Courir, randonner, avec son chien

COURIR, RANDONNER, AVEC SON CHIEN
ENTRETIEN AVEC HÉLÈNE SCOUFLAIRE
V
ÉTÉRINAIRE ET ULTRA TRAILEUSE

Nok

Née à Soignies, en Belgique, Hélène Scouflaire a obtenu son diplôme de Docteur en Médecine Vétérinaire en 2012, à l'Université de Liège. Durant ses études, passionnée d'équitation, la course à pied n'occupait pas une grande place dans ses loisirs. Elle effectuait surtout des footings afin de s'aérer l'esprit et décompresser. Mais dès son entrée dans la vie active, elle s'est inscrite dans un club et, quelques mois plus tard, elle courait son premier marathon.

Ayant exercée à différents endroits (Belgique, Lorraine, Île de Ré, Martinique, Guadeloupe, Jura et Béarn), Hélène a eu la chance de découvrir des environnements variés et s'est dirigée vers le trail, adoptant très vite le côté nature de cette discipline. Ainsi, durant trois années, elle a arpenté la Guadeloupe et a participé à pratiquement toutes les petites courses organisées dans l'île. Les conditions particulières de la région que sont le climat tropical, les terrains boueux ou encore les racines, lui ont appris à donner le maximum pour se lancer des défis. En 2016, Hélène participe à son premier Ultra Trail. Un an plus tard, elle prenait le départ de la Diagonale des Fous.

Actuellement, elle passe beaucoup de temps avec son chien, Nok, entre sorties trail et randonnées. Mais, très investie sur le plan professionnel, ses objectifs sportifs ne sont pas vraiment posés. Elle souhaiterait retourner à la Réunion et, avant cela, participer à la Transkarukera, une course très exigeante en Guadeloupe qu'elle n'a pu effectuer quand elle vivait dans l'île. Son attrait pour le trail est également une motivation supplémentaire afin de parcourir le monde et visiter d'autres pays.

Pourriez-vous nous dire si tous les chiens sont fait pour courir ? Et est-ce qu’il y a des races plus adaptées pour tel ou tel type d'environnement comme la plaine ou la montagne ?

Hélène Scouflaire : Tous les chiens ont besoin de se promener, de sentir de nouvelles odeurs, d’interagir avec des congénères. Un grand jardin ne suffira jamais à combler les besoins physiologiques d’un chien, quelque soit sa taille ou sa race.

Il existe plus de 300 races reconnues officiellement sur le globe et parmi celles-ci certaines conformations ne permettront pas aux chiens d’avoir une activité physique intense. L’exemple des chiens brachycéphales (à face aplatie) comme le Bouledogue, très à la mode, montre bien les limites des capacités physiques. J’ai déjà vu des Chihuahua adeptes de sport et des Labradors fans du canapé.

Concernant la montagne, il conviendra d’avoir un chien agile avec une bonne proprioception (perception du corps dans l’espace, capacité à se tenir en équilibre), capable de faire face aux passages plus techniques. Chaque race a ses particularités mais tous les chiens en bonne santé peuvent pratiquer la randonnée. Après, il conviendra de choisir un modèle adapté en fonction de nos objectifs (ballade, sport amateur ou compétition). Il est important aussi de penser au gabarit du chien si on veut l’emmener partout, à son pelage (un poil long demandera plus d’entretien), au fait qu’il ne soit pas chasseur ou fugueur, et surtout au fait qu'il soit très sociable.

Je n’aime pas parler de race à proprement dite mais de caractéristiques correspondant à nos attentes. Sans oublier que beaucoup de chiens sans race et/ou abandonnés feront de supers partenaires sport/nature.

Le chien, après sa naissance, passe par une phase de croissance pendant laquelle ses os, ses muscles, ses tendons, se modifient et se développent. Comme un enfant ou un adolescent avec qui il faut adapter les activités sportives pour qu’elles ne soient pas délétères, il faut s’adapter à la croissance du chien. Par conséquent, à partir de quel âge est-ce que l’on peut envisager commencer à courir avec son chien, et de quelle manière ?

HS : Les chiens de petit gabarit atteignent leur taille adulte vers 6 mois (Jack Russel, Caniche, Bichon), les chiens de race moyenne vers 12 mois (Épagneul, Beagle), les chiens de grande race finissent leur croissance vers 15 mois (Golden, Labrador) et les chiens de race géante à 18 mois (Cane Corso, Dogue Allemand). Ce sont les chiens à croissance lente qui sont les plus fragiles car ils ont un pic rapide au début mais ensuite on a une phase de croissance très lente durant laquelle les os grandissent encore.

