot 1993).

Les contreforts extérieurs, renforcés et surmontés de pinacles, ainsi que les arcs-boutants, datent également de cette période (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938; Cabanot, 1993). Malgré ces reconstructions, une partie de la nef et du narthex roman restèrent en ruine (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938).

| Les bâtiments conventuels et l'enceinte

Les bâtiments conventuels de l’abbaye, aujourd’hui presque entièrement disparus, étaient organisés autour d’un cloître situé au nord de l’église. Une enceinte quadrilatérale, partiellement conservée, protégeait le monastère, avec des tours et des bastions ajoutés au XIVᵉ ou au XVᵉ siècles pour se défendre (Marboutin, 1937; Deshoulières, 1938; Cabanot, 1993).

La salle capitulaire est le principal vestige des bâtiments claustraux (Marboutin, 1937; Base Mérimée, 2025). D’autres éléments, comme la salle du trésor ou les dortoirs, ont disparu, mais leur emplacement est connu grâce aux fouilles et aux plans anciens (Deshoulières, 1938).


CHRONOLOGIE

| 400-500

Au Ve siècle, selon une chronique berrichonne, le Patriarchum Bituricense, un petit établissement monastique existerait déjà à Marcilhac. Saint Palladius, archevêque de Bourges, y serait venu mourir en 461. L', et l'.

| 600-700

En 654, le nom de Marcilhac apparaît pour la première fois dans le testament de saint Didier, évêque de Cahors, qui fait des dons à l’abbaye de Saint-Amand. Il n'y a aucune preuve directe de la fondation d’un monastère à cette date, mais cette mention atteste d’une occupation ancienne du site (Cabanot, 1993; Base Mérimée, 2025).

| 800-900

Au IXe siècle, un document mentionne une Cella de Marcilhac, dépendante de l'abbaye de Moissac. Cette dépendance aurait été de courte durée (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

| 900-1000

En 922, l'abbaye de Marcilhac est citée dans le testament d'Adhémar des Echelles, vicomte de Tulle (Marboutin, 1937). Selon certaines traditions, l’abbaye aurait été fondée par des moines venus de Saint-Amand ou de Saint-Géry de Cahors (Cabanot, 1993).

En 960, l'abbaye est mentionnée dans le testament de Raymond, comte du Rouergue, ainsi que dans l'acte de fondation du prieuré de Fons (960 ou 972). En 960 également, l'église abbatiale est nommée pour la première fois dans le testament de Roger de Pons, comte de Toulouse (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

| 1000-1100

Au XIe siècle, l'abbaye Sainte-Marie de Madiran est fondée par un chevalier du nom de Sanche, qui, ayant reçu l’habit des mains de l’abbé Étienne de Marcilhac, lui donne autorité sur sa fondation. Malgré de nombreux conflits, les liens entre les deux monastères se maintiendront jusqu'au XVIIe siècle (Cabanot, 1993).

Vers 1030, l'évêque de Cahors, Deusdedit, donne l'église de Rocamadour à l'abbé de Marcilhac, Étienne ou Géraud. Ce don marque le pour la possession de Rocamadour (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

A la fin du XIe siècle, la construction de l'église romane et du cloître débute, probablement sous l'abbatiat de Gombart (attesté en 1090). L'église est , avec une nef, un transept, un chœur entouré d'un déambulatoire, et des chapelles rayonnantes (Durliat, 1976; Base Mérimée, 2025).

| 1100-1200

En 1113-1114, une sentence de l'évêque de Cahors rend Rocamadour à Marcilhac (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

Vers 1120, les moines de Tulle s'emparent à nouveau de Rocamadour (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

En 1193, une transaction met un terme au conflit avec Tulle. Marcilhac renonce à Rocamadour contre une indemnité de 3 000 sols (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

Dans la seconde moitié du XIIe siècle, la et des voûtes d'ogives primitives, est construite.

| 1300-1400

En 1324, l.

En 1385, la commende est introduite, ce qui entraîne la vente d'une partie des biens de l'abbaye (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

En 1389, une enquête du pape révèle que Marcilhac, comme d'autres lieux du Quercy, a été détruit et abandonné pendant la guerre de Cent Ans.  (Durliat, 1796; Denifle, 1899; Cabanot 1993).

