Tichodrome échelette

Tichodrome échelette

Tichodroma muraria

Photo Nathalie Forgues ©

- Les infos pas très vraies (mais pas trop fausses)
- Les infos pas fausses (et plutôt vraies)
- Sources

LES INFOS PAS TRÈS VRAIES (MAIS PAS TROP FAUSSES)

Selon l'ornithologue Gérard Menvré, qui était un peu mytho sur les bords et encore plus au milieu, le Tichodrome avait autrefois un humour décapant. Mais il poussait souvent le bouchon un peu trop loin. Les convives, vexés, le passaient à la casserole. Sauce échalote. Ainsi était né le fameux P'tit trop drôle échalote. C'était délicieux et la recette fit un tabac. Par la magie de la linguistique, et des malentendants, le nom se déforma et devint le Tichodrome échelette.
 
Avec son bec aussi long, ses 20cm les bras levés et ses 20g tout mouillé, l'oiseau subit les quolibets des autres animaux. Il n'y a bien que les colibris pour avoir pitié. La nature est cruelle. Pour vivre heureux, vivons cachés. Quand le Tichodrome sort, il enfile son pull tout gris pour passer inaperçu. Et il se réfugie dans sa passion. Car le Tichodrome est un grimpeur né. Ce qui, au fond, est assez ridicule pour un oiseau. On peut ainsi le voir régulièrement entre 400 et 2.500m d'altitude en montagne, équipé de cordes, pitons, piolets et autres mousquetons. Il escalade les parois les plus difficiles et même les murs escarpés des barrages de haute montagne. Rien ne l'arrête. Rien ne lui fait peur. C'est un fou.

Puis, vient le jour où le Tichodrome veut fonder une famille. Grimper les falaises, c'est bien. Grimper madame, c'est pas mal non plus. Le mâle Tichodrome cherche alors le lieu où faire le nid. Puis, une fois qu'il l'a trouvé, tout excité, il saute dans tous les coins. La femelle débarque. Avec ses petits bras musclés, elle monte les murs, fait la grosse maçonnerie, installe le chauffage et l'eau courante. Selon l'ornithologue Gérard Préjugé, madame Tichodrome serait originaire du Portugal. Mais aucune preuve, à ce jour, ne vient étayer cette thèse. Bref, la maison bâtie, le mâle revient. Tranquille. L'air de rien. Peu après, madame pond 3 à 4 œufs. Les Tichodromes étant plus friands des ragoûts d'insectes que de l'omelette, madame décide de les couver. Au bout de 20 jours, des petits p'tits trop drôles, c'est dire s'ils sont minuscules, déboulent dans la baraque. Au début, c'est rigolo. A la fin, c'est énervant. Après 4 semaines d'un dur labeur pour nourrir la marmaille, la famille explose. Les enfants se cassent et les parents divorcent. Chacun part de son côté pour aller escalader les falaises. Le bonheur, c'est simple. La grimpette, c'est chouette.

Pour l'anecdote, l'alpiniste Gérard Gamelle, qui n'avait pas inventé l'eau chaude, s'était emporté tout une poignée de Tichodromes dans sa poche pour escalader les Aiguilles d'Ansabère par le Spigolo. Ayant vu le long bec effilé, il eu l'idée, un peu conne, de s'en faire des pitons à petit prix. Ce fut sa dernière grimpette.

Extrait du manuel du Bouquetin Bucolique

LES INFOS PAS FAUSSES (ET PLUTÔT VRAIES)

- Habitat
Seul représentant de la famille des Tichodromidés, le Tichodrome échelette se divise en deux sous-espèces, le Tichodroma muraria muraria, présent dans le sud et l'est de l'Europe, jusqu'au Caucase et l'ouest de l'Iran, et le Tichodroma muraria nepalensis, présent au Kazakhstan, au Turkménistan, et de l'est de l'Iran à l'est de la Chine.

En Europe, le Tichodrome échelette occupe la plupart des grands massifs montagneux, des Pyrénées jusqu'aux Carpathes et aux Balkans. En France, les massifs alpins et pyrénéens abritent les populations les plus importantes, même s'il demeure rare dans les Pyrénées. Et le Jura et le Massif Central n'en abritent qu'un petit nombre. Ainsi, en 2008, le massif du Jura hébergeait quelques dizaines de couples, et il n'était observé que quelques cas de reproduction dans le Massif Central. A cette même année, l'espèce était absente des Vosges.

