Isard

Isard

Rupicapra pyrenaica

Photo Frédéric Revel © - Blog internet Frédéric Revel

LES INFOS PAS TRÈS VRAIES (MAIS PAS TROP FAUSSES)

Il y a bien longtemps, lors d'un habituel repas de famille d'après messe, qui a été, comme toujours, mal officié par la Primevère, mais on s'égare, le Chamois lança à son cousin l'Isard, alors qu'on tentait d'ouvrir la porte : "Hé ! Passe-Partout ! Où t'as mis les clés !". Vexé, l'Isard quitta la fête et, depuis, les deux cousins se font la gueule. L'Isard est susceptible.

Quand vient l'hiver, l'Isard se les gèle. Il troque son t-shirt orange contre un joli pull noir et blanc du plus bel effet, et il n'oublie jamais de mettre son écharpe noire que sa maman lui a gentiment tricoté tout l'automne. Fier comme pas deux, encore moins trois, de toutes façons, il ne sait pas compter, il se balade alors la tête haute, arborant ses petits cornes crochues. Les Bouquetins et les Mouflons sont morts de rire.

L'Isard est sportif. Toute l'année, seul dans son coin, le mâle se rend à la salle de muscu et part courir en montagne jusqu'à 2500m d'altitude afin d'être au top, mi-novembre, début décembre, pour impressionner la midinette. Ébahie par les muscles et les prouesses du bellâtre, celle-ci finit les quatre fers en l'air. 23 semaines plus tard, le bambin débarque tandis que le mâle s'est fait la malle. L'Isard n'a pas trop la fibre paternelle.

Il y a quelques années, l'Isard vit débarquer des hommes qui couraient dans la montagne. Comme ça, pour rien, sans raisons. Il n'en crut pas ses yeux. Et en attrapa de la conjonctivite. Ce qui est assez embêtant près des falaises. Depuis, l'Isard s'est rendu compte des prouesses des traileurs. L'Isard en est hilare.

Extrait du manuel du Bouquetin Bucolique

LES INFOS PAS FAUSSES (ET PLUTÔT VRAIES)

- Présentation
En été, l'Isard, excellent grimpeur et sauteur, vit au-dessus de la limite des arbres, dans les zones d'éboulis et de pelouses jusqu'à 2500m. En hiver, il descend en forêt sur les pentes où il y a moins de neige. A l'occasion, il peut vivre toute l'année dans les forêts. L'Isard vit en petites hardes dont la cellule sociale de base est formée de la mère et son cabri. Au contraire, les mâles adultes sont solitaires.

L'Isard, plus petit que le Chamois, a une hauteur de 70 à 85cm pour un poids de 20 à 35kg. Ses cornes sont crochues au bout. En été, son pelage est roux, virant au noir et blanc avec un large collier noir (nommé écharpe) en hiver. Le mâle se reconnaît à des couleurs plus contrastée et à une apparence plus hirsute.

Herbivore, l'Isard mange des végétaux herbacés et de jeunes pousses. En hiver, il se nourrit des bourgeons, des aiguilles de conifères, des feuilles sèches et des lichens.

La reproduction est possible à partir de l'âge de 3 ou 4 ans et les accouplements se font de mi-novembre à début décembre. Durant ce rut automnal, les mâles défendent leur territoire contre des rivaux voisins et tentent de maintenir chez eux les femelles en les rabattant. Pour intimider l'adversaire, les mâles adoptent des postures ritualisées qui peuvent dégénérer en poursuites folles. La gestation dure ensuite 23 semaines et 1 jeune, exceptionnellement 2, naît en avril ou mai,. Il est alors allaité pendant 6 mois. Avalanches, froid et absence de nourriture, sont des facteurs importants de mortalité chez les Isards. L'Aigle royal est également un prédateur et il s'attaque surtout aux jeunes qui sont plus vulnérables. Certaines années, tous les jeunes peuvent ainsi disparaître. Ces années noires sont compensées par les bons résultats des années peu enneigées.

L’espérance de vie des Isards est de 20 ans, et une longévité record de 24 ans a été observé sur un individu en liberté.

Photo J. Démoulin © - Site internet Parc National des Pyrénées

- Où voir l'Isard ?
Facile à observer dans les Pyrénées, l'Isard reste un animal sauvage. Une observation à distance est possible au moment du rut quand les mâles se coursent afin d'établir la hiérarchie sociale. En hiver, il est nécessaire d'éviter de le déranger car l'animal vit sur ses réserves. Enfin, l'été, les femelles et leurs jeunes partent dès les premières chaleurs afin de se mettre à l'ombre vers les hauteurs. Il faut donc partir tôt pour les observer.

- Histoire
Espèces cousines, l'Isard et le Chamois se sont séparés lors du dernier réchauffement climatique (entre -20.000 et -10.000 ans), en suivant la limite des glaciers, soit vers les Alpes, soit vers les Pyrénées. Définitivement isolés, les deux groupes ont évolué parallèlement, sans croisement possible.

A la fin des années 1940, les hardes d'Isards étaient décimées par les chasseurs et furent menacées d'extinction dans les années 1950. La protection de l'Isard fut l'un des objectifs de la création du Parc national des Pyrénées. Afin d'éviter son extinction définitive par les prédateurs naturels, et en particulier l'Aigle royal, la réintroduction de la Marmotte fut décidée. Ce fut un succès et les Isards ont été sauvés.

Sa population n'étant plus menacée, l'Isard est une espèce chassable. Chaque année, le comptage permet de définir le nombre d'Isards qui peuvent être chassés sans mettre en danger cette population.

Ces dernières années, des épidémies (kératoconjonctivite en 2009, pestivirose en 2013) ont tué 20 à 30% des individus dans certaines populations (jusqu'à 50% dans certaines vallées des Hautes Pyrénées).

SOURCES

Pyrénées-Atlantiques (Yves Herouët, Dominique Decobecq / Brgm éditions)
Guide de la faune et de la flore (Wilhelm Eisenreich, Alfred Handel, Ute E. Zimmer / Flammarion)
Isard (site du Parc National des Pyrénées)

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