Il convient donc de s’adapter à chaque morphologie. On privilégiera des sorties courtes mais plusieurs fois par jour au début (environ 15-20 minutes pour les chiots) et on augmentera au fur et à mesure. Il faut penser que les sessions de jeux dans le jardin (avec un congénère ou avec le maître) comptent aussi pour une dépense physique.

Attention à ne pas se fier aux signes de fatigabilité montrés par le chien : votre chien ne vous montrera des signes de fatigue que s’il est vraiment « à bout ». Il est important de réguler l’exercice et d’apprendre aussi au chien à se reposer. J’ai déjà vu un chiot de 4 mois qui promenait 2 à 3 heures par jour... quel va être son besoin à l’âge d’un an ?

Je pense qu’il est important de commencer progressivement : d’abord sur le plat et en libre, on entamera le dénivelé (avec modération) quand le chien est sur la phase terminale de sa croissance, et on attachera le chien pour lui demander la traction dès que sa croissance est terminée. Attention à modérer les efforts pour ne pas le dégouter et lui laisser l’envie de se dépenser.

Chaque chien est différent et certains sembleront infatigables. Je pense notamment aux Borders qui ont besoin de se fatiguer « mentalement ».

Oréo

La vieillesse est aussi un moment délicat où le chien devient plus fragile. Jusqu’à quel âge peut-on alors courir avec lui ?

HS : Tout dépend de son état de santé, de son embonpoint et de sa motivation. Le principal problème du chien âgé est l’arthrose (une maladie des articulations semblable à l’homme) qui affecte sa mobilité. Si le chien est bien pris en charge, que la douleur est maîtrisée, il prendra plaisir à vous accompagner à son rythme bien entendu.

Une erreur qu’on a tendance à faire c’est de supposer que le chien est « vieux » et donc qu’il n’a plus besoin de se promener. Hors c’est tout l’inverse ! Lorsqu’il devient âgé, l’idéal est de privilégier les petites sorties plusieurs fois par jour.

Il est important d’adapter l’alimentation et l’hygiène de vie (coussin orthopédique, coupe des ongles qui s’usent moins, séance d’ostéopathie...) d’un chien sénior pour lui offrir un confort de vie idéal.

Combien de fois par semaine peut-on envisager courir avec son chien ?

HS : Il est difficile de répondre à cette question. Personnellement j’ai tendance à dire un jour sur deux en temps normal mais tout dépend des objectifs envisagés pour nous et notre compagnon ainsi que de l’intensité de chaque séance.

Dans le cadre d’une préparation de course sur plusieurs jours ou d’un trek en montagne il conviendra évidemment d’augmenter le nombre de sorties pour habituer le chien.

Peut-on évaluer si un chien a bien récupéré de sa dernière sortie et, si oui, de quelle manière ?

HS : L’état général du chien sera un bon signal : est-il courbaturé quand il se déplace ? A-t-il de l’appétit ? Est-ce qu’il semble vif, joyeux ou plutôt amorphe dans son panier ? La question que l’on pose généralement aux propriétaires est : « est-ce qu’il est comme d’habitude ? »

Aujourd’hui les chiens sont de plus en plus chouchoutés et pris en charge médicalement. Un chien de sport peut être régulièrement vu par un ostéopathe qui établira un bilan afin d’estimer si musculairement le chien supporte l’intensité d’exercices qu’il pratique.


Il est assez régulier de voir des personnes sortir avec leur chien et le laisser divaguer ensuite, sans laisse. En montagne, à certains endroits, c’est d’ailleurs rigoureusement interdit car l’un des risques du chien non tenu est qu’il aille déranger la faune sauvage et locale, ou les troupeaux en estive. Mais c’est également souvent un moment de liberté justement recherché par le maître ou la maîtresse et son chien. Est-ce qu’il existe une manière particulière d’éduquer un chien avec lequel on part courir ou randonner ?

HS : L’école des chiots est pour moi un passage clé lors de l’acquisition d’un chiot. C’est un lieu idéal pour sociabiliser le chien : il va rencontrer des congénères (des grands, des petits, des mâles, des femelles) mais aussi d’autres humains de tous âges et morphologies. Entouré de professionnels, on y est bien conseillé pour avoir les bonnes bases et avoir des chiens bien « codés », capables de communiquer avec les autres chiens.

Entre 9 et 12 semaines de vie, le chiot va intégrer toutes les espèces qu’il rencontre dans un panel d’espèces « amies ». Il est donc important de sortir un chiot (après un bon protocole vaccinal) pour qu’il rencontre rapidement des poules, des chevaux, des moutons, etc.