Le Tichodrome ne se pose jamais au sol ou sur un arbre. C'est un habitant des gorges, des falaises et des parois escarpées en montagne, entre 400 et 2.500m d'altitude. Et les grands murs des barrages de montagne sont souvent son terrain de jeu privilégié. L'hiver, les conditions d'enneigement et de froid le contraignent à une migration d'altitude, vers des sites rupestres de moyenne montagne, souvent inférieurs à 1.000 mètres. Il peut alors même être observé sur de vieux édifices ou des rochers dans les plaines.

- Morphologie
Le Tichodrome échelette à un corps fin au plumage gris-cendré tandis que ses longues ailes arrondies sont gris-noirs avec une large zone rouge carmin et de petites tâches blanches à leurs extrémités. Sa queue est également gris-noir et tachetée de blanc. Enfin, son menton, sa gorge et sa poitrine sont noirs en été, blanchâtres en hiver.

Son bec est long, fin et très arqué, et ses ongles acérés lui valent d'être un excellent grimpeur. Il ne pèse qu'entre 16 et 22g, et possède une envergure de 17 à 26cm. Arpentant les falaises, déployant sans cesse ses ailes par saccades, son vol onduleux est assez capricieux et son plumage coloré lui vaut le surnom d'oiseau-papillon.

Photo Katy Moulineau © - Page Facebook Kat'images

- Régime alimentaire
Le Tichodrome échelette est insectivore. Grâce à son bec, long, fin et très arqué, il exploite les failles des parois rocheuses et des rochers à la recherche d'araignées, larves de mouches ou petits coléoptères. Il n'est quasiment jamais observé se nourrissant au sol.

- Cycle de vie
Le Tichodrome échelette vit en couple. En mai, les adultes construisent le nid dans une anfractuosité de paroi. Dans un premier temps, le mâle se charge de trouver l'emplacement. Il l'indique ensuite à la femelle en se livrant à des acrobaties à l'entrée. Puis, cette dernière se charge seule, en 5 jours, de la construction du nid à l'aide d'herbes sèches, radicelles, mousses et lichens. Le fond du nid sera garnie de laine, poils, crins et plumes.

En mai ou juin, la femelle pond de 3 à 4 œufs blancs parfois à points brun-rouge, qu'elle couve seule pendant 20 jours. Les jeunes sont nourris au nid pendant 3 à 4 semaines par les deux parents puis s'envolent. Les familles se dispersent en août et, dès octobre, les oiseaux descendent plus bas en altitude pour passer l'hiver.

Photo L. Nédélec © - Site internet Parc national des Pyrénées

- Où voir le Tichodrome échelette ?
Le Tichodrome échelette, oiseau peu farouche qui supporte bien la présence de l'homme, a une large distribution dans les Alpes et est présent dans les Pyrénées, notamment dans toutes les vallées du Parc national, avec, pour ces dernières, davantage de présence sur les parois des hautes vallées glaciaires de Gavarnie. Pourtant, il reste un oiseau difficilement observable. En premier lieu parce qu'il est peu abondant et discret, mais également car, posé, il devient quasi invisible. En effet, son plumage à dominance grise lui permet de se confondre avec son environnement de prédilection, les pierres, les barrages et les falaises.

C'est d'ailleurs à proximité des barrages de haute montagne qu'il sera probablement plus aisé de le voir. La fulgurance de ses ailes rouges permettra de le déceler par un observateur attentif.

En hiver, le Tichodrome redescend à des altitudes plus modestes et même en plaine, où il peut s'installer sur de vieux édifices. Par exemple, il a ainsi pu être observé, en 2011, sur la cathédrale de Bourges.

Photo Nathalie Forgues ©

- Histoire, effectifs et protection
Le Tichodrome échelette étant difficile à observer, il est donc difficile d'évaluer précisément ses effectifs. Des estimations pour la région Rhône-Alpes et pour la période de 1993 à 1997 suggéraient 10 à 14 couples dans la partie jurassienne de la région Rhône-Alpes, 100 couples en Haute-Savoie, 100 couples en Drôme, 250 couples en Isère et 500 couples en Savoie.

Le Tichodrome échelette est une espèce protégée mais pas menacée. Au niveau du Parc national des Pyrénées, aucune menace ne pèse sur son habitat.

SOURCES

Tichodrome échelette (site du Parc National des Pyrénées)
Tichodrome échelette (site de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes)
Tichodrome échelette (site oiseaux.net)

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