Au XIVe ou au XVe siècle, des tours et des bastions sont ajoutés à l'enceinte autour de l'abbaye (Cabanot, 1993).

| 1400-1500

En 1437, l'abbé Raymond Hébrard adresse une supplique au pape pour décrire l'état de ruine de l'abbaye et demande l'union des prieurés de Lauzès et Sabadel à Marcilhac pour financer les réparations (Denifle, 1899).

En 1450, Jeanne Hébrard, sœur de l'abbé Raymond, demande dans son testament à être enterrée dans une chapelle du transept dédiée à la Vierge, ce qui suggère que des travaux de restauration sont en cours  (Marboutin, 1937; Cabanot, 1993).

En 1462, Guillaume Hébrard, neveu et successeur de Raymond, prend possession de l'abbaye et peut entrer dans l'église, ce qui indique que les travaux de restauration sont avancés (Marboutin, 1937; Cabanot, 1993).

A la fin du XVe siècle, les moines se plaignent que les réparations ne sont pas terminées et qu'ils subissent les intempéries dans l'église.

| 1500-1600

En 1515, les moines se plaignent toujours de l'état de l'église et des réparations inachevées (Marboutin, 1937).

En 1569, pendant les guerres de Religion, les et l'église. Les bâtiments conventuels et une partie de l'église sont détruits ( (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937; Durliat, 1976; Cabanot, 1993).

| 1600-1700

Au XVIIe siècle, l'abbé dit que l'abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé est fille du chapitre de l'évêque de Cahors, rappelant la tradition selon laquelle l'abbaye aurait été fondée par des moines venus de Saint-Amand ou de Saint-Géry de Cahors (Albe & Viré, 1924; Cabanot, 1993).

En 1601-1615, l'abbé Jean IV récupère les biens aliénés et entreprend une .

En 1637, l'abbaye est toujours en ruines (Marboutin, 1937).

En 1671, une délibération de la communauté de Marcilhac confirme que le monastère a été brûlé pendant les guerres de Religion et que les bâtiments sont en ruine (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

En 1679, un pouillé constate que le monastère est en ruine, avec le tiers de l'église, le cloître et les autres lieux réguliers détruits et inhabitables (Marboutin, 1937).

| 1700-1800

Au milieu du XVIIIe siècle, l, l'église paroissiale voisine étant abandonnée  (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

En 1764, un document indique que l'église abbatiale, devenue paroissiale, est en bon état et indispensable à la paroisse (Marboutin, 1937).

A la fin du XVIIIe siècle, la Révolution intervient et empêche la sécularisation de l'abbaye qui était envisagée (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937).

| 1800-1900

En 1842 et 1846, l'église de Marcilhac figure sur les premières listes des Monuments Historiques (Base Mérimée, 2025).

En 1843, des travaux de déblaiement et d'isolement des ruines de l'église débutent (Deshoulières, 1938).

En 1862, l'église est , ce qui suggère un retrait temporaire ou une omission (Base Mérimée, 2025).

| 1900-2000

En 1906, le 20 novembre, l'église et les ruines sont de nouveau classées comme Monuments Historiques. Les éléments protégés sont l'église abbatiale, les ruines des cloîtres contigus à l'église et les ruines attenant aux cloîtres (Base Mérimée, 2025).

En 1909, l'architecte Chaine procède à des travaux de restauration, notamment un rejointoiement complet et la création de sauts-de-loup pour lutter contre l'humidité (Deshoulières, 1938).

En 1923, la salle capitulaire est restaurée par l'architecte Poutaraud (Deshoulières, 1938).

En 1939, le 31 mai, de nouveaux éléments sont classés aux Monuments Historiques. Ainsi, les immeubles aux abords de l'église (parcelles cadastrales E 424 et E 425) sont dorénavant protégés (Base Mérimée, 2025).

En 1965, le 13 janvier, des éléments sont inscrits aux Monuments Historiques. Ainsi, la porte Sud de l'enceinte, qui comprend les deux maisons anciennes, le mur auquel ces maisons sont adossées et la partie du mur percée (), est dorénavant protégée (Base Mérimée, 2025).

En 1968-1969, des révèlent les fondations du chevet roman et des chapelles rayonnantes (Durliat, 1976). Elles confirment aussi que les tribunes de la nef romane étaient probablement voûtées d'arêtes ou couvertes d'une charpente, et non de demi-berceaux comme parfois supposé (Cabanot, 1993).