Le rappel (le chien revient quand on l’appelle) est important lorsqu’on s’aventure en pleine nature avec son compagnon, dans le cas contraire il conviendra de le maintenir attaché afin d’éviter les désagréments qu’il pourrait engendrer.

N’oublions pas que nos toutous ne sont pas des robots ! L’important, je pense, est d’avoir un chien bien dans sa tête et bien dans ses pattes. Qui pourra croiser du monde lors des sorties sans être agressif avec les humains ou ses congénères.

Nok

Pour l’homme, il est préconisé de boire toutes les 15/20mn et de manger toutes les heures en alternant le sucré et le salé. Comment alimenter et faire boire son chien pendant une sortie ?

HS : Avant de s’embarquer dans une sortie il convient d’étudier l’itinéraire et de regarder si l’on croisera des rivières pour que le chien puisse s’abreuver et se rafraîchir. Il faudra bien sûr tenir compte des conditions météorologiques car, en période très chaude, des rivières seront  peut-être asséchées.

Généralement je prévois une gourde pour mon chien avec une gamelle transportable mais il est aussi capable de boire à la pipette de mon camel pack ®  [Sourire]. Les chiens vont, en général, naturellement se rafraîchir et boire dans l’eau des ruisseaux lors des promenades.

Pour l’alimentation, lors des randonnées, j’emporte toujours une petite ration pour mon chien pour la pause pique nique.

Doit-on alimenter et faire boire son chien juste avant une sortie ? Et si oui, combien de temps avant ?

HS : Alors ici je vous réponds par expérience personnelle mais chacun s’adaptera à son chien et sa propre expérience. Pour une sortie randonnée, je donne une demi ration le matin, j’emporte une ration pour le pique nique et je redonne à manger au retour de la sortie (une fois rentrés à la maison).

Pour une sortie course et donc beaucoup plus intense, je donne à manger tard la veille au soir et le matin je lui donne une friandise hypercalorique, 1 heure avant la course. Ensuite, je lui donne à manger après la course (environ 2 heures après l’arrivée.).

Il existe des aliments de préparation et de récupération hypercalorique, ce qui permet de ne pas surcharger l’estomac.

Et que préconisez-vous après une sortie pour alimenter et faire boire son chien ? Et combien de temps après la sortie ?

HS : Pour ma part, il boit à la fin de la course et je lui donne à manger 2 heures après l’effort environ. Il existe des boissons de récupération spécialement élaborées pour les chiens de sport.

Les chiens oxydent beaucoup de lipides dès le début de l’effort et ils ont une toute petite réserve de glycogène : un régime riche en graisse facilite la consommation d’acide gras par les muscles et améliore la capacité de l’organisme à utiliser des graisses. Plus l’effort va être prolongé, plus l’apport en lipide doit être élevé (pour vous donner une idée, on conseille environ 10-15 % de la MS (matière sèche) pour un lévrier de course contre 30-50 % pour un chien de traineau).

Contrairement à nous, le chien perd très peu d’électrolytes (il ne transpire pas beaucoup) à l’effort mais doit être bien hydraté avant l’exercice.

La prévention nutritionnelle de la fatigue repose sur la complémentation en L-carnitine, en AGCM (acides gras à chaîne moyenne) et en Omega 3. Je vous invite à vous rapprocher de votre vétérinaire pour avoir des conseils adaptés aux besoins de votre chien.

Et, toujours sur l’alimentation, en dehors des sorties, préconisez-vous un régime particulier pour un chien avec qui l’on court régulièrement ?

HS : Une alimentation de bonne qualité ! Pour un chien de sport, il faut privilégier un régime adapté en lipides qui est la première source d’énergie. Idéalement il faut privilégier les lipides de bonne qualité avec des acides gras poly-insaturés et des acides gras essentiels et garder un rapport oméga 3/6 proche de 5 pour garder les effets anti-inflammatoires et antioxydants des oméga 3 (Attention aux huiles en bouteilles qui s’oxydent au contact de l’oxygène dès l’ouverture de la bouteille et peuvent devenir néfaste pour l’organisme... si vous complémentez en huile veillez à avoir des bouchons adaptés pour éviter le contact de l’air ambiant avec le contenu de la bouteille).

On choisira un aliment avec une origine protéique (environ 33% dans la MS sans dépasser les 40%) la plus noble possible avec plutôt des protéines animales que végétales qui ont une valeur biologique plus faible par rapport aux protéines d’origine animale.