En 1995, l'association Les Amis de l'abbaye de Marcilhac est créée. Elle a pour objectif  la préservation du site et la participation aux projets d'aménagement intérieurs et extérieurs (Les Amis de l'abbaye de Marcilhac, 2025).

TOPONYMIE

| Abbaye Saint-Pierre

L’abbaye de Marcilhac-sur-Célé est appelée abbaye Saint-Pierre en raison de sa dédicace à saint Pierre apôtre, patron des moines bénédictins et figure centrale du christianisme. Cette consécration à saint Pierre était courante pour les monastères bénédictins, car elle symbolisait la et l’autorité pontificale, saint Pierre étant considéré comme le premier pape et le fondateur de l’Église romaine (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937, Durliat, 1976; Base Mérimée, 2025).

Dès sa fondation, l’abbaye fut placée sous le vocable de saint Pierre, comme en témoignent les . Cette pratique reflétait l’importance de saint Pierre dans la liturgie et la spiritualité monastique, notamment pour les abbayes liées à la ou aux grands centres bénédictins comme Cluny. Le tympan préroman (Xᵉ siècle) du portail méridional, bien que fragmentaire, représente des motifs liés à la tradition pétrienne, renforçant l’hypothèse d’une dédicace ancienne (Albe & Viré, 1924; Marboutin, 1937, Durliat, 1976; Cabanot, 1993, Base Mérimée, 2025).

| Marcilhac-sur-Célé

Le toponyme Marcilhac est , formé à partir du nom de personne gallo-romain Marcellius ou Marcilius, suivi du suffixe -ac ou -acum (désignant un domaine). Ce type de formation toponymique est typique des noms de lieux issus de , où le indique la propriété. Marcilhac signifie donc « domaine de Marcellius ». La forme occitane Marcilhac a été conservée sans francisation, notamment dans le Lot. L’orthographe actuelle reflète l’héritage occitan, avec la , ce qui distingue ce toponyme d’autres variantes régionales comme Marciac ou Marcillac (Morlet, 1991; Bazalgues, 2014; Wikipédia, 2025).

Le village est situé dans le Lot, en Occitanie, et son nom complet "Marcilhac-sur-Célé" indique sa position géographique le long de la rivière Célé.

Le nom de la rivière Célé provient du latin celer, signifiant « rapide ». Cette appellation reflète le caractère vif et rapide de son cours, qui prend sa source dans le Massif central (Association Sauvegarde du Célé, 2025; Glare, 1982).


SITUATION



TOPOS

Les topos du Bouquetin Boiteux passant à l'Abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé.
ATTENTION ! Site historique. Merci de respecter le lieu. Pas de dégradation, pas de prélèvement.

Itinéraire Km D+ Altitude max D+/Km Cotation Chiens
Abbaye Saint-Pierre, Dolmen de la Devèze, Dolmen de Combes Hautes 11,5 250 305 21,74 T1/T2 Autorisé


MÉTÉOTutoriel météo

Marcilhac-sur-Célé (meteoblue)

PHOTOS

Mur d'enceinte, tour sud-ouest (18/03/25)

Façade sud, église (18/03/25)

Maison médiévale (18/03/25)

Façade ouest (18/03/25)

Façade ouest, tour sud-ouest (18/03/25)

Mur d'enceinte (18/03/25)

Façade sud, église(18/03/25)

Portail sud, tympan primitif (28/03/25)

Portail sud, tympan primitif (18/03/25)

Portail sud, tympan primitif (18/03/25)

Façade sud, tour sud-ouest (18/03/25)

Eglise, chevet (18/03/25)

Eglise (18/03/25)

Ruines de la nef romane (18/03/25)

Ruines de la nef romane (18/03/25)

Ruines de la nef romane (18/03/25)

Ruines de la nef romane, tour sud-ouest (18/03/25)

Ruines de la nef romane, portail ouest (18/03/25)

Ruines de la nef romane, tour sud-ouest (18/03/25)

Chapiteau de Daniel (18/03/25)

Chapiteau de Daniel (18/03/25)

Façade ouest, portail ouest (18/03/25)

Façade ouest (18/03/25)