Beaucoup de gammes de croquettes existent sur le marché et beaucoup de choix pour satisfaire la demande (sans céréales, sans gluten…). L’étiquetage des sacs de croquettes est parfois difficile à comprendre.

Concernant les compléments alimentaires il faut également faire attention à leur provenance et leur efficacité.

Dans tous les cas il faudra trouver un aliment qui est adapté au chien et que celui-ci supporte bien au niveau digestif. Parfois il faudra essayer plusieurs gammes de croquettes pour trouver l’aliment adapté.

Pour les chiens âgés ou sensibles au niveau articulaire il existe des aliments avec des ingrédients ajoutés pour soulager les douleurs sans donner de complément alimentaire.

Auriez-vous des conseils à donner pour aider son chien à réguler sa température et à supporter la chaleur durant une sortie ?

HS : Le chien évacue la chaleur pour maintenir son corps à la bonne température en transpirant par les pattes (les coussinets) et par la bouche (il halète). Prévoir des sorties matinales ou plutôt en début de soirée si les températures sont élevées. Trouver des coins ombragés pour les pauses. Lorsqu’il y a des points d’eau, l’idéal est de rafraîchir le chien sous le poitrail et au niveau des cuisses (l’artère fémorale passant à ce niveau).

La couleur du chien a son importance aussi. Un chien beige supportera mieux la chaleur qu’un chien noir.

Au ras du sol et dans les herbes hautes, le chien n’aura pas toujours la sensation de fraîcheur comme nous pouvons la ressentir s’il y a un peu de vent à la hauteur de notre visage. Pensez à observer votre chien et à lui consacrer une pause ombragée si nécessaire.

Oslo

L’être humain est un animal endurant, potentiellement bien plus endurant que le chien. Quelle distance/dénivelé est capable de faire un chien sur une sortie ?

HS : En 1979, Jimpa, un Labrador croisé avec un Boxer, a parcouru 3 218 km au travers de l’Australie alors qu’il était perdu. Beaucoup de course de traîneaux nous prouvent que les chiens sont capables de grands exploits. La Grande Odyssée en Savoie en est un bel exemple. Et, en canicross ou canitrail, les chiens montrent aussi de belles prouesses.

Le tout est de préparer son chien et de s’adapter aussi à ses capacités car tous les chiens ne sont pas égaux sur le plan sportif. Il faut réussir à observer son chien pour que les sorties restent un plaisir pour lui !

Est-ce qu’un chien est capable de sentir qu’il en fait trop, qu’il va trop loin en terme d’endurance ? Quels sont les signes qui peuvent alerter le maître que le chien va trop loin ?

HS : Je pense principalement au coup de chaleur qui peut se produire lorsque le chien n’arrive pas à réguler la température de son organisme : il va haleter, saliver, il pourra montrer une baisse de l’état de vigilance, des difficultés locomotrices, une agitation jusqu’à présenter des convulsions et des troubles digestifs... et ceci pourra avoir de graves conséquences si l’animal n’est pas rapidement pris en charge.

L’envie d’y retourner est aussi un signe qui peut alerter le maitre. J’ai connu un chien qui se planquait sous la table quand il voyait son maitre habillé en tenue de sport.

Faut-il des équipements particuliers pour courir avec son chien ? Et du matériel indispensable à avoir sur soi pour prévenir le moindre soucis ?

HS : Oui !

Trop de gens se lancent avec des colliers ou des harnais inadaptés. Aujourd’hui un grand choix de harnais est disponible sur le marché afin de ne pas comprimer la cage thoracique ni la trachée et ne pas entraver le mouvement des épaules.

Je vous conseille de bien vous renseigner pour trouver l’équipement adapté à la morphologie de votre chien en vous rendant sur le site de la Fédération des Sports et Loisirs Canins (Fédération des Sports et Loisirs Canins (FSLC), fichiers pdf "Règlement Course" et "Annexe - Règlement Canitrail" dans la page Status et règlements FSLC), par exemple (pour savoir ce qui est autorisé), et auprès de professionnels pour trouver ce qui est adapté à votre chien.

Nok

Quelles peuvent être les blessures courantes d’un chien qui court et quelles sont les manières de s’en prévenir ?

HS : Les troubles digestifs sont souvent observés chez le chien de sport ou lors d’un exercice particulièrement intense. Les principales blessures rencontrées en plus des atteintes articulaires sont les atteintes du coussinet : abrasions, plaies, brûlures.