Eglise depuis le portail de la façade ouest (18/03/25)

Intérieur de l'église (18/03/25)

Façade nord, tour sud-ouest (18/03/25)

Façade nord (18/03/25)

Ancien cloître, église, façade nord (18/03/25)

Ancien cloître, église, façade nord (18/03/25)

Eglise, façade nord (18/03/25)

Passage entre l'église et la salle capitulaire (18/03/25)

Passage le long de la salle capitulaire (18/03/25)

Passage le long de la salle capitulaire (18/03/25)

Passage le long de la salle capitulaire (18/03/25)

Abbaye (18/03/25)

Abbaye (18/03/25)

Vue aérienne (Toursime Lot) © Christophe Bouté, Vent d'Autan


VIDÉO


SOURCES

(Les sources sont classées par ordre alphabétique d’auteur.)

  • Albe, Edmond, et Armand Viré. Brive-Lachaise : Imprimerie moderne, 1924. Cité dans Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot (1937) et Congrès archéologique de France (1938).

  • Allo (s.d.). Modern dictionary for dead ancient languages, s.v. « Celer », Lien : https://ancientlanguages.org/latin/dictionary/celer-celeris-celere.

  • Amis de l’Abbaye de Marcilhac (s.d.). Site officiel. https://amis-abbayedemarcilhac.fr/

  • Association Sauvegarde du Célé (s.d.). Le Célé et ses affluents. Dans Site officiel. https://www.lecele.fr/cele/le-cele-et-ses-affluents/

  • Bazalgues, Gaston (2014), Les noms des communes du Parc, Les cahiers scientifiques du Parc naturel régional des Causses du Quercy, vol. 1, 2014, p. 115. Cité dans Wikipédia, s.v. « Marcilhac-sur-Célé ».

  • Cabanot Jean (1993). Ancienne abbatiale Saint-Pierre. Dans Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, 147e session, 1989, Quercy. Société française d'archéologie, 1993, p.339-364. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32100915/f341.item

  • Denifle, Heinrich en France pendant la guerre de Cent ans. Paris : Picard, 1899. Cité dans Bulletin Monumental (1976) et Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot (1937).

  • Deshoulières. (1938). Marcilhac. Dans Congrès archéologique de France. Société française d'archéologie. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5619772d

  • Durliat, M. (1976). Le chevet roman de l’église abbatiale de Marcilhac. Bulletin Monumental, 134(4), 277–287. https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1976_num_134_4_2582

  • Glare P.G.W. (1982), Oxford Latin Dictionary, Vols. 1-8, Oxford, Clarendon Press, 1982. OMNIKA Library. https://omnika.org/library/oxford-latin-dictionary-p-g-w-glare-1982#page/314.

  • Marboutin, J.-R. (1937). L’église abbatiale de Marcilhac (Lot). Bulletin de la Société des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot, LVIII, 132–155. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97702323

  • Morlet, Marie-Thérèse (1991), Dictionnaire étymologique des noms de famille : Patronyme Marcilhac, Librairie Académique Perrin, 1991, 1028 p. (ISBN 2-262-01350-0), p. 662 et 668.

  • Base Mérimée (s.d.). Abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé. Notice IA46101223. Ministère de la Culture. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA46101223

  • Base Mérimée (s.d.). Ancienne abbaye Saint-Pierre. Notice PA00095155. Ministère de la Culture. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00095155

  • Rey, R. (1936). La sculpture romane languedocienne. Éditions Privat. (Cité dans Marboutin, 1937, p. 145)

  • Wikipédia, s.v. « Marcilhac » et « Marcilhac-sur-Célé ». Lien : Article Marcilhac et Article Marcilhac-sur-Célé.


REMERCIEMENTS

Cette page sur l'Abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé s’appuie sur les travaux des archéologues, historiens et linguistes cités en référence dans les sources, ainsi que sur les archives départementales et nationales. Un grand merci à tous ces chercheurs pour leurs travaux approfondis.

Les informations présentées ici sont le fruit d’un travail de synthèse et de recherche, nourri par des échanges avec l'outil d’intelligence artificielle Le Chat, assistant conversationnel développé par Mistral AI. Son aide a été précieuse dans l’analyse des documents scientifiques, la structuration des données et la rédaction des paragraphes.


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