Les chiens qui sont souvent promenés dans la nature devront être bien vaccinés notamment contre la leptospirose (maladie transmise par l’urine des rats), contre la toux du chenil si on se lance dans la compétition et contre la rage si on envisage de partir au delà de nos frontières.

On peut aussi rencontrer des parasites (tiques, puces, vers) contre lesquels différents produits existent pour protéger le chien. Sur certains sentiers on peut retrouver des épillets, petites graminées qui peuvent pénétrer la peau et les orifices (narines, vulve, fourreau).

Enfin, une vraie saloperie qu’il ne vaut mieux pas rencontrer, ce sont les chenilles processionnaires, elles sont urticantes et peuvent engendrer des nécroses importantes. 

Comment entretenir les pattes d’un chien pour qu’il puisse courir sans se blesser, que ce soit durant une sortie ou entre les sorties ?

HS : Sur chaque patte, le chien a 1 gros coussinet (le coussinet principal) et 4 coussinets secondaires (plus un coussinet accessoire mais il n’est jamais en contact avec le sol). Les griffes ne sont pas rétractables (contrairement au chat qui peut les sortir volontairement) et s’usent avec le contact sur le sol (attention aux ergots qui ne s’usent jamais seuls et qu’il conviendra de couper régulièrement afin d’éviter qu’ils ne s’accrochent). Cependant, il arrive fréquemment que le chien s’arrache une griffe.

Le mieux est d’habituer son chien dès le plus jeune âge pour inspecter régulièrement les pattes afin de vérifier que les coussinets soient sains, que les griffes ne soient pas trop longues et qu’il n’y ait pas d’épillet (petite graminée), de tique ou autre entre les doigts.On peut préparer les coussinets (environ 3 semaines avant une grosse sortie) avec des lotions tannantes spécialement conçues (à base d’acide citrique, le Solipat ® par exemple) qui vont renforcer le coussinet. Après une sortie longue sur un sol particulièrement sec ou après une sortie dans la neige on pourra appliquer une crème hydratante et bien masser pour bien la faire pénétrer (type Bio-balm®). Avant les sorties dans la neige on peut appliquer une grosse couche de vaseline sur les coussinets et entre les doigts pour éviter les gerçures (mais c’est surtout la crème hydratante qui aura son importance en fin de sortie).

Idéalement on peut emporter quelques compresses et un bandage type « Tensoplast® » pour faire un pansement d’appoint en cas de blessure.

Pour couper les griffes, équipez vous d’une pince à guillotine (coupe arrondie) pour éviter d’écraser l’ongle. Et demandez à un professionnel de vous expliquer comment faire car un petit vaisseau et un petit nerf passe dans la griffe.

Il existe des courses de trail en hiver, notamment des canitrail. Par conséquent, quels sont les risques pour un chien de courir dans la neige ? Et comment prévenir ces risques ?

HS : Je n’ai pas encore réussi à mettre des raquettes  à mon chien !

Chaque chien va plus ou moins bien supporter la neige et le froid. Souvent, les chiens à poils long forment des boules de neige qui s’accrochent aux poils entre les doigts. Il existe des chaussons adaptés pour éviter ce genre de désagrément. Parfois on observe des gerçures à cause du froid. Pour éviter le risque de blessure, il faudra tanner et hydrater comme expliqué à la question précédente. Et puis, surtout, contrôler l’état des pattes en fin de sortie.

Vous avez vous-même un chien. Pouvez-vous nous en parler ? Quelles sorties vous effectuez avec lui, vos projets ?

HS : Nok est un Labrador mâle âgé de 2 ans. Je suis consciente que ce n’est pas un gabarit adapté pour tous les types de sports canins. Cependant, il déborde d’énergie et a l’air d’avoir bien pris goût au cani cross. Il aime autant que moi le dénivelé et les jolis points de vue.

Je privilégie surtout les randonnées en montagne à la journée et j’ai fait des circuits de 3 à 4 jours pour l’instant mais j’envisage de partir sur des séjours d’une à deux semaines. J’aimerais découvrir un maximum de paysages avec lui. Nous avons déjà fait la Corse et prochainement je vais faire le tour de Belle-Île sur 4 jours. A moyen terme j’aimerais parcourir un petit bout de la Norvège.

Très bientôt, je vais me lancer sur le Trail d’Artouste, début juin.

Un grand merci, Hélène Scouflaire, pour tout ce temps consacré à répondre à ces nombreuses questions. Et de gros câlins à Nok ! Bonne continuation et je vous souhaite le meilleur pour vos différents projets et le Trail d'Artouste.

Commentaires